[fanfiction Harry Potter] Antje #17

Bonne lecture à vous tous et bon week-end prolongé du premier mai !

Chapitre 17

Solitude

Sunshine is far away, clouds linger on

Everything I possessed, now they are gone

(Black Sabbath)

Je me doutais que la punition de Dumbledore serait atroce mais il me fallut y être confronté pour comprendre à quel point. Dans un premier temps, je fus soulagé que James ne me fasse plus la tête mais qu’en serait-il de Remus une fois qu’il quitterait l’infirmerie ? Quant à Antje, mes amis l’avaient mise au courant de ce qui s’était passé la nuit précédente pendant que le directeur me passait un savon. Elle me regarda d’un air désolé et me dit :

« On discutera de tout ça ce soir.

— Ma punition commence aujourd’hui, objectai-je. On risque de ne plus se voir du tout en dehors des repas. »

Elle me regarda d’un drôle d’air comme si elle avait une idée derrière la tête. J’étais surpris et presque inquiet : si elle aussi se mettait à bafouer le règlement, ça risquait de me retomber dessus. Certes, je n’étais plus à ça près mais je n’avais pas envie qu’elle prenne des risques inconsidérés pour mes beaux yeux.

Les événements de la veille devant rester secrets, l’attitude des profs à mon égard ne changea guère a priori pendant les cours. J’étais toutefois assez observateur pour apercevoir un mélange de froideur et de déception dans leur regard. Je m’efforçai donc d’adopter un profil bas, ce qui ne fut pas difficile vu le mélange de honte et de malaise que je ressentais. Heureusement, ce jour-là, nous n’avions aucun cours en commun avec les Serpentard. Je n’aurais pas supporté d’avoir la sale tronche de Rogue dans mon champ de vision. Malgré tout, j’étais persuadé que ce qui s’était passé était sa faute. S’il avait eu l’intelligence de ne pas me croire, de me rire au nez ou de se mettre en boule en me disant que je le prenais pour un con, nous n’en serions pas arrivés là. Hors de question d’admettre que j’aurais mieux fait de me taire ou de lui raconter un authentique bobard.

L’enfer commença après le dernier cours de l’après-midi.

Je retournai dans la salle commune avec James et Peter (Remus se trouvant encore à l’infirmerie), faute de savoir quoi faire d’autre puisque Binns, le fantôme qui officiait comme prof d’histoire de la magie, me snobait tout autant que les autres élèves. Ce type était dans son monde, celui des morts. McGonagall, cependant, m’attendait de nouveau. Elle m’envoya dans le dortoir chercher les livres dont j’avais besoin pour mes devoirs et m’emmena dans son bureau. Elle y avait fait placer un pupitre et une chaise capitonnée de tissu écossais assorti à la décoration de la pièce. Je m’installai donc là avec mes affaires et travaillai dans un silence de mort jusqu’à l’heure du dîner. L’enseignante en métamorphose, en face de moi, corrigeait des copies en levant de temps en temps un œil féroce sur ma personne. Je croisai son regard deux ou trois fois avant de ne plus du tout lever la tête de mes rouleaux de parchemin. Cette femme me glaçait les entrailles.

J’eus l’impression que ces prunelles polaires et néanmoins masquées par des lunettes carrées me poursuivaient pendant tout le dîner. Je répondis par monosyllabes aux questions que me posaient mes amis et, alors que je quittais la table pour rejoindre le bureau de McGonagall, Antje m’attrapa la main et serra mes doigts entre les siens. Ça me mit un peu de baume au cœur. De toute évidence, elle n’était pas trop fâchée contre moi à cause de ce qui s’était passé.

oOØOo

Ayant terminé mes devoirs, je me demandais en quoi consisterait ma première retenue du soir. Le pupitre et sa chaise écossaise étaient toujours là. De toute évidence, ma directrice de maison ne me condamnerait pas aux tâches ménagères auxquelles je m’étais mine de rien habitué depuis cinq ans. Allais-je devoir copier des lignes comme un gamin ?

« Asseyez-vous », dit McGonagall d’un ton aussi froid que son regard.

J’obéis en silence. Elle me tourna le dos et sortit un épais volume de l’étagère qui se dressait derrière sa table de travail.

