[fanfiction Harry Potter] Antje #20 (fin)

Et voilà, cette petite histoire est terminée… bonne lecture à tous et, peut-être, à plus tard…

Chapitre 20

Epilogue

Une demi-heure après être descendu du Magicobus, je me trouvais dans la cuisine des Potter, devant une tasse de chocolat chaud. Je venais d’expliquer aux parents de James que j’avais quitté le domicile familial pour ne jamais y revenir. Ils se montrèrent très compréhensifs. Je craignis un moment qu’ils me reprochent de ne pas avoir attendu ma majorité pour mettre les voiles mais ils n’en firent rien, à mon grand soulagement. À dire vrai, je ne leur avais pas expliqué que mes géniteurs avaient pensé me descolariser pour me surveiller à plein temps et faire de moi ce qu’ils auraient voulu que je sois.

« Nous ne remettrons pas en cause ta décision, annonça le père de mon meilleur ami avec un sourire. Tu es le bienvenu à la maison et tu pourras y rester autant que tu le souhaites. »

Je me sentis presque gêné devant tant de gentillesse. À dire vrai, je n’y étais pas coutumier. Cela dit, un problème se posait. J’avais été si pressé de quitter la maison qu’à part mon sac en papier qui contenait un album photo, un pantalon troué aux genoux, une chemise mangée aux mites et des chaussettes dépareillées, je ne possédais plus rien du tout. Le reste de mes affaires était resté au domicile parental et ce n’était qu’une question de temps avant que mes géniteurs ne balancent le tout aux ordures.

« J’irai tout récupérer demain, dit le père de James quand j’eus évoqué la question. J’ai à faire à Londres de toute façon. »

Ce souci étant réglé, je pus rejoindre mon meilleur ami avec qui je partageai ma mésaventure avec moult détails. James était un peu soufflé :

« Je n’aurais jamais cru que tu irais jusque là, fit-il. Tu leurs as vraiment dit qu’ils pouvaient tous crever ?

— Ben oui, répliquai-je.

— Tu avais peut-être besoin que ça sorte… après tout, ça faisait un moment que tu le pensais très fort, non ?

— Ils voulaient quand même m’empêcher de retourner à Poudlard. Je serais devenu quoi, moi, sans les copains ?

— Pas grand-chose, asséna James. En plus, de mon point de vue, ç’aurait été carrément moins drôle sans toi et… »

Il s’interrompit le temps de me donner un coup de coude :

« Si tu n’étais pas revenu, on aurait été obligés de ramasser ta rouquine à la petite cuillère », acheva-t-il en ricanant.

Je levai les yeux au ciel.

« T’es lourd, grognai-je. Mêle-toi un peu de tes fesses. »

Il pouvait s’estimer heureux que je ne lui fasse aucune remarque à propos d’Evans. D’ailleurs, d’où se permettait-il de traiter Antje de « rouquine » ? En la matière, Evans, justement, se posait là…

 

oOØOo

 

Comme promis, le père de James me rapporta mes affaires le lendemain. Contrairement à ce que je pensais, mes parents n’avaient touché à rien et faisaient comme si ma chambre avait été effacée de la maison. Mon nom avait disparu de l’arbre généalogique familiale et leur dernier message à mon endroit était qu’ils ne souhaitaient plus jamais entendre parler de moi. Personnellement, j’y comptais bien.

À partir de ce jour-là, je découvris à quoi pouvait ressembler un été paisible en compagnie de gens bienveillants. Je n’entendais plus de propos haineux sur les Moldus ou sur les sorciers issus de familles non-magiques, ni aucun commentaire eugéniste sur les familles de sang-purs. Certes, je surprenais parfois des conversations inquiètes entre les parents de James à propos des Mangemorts et de leur sinistre chef mais mon meilleur ami et moi n’y prêtions pas beaucoup d’attention. Il s’agissait d’histoires d’adultes et nous ne pouvions pas y faire grand-chose.

Entre deux échanges de lettres avec Remus et Peter, j’écrivais régulièrement à Antje, ainsi que je le lui avais promis. Ma fuite du domicile familial l’inquiéta beaucoup mais je parvins à la rassurer. De son côté, elle restait assez évasive sur son quotidien mais elle me répétait dans chaque lettre qu’elle avait hâte de retourner à Poudlard, ce qui me remplissait d’aise. Je me souvenais de ce jour où elle avait affirmé vouloir vivre parmi les Moldus après ses études et, de toute évidence, elle avait changé d’avis et s’assumait enfin en tant que sorcière. J’ignorais si c’était de mon fait ou à cause de notre relation mais y penser me plaisait.

