Les évaporés de Thomas B Reverdy

Chroniqué par Lily Lily

:star: Les évaporés, un roman japonais – Thomas B Reverdy

les évaporés de Thomas B. ReverdyNombre de pages : 317 pages
Editeur : J’ai Lu
Date de sortie : 6 Mai 2015
Collection : Roman
Langue : Français
ISBN-10: 229009353X
ISBN-13: 978-2290093535
Prix Editeur : 7,20€
Disponible sur Liseuse : NON

Son résumé :

Trois cartons et une valise, c’est tout ce que Kaze a emporté avec lui cette nuit-là. Et, également, les raisons de sa fuite. Comment peut-on si facilement disparaître ? Ici, au Japon, on en a légalement le droit. D un disparu, on dit simplement qu’il s’est « évaporé ». Mais Yukiko, elle, ne veut pas renoncer à chercher son père, un père qu’elle a pourtant quitté depuis des années pour vivre à San Francisco. Elle demande à Richard B., son ancien amant, de partir avec elle à la recherche de Kaze. Par amour pour elle, ce détective privé et poète à ses heures mènera l’enquête dans un Japon « parallèle », celui du quartier des travailleurs pauvres de San ya à Tokyo, repaire pour des milliers d’évaporés, et des camps de réfugiés autour de Sendai. Peut-on se débarrasser de son passé ? Refaire sa vie ? Ces questions sont au coeur de ce roman qui, sous ses dehors de roman policier et d’histoire d’amour, mène une véritable enquête existentielle. De façon poétique et sensible, Thomas B. Reverdy explore la part d ombre en chacun de nous, cette tentation d’un « ailleurs si j y suis » et met en scène toutes les variations possibles de notre désir de fuite.

Mon avis

Dans ce roman nous suivons 4 personnages différents : Richard B, autoproclamé « détective poète », Kazehiro, quinquagénaire fugueur, Yukiko, sa fille vivant à San Francisco et Akainu, jeune vagabond. Deux histoires sont racontées en parallèle, toutes deux ayant pour point commun Kazehiro. L’homme a décidé de disparaitre et va rejoindre les centaines de japonais qui s’évaporent dans la nature sans être inquiétés ou recherchés par les autorités. Richard à la demande de Yukiko, dont il est encore amoureux malgré une rupture douloureuse pour lui, l’accompagne au Japon alors qu’il ne connait rien du pays et de sa culture. L’objectif de ce voyage est d’enquêter sur la disparition du père de Yukiko. Pendant que le premier se sent complètement étranger à l’état d’esprit japonais et tente de le comprendre, la seconde tente de renouer avec une culture qu’elle a quittée il y a des années. Akainu quant à lui est un adolescent d’environ 14 ans, rescapé d’un des tsunamis qui a frappé les côtes japonaises en 2011 et qui a fui sa région natale. Recherché par la mafia, il rencontre rapidement Kazehiro.

L’intrigue est loin d’être le moteur principal du livre et la moitié du roman est vraiment là pour immerger le lecteur dans la culture japonaise. Le dosage est équilibré. Tout le long de l’histoire, on apprend à comprendre la mentalité japonaise, que ce soit en ce qui concerne les évaporés mais aussi en ce qui concerne leur mode de vie et leur sens de l’honneur.

Cette intrigue est cependant bien menée, j’ai apprécié la façon dont l’auteur est parvenu à réunir l’histoire de Kazehiro et celle de Akainu. Le fait que cet homme qui a voulu quitter les gens qu’il aime finisse par prendre sous sa coupe le jeune garçon fuyant ses peurs et la réalité tient un peu de l’ironie : il se sépare de sa famille mais finit tout de même par s’en créer une nouvelle. On pourrait s’attacher à Richard s’il n’était pas aussi triste et désespéré. Il a la nonchalance de l’homme au bord du gouffre et chaque pas qu’il espère faire vers Yukiko l’emmène vers sa fin. Je n’ai en revanche pas aimé le personnage de Yukiko, manipulatrice malgré elle, elle tente de se sortir du désordre qui règne dans ses sentiments : son retour dans son pays d’origine, son manque de réussite aux Etats-Unis, son absence d’amour pour Richard etc…

La plume de Thomas B. Reverdy est inspirée et fidèle à l’esprit et au message qu’il souhaite faire ressentir au lecteur. Les pages sont ponctuées de paragraphes reflétant la philosophie japonaise.

« Vous frissonnez, parce qu’il neige depuis plusieurs jours et cela efface les reliefs des quelques ruines qui doivent subsister çà et là. Ce que vous contemplez n’a plus d’échelle, à part le vieil arbre qui s’épuise doucement à lutter contre le sel. Tout est blanc, même le bruit. Il n’y a plus d’oiseaux. Aucun moyen de se faire une idée de la vie qui régnait ici. »

Le rythme du récit est modérément lent : il n’est pas lent au point d’ennuyer le lecteur mais plutôt pour l’inciter à la réflexion. C’est un roman qui ne se lit pas d’une traite mais qui doit se lire posément pour prendre le temps de bien se laisser emporter par le voyage.

On aime ou on n’aime pas la répartition enquête/culture japonaise. Pour ma part, j’ai apprécié ma lecture mais étant habituée à être focalisée sur les péripéties et l’intrigue, j’ai parfois été déstabilisée. Je le recommande à celles (et ceux) qui auraient envie de découvrir un aspect du Japon peu souvent retranscrit.

Très bon

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1 Commentaire

  1. Je l’ai lu lors de sa parution en grand format, et je me souviens d’avoir trouvé le thème très intéressant et bien traité ! Une lecture agréable, même si j’en conserve assez peu de souvenirs aujourd’hui.

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