« Vous allez lire cinq chapitres de cet ouvrage, reprit l’enseignante, et m’en faire un résumé complet de deux cent cinquante mots. Cela devrait vous occuper et vous faire le plus grand bien. Vous avez jusqu’à vingt-deux heures. »

Je jetai un coup d’œil à ma montre. Deux heures pour faire ça. J’allais bien m’amuser. Je me saisis du gros bouquin que McGonagall avait posé sur mon pupitre et constatai qu’il s’agissait d’un Usage des bonnes manières à destination des jeunes sorciers. Si j’avais été en meilleure posture, j’aurais félicité ma directrice de maison pour son sens de l’à-propos. J’ouvris le livre et constatai deux choses. L’édition datait de 1927, autant dire de Mathusalem, et au vu du cachet encore visible sur la page de garde, il s’agissait d’un ouvrage retiré des rayonnages de la bibliothèque. Je jetai donc un coup d’œil à la fin du livre pour voir si la petite fiche où figurait la liste des élèves qui l’avaient emprunté s’y trouvait encore et c’était le cas. Mon cœur fit un bond à la vue d’un nom et d’une date : Walburga Black – 13 octobre – 3 novembre (1939). Ma mégère de génitrice avait emprunté ce pavé alors qu’elle avait quatorze ans. Je repoussai tant bien que mal la foultitude de souvenirs qui me venaient à l’esprit et sursautai au son de la voix de McGonagall :

« Eh bien, Black ? Pensez-vous que ce livre va se lire tout seul ? »

Je ne répondis pas mais lui lançai un regard furieux. L’avait-elle fait exprès ? Etait-elle sadique à ce point ? J’étais mal placé pour dire quoi que ce soit, alors je m’efforçai d’inspirer profondément pour me calmer, puis je feuilletai le livre pour revenir au premier chapitre.

J’allais vraiment cracher mes tripes.

oOØOo

Deux heures plus tard, j’avais des courbatures dans les doigts, la bouche sèche et l’esprit en vrac. Je venais de me farcir et de résumer un nombre incalculable de pages sur la bonne éducation des jeunes sorciers au début de notre siècle et le respect qu’ils devaient aux adultes. Si tout le monde s’était comporté de cette façon à l’époque, Merlin que la vie devait être triste. McGonagall récupéra le livre et le rouleau de parchemin que je venais de remplir.

« Je vais vous raccompagner à la salle commune, dit-elle, et vous monterez immédiatement vous coucher. »

Je jetai un dernier regard au bouquin que l’enseignante était sur le point de remettre à sa place et ne pus m’empêcher d’ouvrir la bouche.

« Professeur, saviez-vous que ma mère avait emprunté ce livre quand elle était élève ?

— Vraiment ? »

Elle semblait légèrement surprise, ce qui me fit douter de sa cruauté. Elle ouvrit le livre à la dernière page pour s’assurer de mes propos avant de relever la tête vers moi :

« J’ai connu Walburga Black à l’époque de mes études, fit-elle. Elle ne m’a pour ainsi dire jamais adressé la parole et sa fierté de Sang-pur rivalisait avec son respect strict des règlements. Qu’elle ait eu un enfant comme vous est surprenant. Vous êtes son exact opposé. »

Son regard se fit un peu rêveur, puis elle reprit :

« J’imagine que vous avez vos raisons pour évoquer ce sujet et si avoir entre les mains un ouvrage qu’a lu votre mère vous a perturbé, ce n’est pas de mon fait. Le plus important, c’est que vous appreniez à ne plus dépasser les bornes. »

Elle ouvrit la porte de son bureau pour me signifier de prendre mes affaires et de sortir. Je la suivis dans les couloirs sans dire un mot. Dans la salle commune, en partie vide à cette heure-ci, se trouvaient James, Peter et Remus qui était revenu. Mon ami lycanthrope me lança un regard inexpressif et James me fit signe qu’ils monteraient sans tarder dans le dortoir. McGonagall m’abandonna au pied de l’escalier.

Je ne souhaitais qu’une chose : dormir. Le lendemain arriverait toujours trop vite et serait tout aussi éprouvant que la journée qui venait de s’écouler.

Seulement, une petite surprise m’attendait. Les rideaux qui entouraient mon lit étaient fermés et quand je les tirais, je découvris Antje, assise sur les couvertures. Elle lisait un bouquin quelconque à la lumière de sa baguette magique. Elle leva un œil en me voyant arriver et je ne pus que la fixer, médusé :

« Tu es folle, dis-je à voix basse. Tu te rends compte de ce que tu risques si on te découvrait ?

