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Guide de Survie Pour les Ados d’Aija Mayrock

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Chronique de CoxeCoxe

Guide de survie pour les ados d’Aija Mayrock

Guide de survie pour les ados d’Aija MayrockNombre de pages : 176 pages
Editeur : Hachette Romans
Date de sortie : 2 mars 2016
Collection : Témoignages
Langue : Français
ISBN-10: 2011710405
ISBN-13: 978-2011710406
Prix Editeur : 13€90
Disponible sur Liseuse : OUI

Son résumé :

Le harcèlement, ça a toujours été comme un nuage noir au-dessus de ma tête. Les sales coups des autres, c’étaient les gouttes de pluie qui m’éclaboussaient, et leurs regards, la foudre que j’essayais d’éviter. Un jour, je me suis dit que j’allais écrire pour toi, pour moi, pour les enfants qui se font harceler en cours de sport, à la cantine, dans les vestiaires, en classe… n’importe où. Ce guide que tu tiens dans tes mains ne renferme pas une recette magique mais plutôt des conseils et des quiz que tu pourras compléter…

Mon avis :

J’ai choisi cette lecture parce qu’elle traite d’une problématique qui me tient tout particulièrement à cœur, pour avoir étudié les conséquences tristement graves du harcèlement et du cyber-harcèlement, à l’issue parfois fatale.

En toute honnêteté, je trouve qu’il est très délicat de juger la valeur d’un témoignage. Les faits relatés sont le reflet d’une souffrance réelle, mais dans le cas présent ils servent une cause, ils sont le support « d’une voix pour les sans voix ».

Ce Guide de survie pour les ados a vocation d’aider, d’épauler ces adolescents dont le quotidien est fait d’humiliations, de violences verbales ou physiques et d’abus. Et il est très difficile pour ces personnes d’être confronté si jeune à cette cruauté répétée et insidieuse alors qu’ils n’ont pas les outils pour y faire face. Et c’est ce que propose Aija Mayrock dans ce guide ; des solutions pour tenir bon, pour se découvrir au-delà de l’image que leur renvoient les agresseurs, pour s’en sortir de façon saine (ne pas devenir un bourreau à son tour), pour s’épanouir.

À l’origine l’auteure a écrit ce livre pour elle-même. Bien que l’écriture soit une activité très solitaire, elle lui a permis de s’évader de son chaos quotidien, d’apercevoir une issue plus lumineuse et de rêver en grand.

Ce texte a été remanié sous forme de guide très structuré qui permet de suivre un cheminement, comme une méthode. L’auteure s’adresse au lecteur avec énormément de bienveillance en lui donnant des conseils, « des trucs de survie » de façon ludique et très agréable à lire. Et cela, tout en pointant et soulignant l’essentiel : communiquer, trouver une personne ressource, s’exprimer de façon créative et s’affirmer tout en se préservant.

« Demander de l’aide, ce n’est pas être faible. Au contraire »

Aija Mayrock insiste sur le fait que l’adolescent n’est pas seul et surtout qu’il est unique même si les autres peuvent le trouver différent. Elle communique énormément de pensées positives et d’encouragements tout en valorisant son lecteur, et c’est sûrement ce dont il a le plus besoin.

« Ce n’est jamais de ta faute si tu es harcelé »

L’auteure aborde peu son histoire, elle exprime surtout un ressenti sous forme « roèmes » (des poèmes rappés) qui déborde de justesse, de sincérité et d’espoir. On sent que le vécu est distancié, aboli, pardonné. Et ce ton adopté est idéal, car il laisse entrevoir qu’il est possible de se libérer du harcèlement, que ce n’est que temporaire.

Les effets du harcèlement et du cyber-harcèlement sur la vie sociale sont largement abordés, par contre les conséquences psychologiques sont un peu éludées. L’accent est porté sur l’estime de soi et l’anxiété mais pas forcément sur les troubles plus importants (dépression, idéalisation suicidaire,…). Il n’y a pas réellement de conseil pour des jeunes dans ces situations spécifiques et c’est dommage, car je pense que l’auteur l’aurait fait avec beaucoup de tact.

Hormis cela, ce Guide de survie pour les ados est très complet malgré quelques répétitions, peut-être nécessaires. Il est adapté pour un jeune public, plutôt situé entre la fin de l’école primaire et le collège (c’est d’ailleurs à cette période que se situe le pic de harcèlement en France). Le livre peut être également utile pour les parents, qui se trouvent bien souvent impuissants face à ce problème de santé publique.