Au début du mois d’août, James et moi reçûmes nos résultats aux BUSE. Ainsi que je m’en était douté, j’avais obtenu des mentions « Optimal » partout, à l’exception de l’histoire de la magie où je n’avais décroché qu’un « Effort Exceptionnel ».

« C’est à cause des trolls, dis-je à James. Ils s’appellent tous pareil.

— Mais non, voyons, répliqua mon meilleur ami. C’est toi l’imbécile incapable de faire la différence entre le clan Görgl et le clan Gnûrf. »

J’étais assez content de mes notes mais en un sens, il n’y avait rien d’étonnant. Non seulement j’étais naturellement brillant mais en plus, les heures passées à potasser durant ma maudite retenue avaient forcément porté leurs fruits. Du moins tant que ça ne concernait pas les histoires de trolls.

À cette occasion, James eut une conversation avec ses parents concernant son avenir. Visiblement, ces derniers ne considéraient pas le Quidditch comme une carrière sérieuse sur le long terme et, à mon sens, ils n’avaient pas entièrement tort. Même si sa famille avait assez d’or pour vivre confortablement sans trop d’efforts, mon meilleur ami devrait finir par trouver un emploi stable avant de recevoir un Cognard de trop sur le coin de la figure. Je préférai cependant ne rien dire parce que je ne me sentais pas légitime pour m’en mêler. À ma grande surprise, les parents de James me demandèrent également ce que je comptais faire de mon avenir. Ils se sentaient responsables de moi jusqu’à ma majorité et de ce fait, ils estimaient que je devais les mettre au courant de mes projets. Je me contentai de leur dire ce qui était sorti de mon conseil d’orientation avec McGonagall, ce qui restait assez flou. La mère de James eut un sourire de travers :

« Toi, au moins, tu n’envisages pas de courir après les Vifs d’or jusqu’à ce que mort s’ensuive », me dit-elle.

J’aimais beaucoup le Quidditch mais assister aux matches m’intéressait davantage que d’y participer. En plus, ça me peinait de l’admettre mais mon frère, qui était Attrapeur dans l’équipe de Serpentard, volait beaucoup mieux que moi et mon orgueil en prenait un coup à chaque fois que je voyais Regulus sur son balai.

 

oOØOo

 

Je compris l’intérêt de toutes ces questions sur les perspectives d’avenir en voyant arriver la liste de matériel à acheter pour la rentrée. Comme d’habitude y figurait un bon paquet de manuels scolaires, or à présent que nous étions en sixième année, nous n’étions plus obligés de suivre tous les cours.

« Vous aurez sans doute moins d’heures de classe, nous dirent les parents de James, mais vous aurez davantage de travail personnel à faire. »

J’échangeai un regard avec mon meilleur ami. De toute évidence, nous pensions à la même chose. Les devoirs, quelle plaie. Nous prîmes le temps de regarder la liste de bouquins et de réfléchir sur notre choix de matières. Je regrettais que Remus et Peter ne soient pas là car nous ne pouvions pas prendre nos décisions en fonction des leurs. Il était évident, cela dit, que nous passerions moins de temps tous les quatre dans les salles de classe. Continuer les cours de potions m’intéressait mais les résultats de Remus étaient insuffisants pour être accepté dans la classe de Slughorn. Notre ami lycanthrope, par ailleurs, souhaitait continuer l’astronomie, ce qui ne m’intéressait pas vraiment. Peter, lui, avait eu une note trop juste en métamorphose. Il s’avéra, finalement, que nous ne nous retrouverions tous les quatre qu’en cours de sortilèges, de Défense contre les forces du Mal et de soins aux créatures magiques.

C’était déjà ça et, en nous débrouillant bien, nous pourrions quand même avoir du temps libre à passer ensemble.

 

oOØOo

 

Avant de quitter la maison du square Grimmaurd, j’avais coutume de prévenir mes amis de la date à laquelle mes parents comptaient nous emmener, mon frère et moi, sur le Chemin de Traverse pour nos emplettes scolaires. À chaque fois, je me sentais un peu coupable de leur imposer les choses mais c’était pour moi le seul moyen de les voir un peu avant la rentrée. En plus, ça ne durait jamais très longtemps car il m’était difficile d’échapper indéfiniment à la vigilence de ma génitrice. Cette année-là, ce fut un peu différent, le seul impératif étant la pleine lune qui avait lieu avant le quinze août. Il nous fut donc plus simple de nous organiser et de trouver une date qui convienne à tout le monde. Un soir, tandis que j’ajoutais un petit mot à la lettre que James avait écrite à Remus, mon meilleur ami me glissa :

« Pourquoi tu ne proposes pas à Antje d’acheter ses affaires scolaires en même temps que nous ? »

Je levai la tête de mon courrier et regardai James avec des yeux de Strangulot frit. Je n’y avais pas pensé. Au fond, je ne m’étais pas attendu à revoir Antje avant la rentrée mais les achats de rentrée étaient une belle occasion de passer un peu de temps ensemble. Je terminai donc le petit mot pour Remus et pris un autre bout de parchemin pour proposer à Antje de nous retrouver sur le Chemin de Traverse une semaine plus tard, à la date que nous avions choisie avec les copains.