— Venant de toi, répondit-elle, ce genre de commentaire est presque drôle. Le règlement dit que les garçons n’ont pas le droit d’aller dans les dortoirs des filles mais l’inverse n’est pas spécifié.

— C’est sexiste », fis-je remarquer.

Elle posa son livre.

« Assieds-toi », m’invita-t-elle.

Je m’installai en face d’elle et refermai les rideaux. On n’était jamais trop prévoyant. Antje me regarda avec sérieux :

« Je ne te ferai pas la morale sur ce qui s’est passé, dit-elle. D’abord, ça ne sert à rien, et puis les profs sont beaucoup plus légitimes que moi pour le faire. Je voudrais juste savoir si tu comptais vraiment faire du mal à Rogue.

— Bien sûr que non, m’offusquai-je. Enfin pas trop. Je pensais juste qu’il ne me croierait pas. Il a pris ce que je lui disais pour argent comptant et il a fallu qu’il aille vérifier. Cet abruti. Tout est sa faute. »

Je baissai la tête. Antje me prit la main :

« Je ne suis pas d’accord. C’est vrai, il aurait pu penser que tu te moquais de lui, mais tu as pris un risque. Tu lui as en partie révélé la vérité à propos de Remus sans réfléchir aux conséquences et en pensant que c’était juste une blague de plus. Tu en es conscient ?

— Oui, répondis-je à contrecœur. Je croyais que tu ne me ferais pas la morale.

— Ce n’est pas le cas. J’essaie juste de te faire comprendre les choses.

— Si j’avais su que je serais puni de cette façon, je me serais abstenu, crois-moi. James m’a fait la gueule toute la nuit. Je ne sais pas si Remus acceptera de me parler. Et puis je suis tout seul, j’ai passé ma fin de journée à potasser sous le nez de McGonagall, on ne peut pas rêver mieux comme truc pourri.

— Sirius… »

Elle se redressa sur les genoux et noua ses bras autour de mes épaules. J’enfouis mon visage dans son cou.

« En plus de tout ça, murmurai-je, on ne pourra presque plus se voir. Je t’avais promis d’être présent à cause de ce qui se passe chez toi. Je suis désolé. »

Elle me serra contre elle sans répondre mais je crus bon de la repousser :

« Les autres ne vont pas tarder à débarquer. Tu ferais bien de retourner dans le dortoir des filles. »

Lui demander de s’en aller était un crève-cœur de plus mais je n’estimais pas nécessaire que James, Remus et Peter lui tombent dessus. Avant de la laisser partir, je l’embrassai, histoire d’avoir quelque chose d’agréable à retenir de cette atroce journée.

L’instant d’après, ses pas s’éloignaient dans l’escalier.

oOØOo

Trois semaines passèrent ainsi. Mon emploi du temps fut immuable, articulé autour de ma punition. Petit-déjeuner, cours, repas de midi, cours, retenue, repas du soir, retenue, dodo. Le week-end, c’était repas et retenue. Je n’avais plus de temps libre. Si je n’avais pas les meilleurs résultats de la promotion à mes BUSE vu le temps passé à faire mes devoirs sans les copains pour me faire rire, il pleuvrait des Botrucs. Je passais toujours mes soirées à étudier l’effroyable Usage des bonnes manières à destination des jeunes sorciers sous la surveillance de McGonagall. Ce bouquin semblait ne pas avoir de fin et son contenu était rétrograde à souhait. Régulièrement, en essayant d’en tirer l’essentiel pour les résumés que ma directrice de maison exigeait quotidiennement, je pensais à ma mère. Ce n’était pas très drôle mais en même temps, j’avais un éclairage inédit sur mon éducation. Les interminables leçons de morale de ma génitrice sur le respect, la politesse et le comportement vis-à-vis d’autrui semblaient tirés mot pour mot de ce foutu livre. Pour ce que ça m’avait apporté, franchement…

Le mois d’avril prit fin alors que je le pensais interminable, et mai sembla parti pour y ressembler au détail près. Je m’étais progressivement fait à l’idée que je finirais l’année comme ça, isolé, à m’abîmer les yeux sur mes devoirs et sur un bouquin maudit, et que l’été arrivé, mes parents allaient me tuer. Quelques jours après l’incident de la Cabane Hurlante, mon père m’avait écrit une courte lettre affirmant qu’il « reprenait les choses en main et que mon attitude inacceptable allait rapidement prendre fin ». Joie et délectation, au feu la petite lettre.

