Goldorak de Dorison, Bajram, Cossu et Sentenac

On ne va pas se mentir, c’est un peu l’évènement du mois attendu par tous les plus de quarante ans ! Dans mon cas, je n’ai pas connu l’arrivée de Goldo en France, enfin, j’étais née (à peine) et bien trop jeune pour m’en souvenir. Cependant, je l’ai vu au début des années 80, ça, je m’en souviens. Allez, comment ne pas évoquer ce vieux souvenir d’enfance où je me revois taper des pieds parce que je voulais le jouet Goldorak en ferraille dans une fête foraine :

« Mais, tu ne préfères pas une poupée ou un Casimir ?

— Non ! Je veux Golorak. »

Donc, forcément, cette BD, je voulais la lire, voir ce que ça donnait et autant le dire, l’album en lui-même est très beau (ainsi que le kitpresse que j’ai eu la chance de recevoir également grâce aux éditions Kana). Mais… d’accord et l’histoire et les dessins ? J’y viens.

De quoi parle ce retour aux sources ?

La guerre entre les forces de Véga et Goldorak est un lointain souvenir. Actarus et sa sœur sont repartis sur Euphor tandis qu’Alcor et Vénusia tentent de mener une vie normale. Mais, des confins de l’espace, surgit le plus puissant des golgoths : l’Hydragon. Alors que le monstre de l’ultime Division Ruine écrase les armées terriennes, les exigences des derniers représentants de Véga sidèrent la planète : sous peine d’annihilation totale, tous les habitants du Japon ont sept jours pour quitter leur pays et laisser les envahisseurs coloniser l’archipel. Face à cet ultimatum, il ne reste qu’un dernier espoir… Goldorak.

Mon avis :

Bien, je vous ai déjà parlé du livre objet alors attardons-nous sur l’histoire. De manière générale, elle est somme toute classique et comporte bien des clichés assez éculés. La vie normale pour Vénusia et Alcor est sans surprise. Vraiment. La jeune femme est devenue chirurgienne et lui, un homme riche, reconnu et à femme… C’est quand même bateau. Tout comme le retour des grands méchants et la révélation concernant Actarus qui a bien changé depuis les années 70/80. C’est là que l’on prend un coup de vieux en vrai. Bonjour les désillusions sur les héros de notre enfance. L’âge adulte, ce n’est pas si cool que ça en définitive. En fait, concrètement il n’y a que Vénusia et Phénicia qui ne s’en sortent pas trop mal. 

Si la narration se veut grandiloquente, avec des dessins admirablement bien faits, tout comme la mise en page et le découpage des cases (franchement, chapeau bas), il faut quand même dire que le scénario bah… ce n’est pas trop ça. Tout y est linéaire et on va de clichés en clichés. Et je ne parle même pas d’un moment où nos héros sont tous réunis pour briquer leur monture respective… enfin leur vaisseau et que le professeur Procyon décide de leur passer la chanson… LA chanson… Bon sang, j’avoue, j’ai ri… de honte. Enfin bref… Je comprends le côté hyper nostalgique, on a tous chanté la chanson de Goldorak, moi la première. 

Une BD avant tout destinée à tous les fans de Goldorak

Et c’est là que j’ai compris que, vraiment, cette bande dessinée a été faite dans le but de SE faire plaisir et de faire plaisir aux fans et si je laisse parler la fan qui sommeille toujours en moi, de ce beau géant d’acier, alors oui, le pari est quand même réussi et les auteurs (scénaristes et dessinateurs) peuvent être fier de leur bébé. Et sincèrement, je ne pense pas que cette BD-Hommage n’ait d’autres vocations que de rappeler de très bons souvenirs d’enfance dans une époque où on a bien besoin de se changer les idées.

Une bande dessinée qui se veut plus adulte et sans déconstruire le héros de notre enfance, on le découvre sous un jour plus sombre, malheureusement, la trame en elle-même reste trop simple, voire superflue. J’aurais aimé que la psychologie des personnages soit plus travaillée et poussée. Que l’histoire soit moins enfantine et simpliste, mais alors ce n’est pas un album qu’il aurait fallu faire, mais plusieurs. Cela dit, on ne peut nier la beauté du livre en lui-même ainsi que ces beaux dessins. Il y a du travail derrière et ça se voit ! Assurément, je pense que ce Goldorak version 2021 séduira avant tous les nostalgiques et les fans de la première heure. C’est même certain !

Dessins et Mise en pages - 89%
L'histoire - 78%
Les personnages - 78%
Le genre de l'histoire (Romance, Suspense, Aventure, Thriller, Fantasy...) - 78%
L'intérêt des lecteurs - 85%

82%

Pour les fans

Un Goldorak version 2021 de toute beauté avec une mise en pages de folie et des dessins superbes qui sauront plaire et ravir les nostalgiques. Mais si je suis honnête, je dois quand même avouer avoir été déçue par le récit, trop enfantin et simpliste. À réserver aux fans.

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Julie F. / Artemissia Gold

Lectrice compulsive et blogueuse depuis 2005. 🖤🕯 Je suis également une maman en deuil depuis le 16 octobre 2019 🕯🖤 Je reprends goût progressivement à la lecture (et à l'envie de bloguer) et j'essaie d’avancer comme je le peux dans la vie, sans mon enfant 🙏💖

8 Commentaires

  1. J’ai relevé les mêmes problématiques de scénario cliché que toi, et il y a surtout les dialogues, terriblement mal écrits selon moi, qui m’ont totalement fait sortir du truc. Comme tu dis, je pense que ça peut séduire les fans par le côté nostalgie, mais j’ai bien du mal à me dire qu’on puisse y trouver son compte en dehors de ça, malgré la passion sincère que l’on ressent, et l’esthétique somptueuse.
    Pour moi, c’est un rendez-vous manqué.

    1. Je n’irais pas jusque là, on va juste dire que les dialogues font très clichés préformatés surtout.

      Les nostalgiques y trouveront leur compte et ceux (déjà ado ou plus )qui veulent découvrir le héros d’enfance de leurs parents (mandieu… je me sens vieille en écrivant ça).

  2. Merci pour cette chronique complète et pleine de nuances.
    Petite question que j’ai oublié de poser ailleurs, est-ce que l’histoire est auto-conclusive ou elle appelle une suite ?

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