Tandis que le hibou de James s’envolait, j’espérais très fort que la réponse serait positive.

 

oOØOo

 

Antje m’écrivit deux jours plus tard pour me dire qu’elle serait très contente de nous voir. Un détail, cela dit, me fit froncer les sourcils :

 

Je serai accompagnée de mon frère. J’aurais bien voulu venir toute seule mais à l’en croire, j’ai encore besoin d’être surveillée comme une gamine. J’espère qu’il ne sera pas trop envahissant et qu’il ne me collera pas aux basques tout le temps.

 

Honnêtement, j’étais un peu déçu. Il me serait difficile de faire un câlin à Antje avec son frère aîné dans le secteur. Dans ses précédentes lettres, elle m’avait déjà dit que sa famille avait tendance à l’infantiliser et à lui poser des tas de questions indiscrète. Cette tendance semblait s’être renforcée depuis la mort de sa mère. Je m’en ouvris à James qui prit le temps de réfléchir avant de me répondre :

« . Mes parents aiment bien les Moldus, ils ne voient pas souvent de gens qui ignorent presque tout de notre monde et ce sera l’occasion pour eux de poser un tas de questions. Pendant ce temps-là, on s’occupera de ce qu’on a à faire et si tu veux t’éclipser avec ta rouquine, que Merlin bénisse tout ce qui vogue en toi.

— Arrête un peu de traiter Antje de “rouquine”, m’exaspérai-je.

— C’est pour rire.

— Eh ben regarde bien les cheveux d’Evans, la prochaine fois, et dis-moi qui est la plus “rouquine” des deux. »

Aussitôt, le regard de James se fit rêveur. Malgré ce qui s’était passé le jour de notre épreuve de BUSE en Défense contre les forces du Mal, il n’avait toujours pas renoncé.

À tort, à mon sens. Il y avait bien d’autres poissons dans la mer.

« Un jour, tu trouveras une fille qui appréciera ton humour décapant à sa juste valeur, affirmai-je.

— Mouais, marmonna mon meilleur ami, peu convaincu. Tu crois qu’Antje apprécie le tien, peut-être ?

— Pas toujours, admis-je, mais elle ne m’a jamais traité d’imbécile arrogant.

— Evans changera d’avis, un jour. »

Je me retins de lui dire qu’il y avait des limites à croire au Père-Noël. Ça l’aurait blessé. Ces histoires avec la préfète le rendaient vraiment malheureux, même s’il le cachait bien la plupart du temps. En rajouter aurait été inutile et cruel.

 

oOØOo

 

Le jour de notre expédition à Londres arriva. Curieusement, je me sentais un peu nerveux. Je n’avais pas revu Antje depuis plus d’un mois et demi. C’était idiot mais je me demandais si elle avait changé, si elle allait bien, si elle m’avait caché des choses dans ses lettres que je découvrirais en la voyant en face de moi… Je cachai cette vague inquiétude au fond de ma tête. James se serait moqué de moi et ses parents auraient posé des questions. Et puis après tout, ce serait forcément une bonne journée, il n’y avait certainement pas lieu de se faire du souci.

À notre arrivée sur le Chemin de Traverse, Remus et Peter étaient déjà là avec leurs familles. Le temps de se poser au Chaudron Baveur pour prendre un café, Antje arriva en compagnie de son frère. Il devait avoir vingt ans à tout casser et c’était une espèce de grand machin brun et maigre. Tous les deux ne se ressemblaient absolument pas. Il nous regarda tous d’un air vaguement méfiant et le soupir exaspéré d’Antje m’amusa. Un an auparavant, elle se serait certainement cachée dans son ombre. À présent, elle laissait clairement entendre que la présence de son aîné l’encombrait. Après avoir commandé son café au lait, elle s’assit entre Remus et moi sans laisser son frère s’installer à côté d’elle. Ce dernier tira un peu la tronche mais quand les adultes engagèrent la conversation avec lui, il répondit poliment aux questions qu’on lui posait et perdit son regard agacé.