Et puis arriva le deuxième samedi de mai.

La matinée fut on ne peut plus ordinaire. Après le petit-déjeuner, je me rendis dans une classe vide où, sous la surveillance du professeur Flitwick, je bouclai une dissertation sur les ingrédients de la potion de Sommeil et les ingrédients commus à cette dernière et au philtre de Paix. Le repas de midi se passa sans incidents. Remus, après m’avoir fait la tête un moment, s’était remis à me parler et, entre mes copains et moi, c’était presque comme si rien ne s’était passé. J’avais juste écopé d’une sanction incroyablement longue.

Sur le coup, je ne me rendis pas compte qu’Antje n’était pas là.

L’après-midi, je fus à nouveau confié aux « bons soins » de McGonagall. Elle semblait en avoir aussi marre que moi de cette punition qui n’en finissait pas. Depuis la mi-avril, elle avait passé tellement de temps à me surveiller — tous les soirs sans exception et plusieurs fois dans la semaine — qu’elle était sans doute capable à présent de dessiner mon portrait les yeux fermés. Cependant, rien ne se passa comme prévu. Le pupitre devant lequel j’avais dû prendre l’habitude de m’asseoir pour travailler n’était pas dans la pièce. Seule la chaise tendue de tissu écossais était là, en face du bureau de l’enseignante. Un peu perplexe, je haussai les sourcils.

« Asseyez-vous », dit McGonagall sans plus d’explications.

J’obéis et la regardai s’installer derrière sa table de travail avec des gestes presque précautionneux et, quand elle me regarda dans les yeux, je compris que son expression était plus triste que lasse, contrairement à ce que j’avais pensé a priori.

« J’ai une nouvelle douloureuse à vous apprendre, déclara ma directrice de maison. Nous avons décidé de ne pas l’ébruiter mais compte tenu des circonstances, j’ai estimé que vous deviez être mis au courant. La mère de Miss Ziegler est décédée hier, en début d’après-midi, à l’hôpital d’Oxford. »

Il me fallut un instant pour accuser le coup. Les pensées se pressèrent dans ma tête et très vite, je fus incapable de les démêler les unes des autres. J’étais très triste pour cette femme que je n’avais pourtant pas connue, je voulais savoir comment Antje avait pris la nouvelle, si elle allait bien, où elle se trouvait à ce moment-là… et à nouveau, la honte me submergea. Je n’avais pas tenu ma promesse. Elle serait seule pour affronter cette épreuve parce que j’étais le dernier des imbéciles. En face de moi, McGonagall eut un sourire désolé :

« Miss Ziegler se trouve à l’infirmerie, m’apprit-elle. Le courrier annonçant le décès de sa mère a été adressé au directeur et c’est moi qui ai dû lui annoncer la nouvelle ce matin. Miss Ziegler a… fait un malaise et depuis qu’elle a repris conscience, elle n’a pas prononcé un mot. »

Bien entendu, je fus inquiet d’entendre ça mais en même temps, cela ne m’étonna pas vraiment. Depuis le début de l’automne, quand Antje m’avait appris que sa mère souffrait d’un cancer, j’avais compris à quel point elle l’aimait et combien l’idée de la perdre lui était douloureuse. Je ne pouvais, hélas, pas y faire grand-chose. La seule solution pour la voir qui me vint à l’esprit consisterait à violer le règlement de Poudlard pour la énième fois et j’étais suffisamment dans le colimateur des profs pour ne pas être certain de prendre ce risque.