Ce qui était à l’origine une démarche personnelle a pris une dimension plus universelle. Et j’espère de tout cœur qu’Aija Mayrock continuera à faire porter sa voix et qu’elle poursuivra cette belle initiation d’aide à l’autre tout en s’épanouissant dans cela.

Excellent

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3 Commentaires

  1. Chéryl

    29 mars 2016 à 13 01 42 03423

    Ce livre n’est plus très adapté à mon âge mais j’aurais bien aimé l’avoir entre les mains quand j’étais adolescente. Pendant toutes les années de primaire et de collège, j’ai été traitée de “chintoc” et de “jaune” à cause de mes origines asiatiques. Les professeurs ne faisaient rien pour empêcher cela ; de toute façon, il leur aurait été difficile de surveiller toutes les discussions dans la cour de récréation. Mais je me souviens en avoir beaucoup souffert et j’imagine aisément le mal-être de ceux qui subissent un harcèlement similaire voire pire que le mien.

    Les adolescents et les enfants, quoi qu’on en dise, peuvent se montrer extrêmement cruels entre eux, même s’ils passent pour des petits anges aux yeux de leurs parents. Je pense qu’en plus de ce guide de survie destiné aux victimes, il faudrait aussi écrire un guide s’adressant aux harceleurs et surtout à leurs parents, car un jeune qui tyrannise ses camarades est souvent le reflet d’une mauvaise éducation ou d’un environnement familial peu équilibré.

    En tout cas, merci pour cette chronique !

    Réponse

  2. c0xe

    29 mars 2016 à 15 03 56 03563

    Chéryl, je te remercie pour ton retour qui me touche et j’approuve grandement ta démarche de témoigner sur ce vécu douloureux. Il est important de pouvoir en parler et cela montre aussi qu’en dessous des statistiques du harcèlement qui grimpent un peu plus chaque jour, il y a des visages.

    Je suis d’accord avec toi quand tu parles de sensibilisation auprès des parents d’élèves. Même si une action gouvernementale a été mise en place pour « agir contre le harcèlement à l’école », cela reste assez partiel. Il faudrait évidemment plus de préventions dans les institutions scolaires, plus de contrôle de la vie virtuelle (où un apprentissage pour savoir comment s’en protéger). Plus d’interventions, de porte-parole, de livres comme celui-ci. Tellement plus…

    Concernant l’idée d’un guide pour les auteurs du harcèlement, je t’avoue que c’est une question épineuse, car il y a plusieurs profils d’agresseurs. Mais tu as raison, même si leurs motivations diffèrent il a été prouvé qu’une faible estime de soi et/ou un contexte de vie défavorable étaient significativement élevés chez les personnes ayant ce type de comportements (hostile, violent,…). Mais il y a de nombreux autres facteurs, malheureusement…

    Je te remercie encore une fois Chéryl pour tes mots et tes pensées, je sais que cela demande une part de courage.

    Amicalement 🙂

    Réponse

  3. Chéryl

    30 mars 2016 à 15 03 54 03543

    Merci beaucoup pour ta réponse, c0xe. Effectivement, on ne saurait faire trop de prévention contre le harcèlement à l’école et je trouve qu’il faudrait davantage sensibiliser les jeunes à ce phénomène, susciter des débats à ce sujet entre élèves et professeurs…

    Je me souviens qu’à mon époque (cela a peut-être changé depuis), les cours d’éducation civique n’avaient aucun réel contenu et étaient souvent remplacés, de manière officieuse, par des cours d’histoire-géographie. Je pense que ces heures auraient été mieux employées si les professeurs avaient réellement enseigné l’éducation civique, parlé de l’importance du respect entre jeunes et envers les aînés, évoqué des sujets de société, etc.

    Bien sûr, c’est avant tout le rôle des parents de bien éduquer leurs enfants, mais l’école pourrait aussi renforcer cette éducation en y consacrant ne serait-ce qu’une heure par semaine. En outre, les professeurs, contrairement aux parents, sont mieux placés pour savoir ce qui se passe pendant les cours et les récréations : insultes, bagarres, rumeurs et autres. Ce qui ne dispense évidemment pas les parents de s’informer et d’interroger leurs enfants sur la vie à l’école. Je me souviens d’une déléguée de parents d’élèves qui n’était jamais au courant de quoi que ce soit, car son fils ne lui racontait pas les incidents (pourtant nombreux) qui se déroulaient presque chaque jour au collège. Il y a donc, en amont du harcèlement scolaire, un problème de communication.

    Si tu trouves d’autres livres sur ce thème, je serais heureuse de lire tes chroniques là-dessus ! 🙂

    Réponse

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