Fantasmes et miroirs – Collectif d’auteurs

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fantasmes et miroirs

Nombre de pages de l’édition imprimée : 55 pages
Date de parution : 2 Avril 2015
Éditeur : Editions du 38
Collection : Paulette
Format : Numérique
Taille du fichier : 475 KB
Langue : Français
ASIN: B00W3QW56G
Prix éditeur : 3€99

Son résumé:

Pour le lancement de la collection Paulette, digne représentante des femmes joyeuses, décomplexées et à l’érotisme sans fard, 18 auteurs ont exploré le thème des Miroirs, avec trois recueils, Jeux de Miroirs, Fantasmes et Miroirs, et À travers les Miroirs. Qu’il s’agisse d’un reflet, d’un regard, du plaisir de s’observer, que la scène se déroule face aux miroirs, derrière, Paulette se promène au gré de sa fantaisie, se voit, est vue, se trémousse, sourit à sa frimousse.

Mon avis:

Je ne suis pas une adepte des recueils de nouvelles mais s’il y a bien un genre que j’aime lire à travers ce format, c’est bien l’érotique. On va à l’essentiel, pas besoin de broder. J’ai découvert par hasard cette petite maison d’édition qui propose une collection de recueils de nouvelles érotiques regroupées par thèmes. Fantasmes et miroirs est l’un des trois recueils qui explorent le « miroir » comme motif érotique. Objet ou image du double, le thème du miroir se décline dans ce collectif de 6 nouvelles de manière variée, parfois inattendue, dans des styles tantôt sensuels, tantôt plus crus.

Elle (Nouvelle narcissique) de Fleur Deschamps

Cette première nouvelle met en scène un personnage féminin, Elle, amoureuse de son reflet au point de n’éprouver de réel plaisir que lorsque ce dernier lui renvoie l’image de ce corps pulpeux qu’elle aime admirer sous toutes les coutures. La nouvelle repose essentiellement sur la contemplation de Elle par elle-même. J’ai beaucoup aimé les descriptions narcissiques de cette nouvelle, très sensuelles et qui magnifient parfaitement  le corps de l’héroïne.

Vendredi 14h de Stephie

Ce sont le jour et l’heure qu’a fixé Zazie à son amant. Bien sûr, le narrateur est ponctuel au rendez-vous car dans le non-couple qu’il forme avec cette femme libre à qui on n’impose pas de règles, il n’a pas le dernier mot. Zazie impose, excite, conduit son amant dans des voies inattendues qui le surprennent. Ici, le miroir se fait témoin des ébats, complice et voyeur. Une nouvelle à chute séduisante qui offre, en plus d’une surprise à la fin, le point de vue de l’homme dans un style direct. Malgré la brièveté du genre, les personnages sont parfaitement construits entre fragilité et désir libertin.

Si semblables de ChocolatCannelle

A une époque indéfinie et dans une langue soutenue, cette nouvelle traite du thème du miroir sous une forme différente puisqu’il s’agit de la gémellité. Deux sœurs terribles et libertines nous narrent leur parcours érotique depuis l’adolescence jusqu’à leurs mariages. « Toujours ensembles en toute circonstance » semble être la devise des deux sœurs, deux doubles, miroir à elles seules. Bien que le style soit soigné, j’ai moins été séduite par cette nouvelle, peut-être parce que justement il s’agit de deux sœurs et qu’elle s’étend sur un laps de temps plus important. Je préfère les « instantanés » lorsqu’il s’agit de nouvelles, ces moments courts que l’on prend le temps d’approfondir.

Narcissa, folle de son corps de Isabelle Lorédan

On peut dire que le personnage porte bien son nom. Si bien qu’elle m’a agacée tout au long de la nouvelle malgré la pointe d’ironie qui conduit le récit. Je n’ai pas  vraiment été séduite par le personnage. Superficielle, Narcissa est prête à tout pour réussir et pour attirer les regards. En particulier ceux des hommes qui semblent ne pas s’intéresser à elle comme celui de cet homme fringant rencontré au salon de l’agriculture. Dans cette nouvelle, les jeux de miroirs garantissent au personnage la multiplicité des regards qu’elle recherche. L’idée ne m’a pas vraiment convaincue.

Derrière le miroir de Jerk

Grâce à un miroir sans tain, le narrateur peut contempler à loisir les ébats de sa séduisante voisine libertine. Depuis son canapé, il devient spectateur- voyeur de ce qui se déroule dans la chambre à coucher de l’appartement mitoyen. Une construction et une idée classiques mais un style séduisant et soigné.

Nina, une fille bien, ou l’anti-Paulette face à son miroir de Miss Kat

Ici le motif du miroir est traité de manière plus subtile. Il s’agit de l’image que l’on renvoie aux autres, du décalage entre ce que l’on voit dans le reflet et la manière dont les autres nous perçoivent. L’idée est très originale, l’ambiance plus sombre et grave. A la première lecture de la nouvelle, le style m’a légèrement déstabilisée. La syntaxe est hachée, traduisant les pensées de la narratrice. Je l’ai davantage appréciée à la seconde lecture même s’il s’agit de la moins érotique des 6.

Comme dans tout recueil, on ne peut pas être charmé par toutes les nouvelles mais dans l’ensemble cette collection Paulette est une agréable découverte qui permet à de jeunes auteurs d’affûter leur plume. La ligne éditoriale se veut moderne, sensuelle et décomplexée. Mission accomplie pour ce recueil.

Très bon

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2 Commentaires

  1. Merci pour cet avis. Merci pour ce beau regard sur ma nouvelle et sur celles de mes co-auteurs. Une collection prometteuse, oui, qui offre une belle variété de plumes différentes. J’espère que tu liras (et aimeras) « Tabous ».

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