McGonagall se leva :

« Suivez-moi, dit-elle. Je vous emmène à l’infimerie. Pour le moment, personne, que ce soit Mme. Pomfresh, miss Evans ou moi-même, n’a réussi à faire sortir miss Ziegler de son mutisme. Si vous y parvenez, eh bien… peut-être pourrons-nous envisager d’alléger votre sanction. »

Sans répondre, je suivis ma directrice de maison hors de son bureau. À mesure que les couloirs défilaient sous mes pas, une boule d’angoisse et de tristesse enflait dans ma gorge. Dans quel état allais-je trouver Antje ? Accepterait-elle d’ouvrir la bouche en ma présence ? Une fois n’étant pas coutume, je me sentis complètement nul. Cette promesse que je n’avais pas tenue me culpabilisait. Sans doute m’en voudrait-elle énormément. Lorsque McGonagall ouvrit la porte de l’infirmerie, je me forçai à inspirer profondément pour me calmer. L’enseignante m’indiqua un lit du doigt et me signala qu’elle viendrait me chercher dans cinq minutes. L’instant d’après, elle avait disparu dans le bureau de Mme. Pomfresh.

Je m’approchai et, avec mille précautions, je me glissai derrière le rideau qui entourait le lit.

Antje était assise, les genoux remontés contre son torse, les épaules entourées d’une couverture comme si elle avait froid. Il faisait doux, pourtant. Son regard, qui n’exprimait absolument rien, était braqué sur le néant. J’eus l’impression que, même si elle respirait, la vie l’avait désertée, elle aussi. Ne sachant quoi faire d’autre, n’osant pas la toucher, je me mis à lui parler. Je lui dis tout ce que j’avais sur le cœur, que j’étais désolé qu’elle ait perdu sa mère, de ne pas avoir été là quand elle l’avait appris, de l’avoir en quelques sortes abandonnée sans le vouloir et, pour la première fois, je lui dis aussi que je l’aimais. Je ne le lui jamais avoué franchement parce que j’étais trop fier pour ça, et puis parce que la fameuse phrase ne valait pas grand-chose à mes yeux. Ces quelques mots étaient, à mon sens, aux antipodes de ce que j’éprouvais. Ce furent pourtant ces mots-là qui firent réagir Antje. Lorsque je m’étais approché de son lit, ma présence était passée comme inaperçue. Ses yeux semblaient toujours flotter dans le vide. Dès que je prononçai la petite phrase, elle tourna la tête vers moi et me regarda. J’eus à peine le temps de lire tout le désespoir du monde sur son visage. Elle lâcha la couverture qu’elle tenait serrée autour de ses épaules, me saisit la main et me serra les doigts tellement fort que je la crus capable de me briser les os. Ensuite, elle fondit en larmes.

Je ne l’avais pas vue pleurer aussi fort depuis plusieurs mois mais en un sens, ses sanglots avaient quelque chose de rassurant parce que je comprenais ce qui lui arrivait. Depuis qu’elle avait appris le décès de sa mère, elle avait dû s’enfermer dans sa propre tête pour ne pas avoir à accepter l’inévitable. Je ne voyais pas bien pourquoi ce que je lui avais dit l’avait faite redescendre sur terre mais au moins, j’étais parvenu à la faire réagir. Je m’assis sur le bord du lit et elle vint, toujours en pleurant, se suspendre à mon cou. Je la serrai contre moi sans rien dire. Il fallait que ce trop-plein de chagrin s’évacue, et je ne pouvais pas faire grand-chose.

C’est ainsi que McGonagall nous trouva, un moment plus tard. Un peu gêné d’avoir été vu dans une telle position, je me dégageai d’Antje en rougissant.

« Je dois y aller » dis-je.

Je ne m’attendais pas à ce qu’elle réponde mais elle murmura, en reniflant :

« J’ai besoin d’être un peu seule, et puis je sortirai de l’infirmerie. »

En l’entendant parler, une vague de soulagement me submergea. Je compris que même si ce serait difficile dans un premier temps, elle irait mieux. Je n’en demandais pas davantage.

oOØOo

À ma grande surprise, McGonagall m’accompagna dans la salle commune de Gryffondor plutôt que dans son bureau.

« Vous finirez vos devoirs demain, me dit-elle. Vos retenues vont être aménagées. Cependant, si je vous surprend à faire la moindre bêtise, je reviendrai certainement sur ma décision. Et je vous interdis formellement de vous approcher de Severus Rogue. Suis-je bien claire ? »

J’inclinai la tête et elle me laissa partir. Je repérai les copains dans un coin et me dépêchai de les rejoindre pour leur raconter ce qui s’était passé.

A propos Lilou Black 33 Articles
Liloublack, trentenaire rêveuse et caféinomane qui vit chez son chat le jour et dans son palais mental la nuit. What else ?

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