À ma grande surprise, il accepta de rester avec les parents de Remus, qui connaissaient le monde moldu puisque Mrs. Lupin était d’ascendance non-magique, tandis que nous allions chez Fleury & Botts. J’attendis toutefois d’être loin des regards indiscrets des adultes pour prendre la main d’Antje. Bien entendu, James se mit aussitôt à ricaner et Peter leva les yeux au ciel.

« D’après ce que j’ai compris, m’apprit Antje, ma mère a fait promettre à mon frère de “veiller sur moi”. Le souci, c’est qu’il prend tout ça un peu trop à cœur.

— Ah, répondis-je, sans savoir quoi dire d’autre.

— Ils ne l’ont pas très bien pris quand je leur ai dit que je ne rentrerais pas pour Noël cette année. Il faut croire qu’ils n’ont pas l’habitude de me voir prendre mes propres décisions. »

Je souris et serrai ses doigts un peu plus fort.

« Tu as changé, lui dis-je.

— Qu’est-ce qui te fait dire ça ? Le fait que je ne m’aplatisse plus devant les gens ?

— Entre autres…

— J’espère que tu te sens un peu responsable, Sirius. Sans toi, je n’en serais pas là. »

Je fis mine de me pencher sur une pile de romans pour mamies intitulés Le Moldu de ma vie pour déposer, discrètement, un bisou dans les cheveux d’Antje. Je ne pouvais pas voir son visage mais je sus qu’elle rougissait.

« Tu sais, lui dis-je, le jour où je me suis enfui de chez moi, mes parents m’ont demandé si j’allais déshonnorer la famille en épousant… heu… une fille d’origine moldue.

— Ils ont dû dire “Sang-de-Bourbe”. »

Comme d’habitude, le mot me fit grimacer.

« Peu importe, repris-je. Dans tous les cas, je leur ai répondu… enfin j’ai laissé entendre que ça ne me gênerait pas plus que ça. »

Antje se retourna et me regarda, les yeux plissés.

« C’était de la provocation de ma part, n’est-ce pas ?

— Plus ou moins », fis-je en haussant les épaules et en me retenant tant bien que mal de rougir à mon tour.

Elle secoua la tête.

« Sirius, on a passé l’âge de jouer à “On se mariera quand on sera grands” et en même temps, on est trop jeunes.

— Tu es trop raisonnable.

— Et toi, pas assez. »

C’était une de ces conversations très embarrassantes mais dans le même temps, je voulais qu’Antje sache ce que j’avais répondu à mon père ce soir-là après son discours sur mes soit-disantes mauvaises fréquentations. Qu’est-ce que tu peux nous faire subir de plus ? Epouser une Sang-de-Bourbe plus tard ? Je voulais qu’elle sache que j’avais pensé à elle, juste à ce moment-là. Et je voulais partager avec elle une idée qui m’avait traversé l’esprit durant l’été, au point d’y réfléchir longuement. Je n’en avais même pas parlé à James parce que j’étais sûr qu’il me charierait jusqu’à ce que mort s’ensuive. Même si mes parents m’avaient privé d’héritage, un de mes oncles, décédé deux ans auparavant, m’avait légué assez d’or pour me permettre de m’installer tout seul une fois que j’aurais atteint ma majorité et j’avais envie qu’Antje vienne chez moi. Elle n’avait pas tort, parler de mariage et tout le fourniment, c’était du n’importe quoi. Je voulais juste essayer, pour voir ce que ça donnerait. J’évoquai donc la question en quelques mots, alors que nous étions au milieu de la librairie et que n’importe qui pourrait nous entendre. Je m’en fichais, cependant. J’avais juste envie d’avoir son avis. Quand je lui eus fait part de ma proposition, elle laissa passer un silence.

« On a le temps d’y penser, dit-elle au bout d’un moment, mais j’avoue que c’est tentant. »

Je souris jusqu’aux oreilles. Peut-être que je mettais la charrue avant les hippogriffes. Peut-être que les choses ne se passeraient pas comme prévu. Néanmoins, je me sentais optimiste. J’avais envie d’y croire. Après tout, je m’étais débarrassé de mon encombrante famille, j’avais aidé Antje à voir la vie sous un autre angle, je m’étais attaché à elle de façon aussi forte qu’inattendue… un an auparavant, je n’aurais jamais pensé que ma vie prendrait un tel tournant.

Alors j’avais envie d’y croire.

 

A propos Lilou Black 33 Articles
Liloublack, trentenaire rêveuse et caféinomane qui vit chez son chat le jour et dans son palais mental la nuit. What else ?

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