Risque Zéro de Pete Hautman

Chroniqué par EoleEole

:star: Risque Zéro de Pete Hautman

Risque Zéro de Pete HautmanNombre de pages : 294
Éditeur :  Milan
Date de sortie :  15 avril 2015
Collection :  Macadam
Langue :  Français
ISBN-10:  274596836X
ISBN-13:  978-2745968364
Prix Éditeur :  13,50€
Disponible sur Liseuse : Non

Son résumé :

Imaginez un monde où tout risque est banni. Un monde où le danger n’existe plus. Fini, le sport : trop dangereux ! Aimer ? Trop éprouvant ! Ce monde du risque zéro, c’est celui des Etats-Sécurisés d’Amérique. Nous sommes en 2074, Bo Marsten a 16 ans et vit sous cette dictature du bien-être. Les carcans, les interdits ? Il n’en peut plus. Enfermé dans un camp de travaux forcés, il décide de résister. Pour être libre. Pour prendre le risque de vivre, tout simplement…

Mon Avis :

J’étais très intriguée par l’idée d’une société qui efface tout danger avant même qu’il ne se crée. Dans les Etats Sécuritaires d’Amérique, MacDonald’s et Coca ont le monopole de l’industrie, tout le monde prend des pilules pour éviter de se mettre en colère et porte un casque h24 au cas où il y aurait un accident. Ah et aussi, pour la moindre infraction, les gens vont en prison où la violence est de mise ou travailler chez Mc Do ou Coca ce qui fait qu’il est ensuite très dur de se réintégrer dans une société où la violence est bannie. Ça donne envie non ?

Bo est un garçon de 16 ans, qui aime la course et une fille. Mais cette fille est convoitée par un autre et, cela, Bo ne le supporte pas, mais bon, il parait que c’est dans ses gênes, avec un frère et un père en prison pour cause d’agressivité, dur de faire autrement. Lorsqu’il commet sa troisième infraction, Bo est envoyé dans l’usine MacDonald’s pour y faire des pizzas, mais il grimpe vite en grade et intègre l’équipe secrète de football américain de la prison, où il n’est plus question d’une quelconque protection physique, dans ce jeu ce sont coups et blessures…

Eh bien je dois dire que même si j’ai bien aimé l’univers, ce roman n’aura pas été transcendant. Pourquoi ? Déjà à cause du personnage principal, tout le début du livre, j’ai eu l’impression que Bo avait 12 ans alors qu’il en a 16, ce n’est qu’à la fin du roman qu’il fait vraiment son âge et c’est dommage. Il parle vraiment comme un enfant, réagit comme un enfant. Après coup, je me dis que cela peut être une critique de cette société, qui à force d’infantiliser les gens en les surprotégeant, les fait fonctionner comme des enfants plus jeunes qu’ils ne sont pas, mais sur le coup c’était assez énervant.

En revanche, j’ai beaucoup aimé le personnage du grand-père de Bo, un homme né dans les années 1990 et qui donc, a connu le monde tel que nous nous le connaissons. Ce personnage permet de vraiment faire la liaison entre notre présent et leur futur et je trouve ça bien pour vraiment rentrer dans l’histoire. De plus, c’est un personnage qui a la tête sur les épaules et qui est prêt à tout pour sa famille, ce que je ne peux qu’apprécier.

Dernier personnage marquant, Bork, l’intelligence artificielle créée par Bo. Au début je n’ai pas compris son rôle mais il prend vite une importance grandissante et ajoute la touche d’humour à ce roman assez sombre. Son physique ainsi que le développement de sa personnalité me l’ont tout de suite rendu sympathique et je pense que c’est un gros point fort du livre car il permet d’aborder le sujet du développement des intelligences artificielles.

Je trouve d’ailleurs que Pete Hautman aborde beaucoup de sujets intéressants dans ce livre, comme la domination progressive de certaines entreprises, le développement des intelligences artificielles comme dit plus haut, les dérives d’une société ou encore l’isolement des centres pénitentiaires où les dirigeants font un peu ce qu’ils veulent. Mais le problème, c’est que j’ai eu l’impression que l’auteur n’allait jamais au bout de ses idées. A mon sens, ce roman aurait pu être plus long, ce qui aurait permis de mieux développer certains points particulièrement intéressants, à commencer par cette société qui croit aller bien mais s’enfonce dans la surprotection. L’auteur nous sort très vite de cette société pour nous emmener dans une autre société, plus fermée, au cœur de la première, mais radicalement différente, et au final, on ne revient pas vraiment ensuite sur cette première société aseptisée. Je me suis franchement demandé alors, pourquoi l’auteur avait choisi d’axer son résumé sur l’idée d’une société sans danger si c’était pour nous en sortir aussi vite…

Mais, j’ai bien fait de ne pas écrire ma chronique tout de suite, car j’ai eu le temps de réfléchir à ce livre. Et je trouve qu’il est en fait meilleur que ce que je pensais. Je m’explique : beaucoup ont dit que ce livre s’écartait trop de son sujet principal, à savoir la critique d’une société où tout danger est interdit. Effectivement, contrairement à beaucoup de dystopies, ici le but n’est pas tant de renverser le système en place que de montrer ses limites et ses problèmes. Je trouve que c’est une approche intéressante de la dystopie qui change un peu de tout ce qui est Hunger Games, Divergente et compagnie, ce qui n’est pas pour me déplaire.

En fait, je pense que je n’ai vraiment apprécié ce livre qu’après ma lecture, quand j’y ai repensé, mais sur le coup j’étais assez déçue et c’est dommage.

Bon

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A propos Songe d'une nuit d'été 841 Articles
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1 Commentaire

  1. Oh je suis surprise de voir que ce roman aborde autant de sujet chaud dont l’intelligence artificielle. Je m’attendais plus à un livre de zombies… je ne sais pas pourquoi! Faudrait bien que je commence à lire les 4e de couvertures lllloll Bref, c’est une belle surprise qui me donne encore plus le goût de découvrir ce dernier, même si la couverture est trop … Fade à mon goût ! Chose certaine, y’ont pris aucun risque côté couverture 😉 (non non, je ne fais pas de jeu de mots plate…)

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