Seven – Chapitre 3

~LA COLERE~

Caroline se laissa retomber sur le lit à la fois furieuse et désemparée. Furieuse, parce que pas un instant il lui était venu à l’esprit que ce maudit hybride ferait traîner les choses en longueur. Elle s’était imaginé passer le week-end là et repartir aussitôt pour Mystic Falls pour prévenir Tyler qu’il ne risquait dorénavant plus rien. Dans l’avion qui la conduisait à la Nouvelle Orléans, elle s’était aimé à planifier leur été et leur recherche de futur appartement non loin de l’université de Whitmore. Jamais, au grand jamais, elle n’avait pensé devoir rester dans cette ville à la merci de Klaus, attendant son bon plaisir. Combien de temps allait-il faire durer ce petit jeu ? Pourquoi n’avait-elle pas fixé avec plus de rigueur les termes de ce qu’elle ne pouvait même pas appeler un « accord » ? Elle lâcha un grognement de colère que le vacarme de la parade passant en contrebas étouffa entre deux percussions.

La musique assourdissante avait empli la chambre. Derrière ses yeux clos pour tenter de reprendre ses esprits, Caroline pouvait presque imaginer se trouver au beau milieu des trompettes et tambours qui résonnaient jusque dans ses tempes. Ou peut-être était-ce son propre cœur qui faisait un boucan de tous les diables. Elle mit cela sur le compte de l’énervement. Elle se releva promptement et se débarrassa sans cérémonie de cette robe qui lui semblait être imprégnée du parfum de l’hybride. Elle se coucha en sous vêtements sur les draps frais en tachant de chasser les images de ce baiser qui s’imposaient à elle. Elle resta un long moment éveillée, le regard hypnotisé par les palmes du ventilateur du plafond. Elle se concentra sur leur mouvement régulier, sur la musique qui s’éloignait pour laisser place aux rires et aux conversations des passants. Un apaisement un peu triste après l’agitation de la fête s’emparait de la rue comme de son esprit. Elle ne voulait plus penser à rien et surtout pas à ce qui venait de se produire et à sa propre réaction face à ce baiser aussi brutal que bref. Elle n’aurait pas dû paraître aussi déstabilisée. Elle se devait de montrer une attitude altière, froide et dédaigneuse. Le mépris le plus total était tout ce que méritait ce sale type. Il s’était cru en territoire conquis, s’imaginait sans doute que, parce que sa reddition s’était faite sans mal, elle allait se donner corps et âme. Elle ne lui offrirait pas ce plaisir. Il aurait un corps et rien de plus. Pourtant, l’attaque avait réussi à la prendre au dépourvu. Un goût d’alcool fort errait encore sur ses lèvres. Le bout de sa langue s’hasarda sur ses dernières mais elle se ravisa aussitôt. Elle les pinça et se sermonna mentalement. Elle se tourna pour échapper aux lumières de la rue qui filtraient par les volets à claires-voies et à ces images gênantes. Une douce torpeur finit par la happer sans pour autant l’entraîner complètement dans un sommeil profond. Elle était plongée dans une semi-inconscience au travers de laquelle, elle sentait la brise fraîche du soir frôler ses jambes, l’odeur des fleurs dont elle ne connaissait pas le nom, sa respiration régulière et maintenant apaisée. Elle sombra peu à peu et s’endormit tout à fait.

Ce ne furent tout d’abord que des bribes de sensations confuses. La brise fraîche se fit caresse, le parfum doux et délicat des fleurs s’imprégna d’une fragrance plus musquée à la fois forte et enivrante, son souffle saccadé faisait écho à celui qui semblait effleurer son cou. Puis le souvenir d’une bouche exigeante imposant sa volonté, celui de mains s’agrippant à ses cheveux dans un geste presque désespéré s’imposèrent brusquement à elle derrière ses paupières closes. Lorsque le murmure d’une voix à l’accent familier résonna à son oreille, Caroline se réveilla en sursaut. Elle se redressa dans le lit comme mue par un ressort. Elle inspecta du regard la chambre plongée dans la pénombre. Elle était vide et silencieuse. Il n’y avait qu’elle et sa respiration haletante. Elle se laissa retomber sur son oreiller, désorientée et incapable de penser à autre chose qu’à ce désir traître et soudain qu’elle tenta d’étouffer en serrant les cuisses. Elle rabattit le drap sur elle comme si dissimuler son corps dénudé pouvait l’apaiser quelque peu. Mais rien n’y fit. La dentelle de son soutien gorge meurtrissaient la pointe de ses seins durcis. Le besoin de soulager cette envie se fit irrépressible. Sa main s’égara sous le drap malgré les hurlements de sa volonté vacillante. Elle apaisa son exigence, étouffant ses gémissements derrière ses lèvres fermement closes. Mais son cri de jouissance se mua vite en grognement de colère. Elle se retourna sur le ventre et enfonça son visage dans l’oreiller pour ne l’en sortir qu’au petit matin. Elle n’avait pas fermé l’œil, craignant que si elle venait à s’assoupir de nouveaux tourments de ce genre ne viennent l’assaillir. Pour Caroline, leur origine ne faisait aucun doute. Elle attendit avec impatience que les premiers rayons de soleil dardent aux dessus des maisons basses de Bourbon Street. A peine les lueurs de l’aube avaient-elles pénétré dans la chambre qu’elle se vêtit avec des gestes rageurs et sortit en trombe de la pièce.

Elle fit une fois de plus une entrée fracassante dans la suite de Klaus, surprenant l’hybride au saut du lit à moitié vêtu. Devant le torse nu de l’originel, Caroline réalisa soudain que son impétuosité venait de la mettre dans une situation qu’elle aurait préféré éviter compte tenu des événements de la nuit.

— Comment as-tu osé ?! explosa-t-elle pour dissimuler le rouge qui venait de lui monter aux joues derrière un masque de colère.

L’originel la dévisageait avec perplexité depuis qu’elle avait fait irruption dans la chambre. Il prit toutefois tout son temps pour enfiler un tee-shirt avant de répondre.

— Si tu parles d’hier soir, je ne voyais pas l’utilité de précipiter les choses. On a tout le temps.

Devant les airs innocents du vampire, le sang froid de la jeune femme l’abandonna tout à fait. Car dans l’esprit de Caroline, il était forcément derrière tout cela. Il s’était immiscé dans ses rêves, avait violé son intimité, se jouait d’elle comme d’une poupée. Que croyait-il ? Qu’elle allait tomber dans ses bras et oublier Tyler ? Elle le connaissait suffisamment maintenant pour ne pas se laisser abuser par lui. Ses manœuvres de manipulateur sociopathe ne fonctionneraient pas. Elle se l’était juré toute la nuit.

 — Je ne te parle pas d’hier soir mais de cette nuit !

Les yeux de l’hybride s’écarquillèrent.

— Mon cœur, je ne comprends pas un traître mot de ce que tu me racontes. Si tu ne parles pas du baiser d’hier soir, qu’est-ce que tu me reproches exactement ?

Il semblait si sincère qu’un horrible doute s’immisça soudain dans l’esprit de la jeune femme. Mais elle s’entêta par fierté et parce qu’elle n’avait pas la moindre idée de la manière de se tirer de là sans passer pour une idiote finie.

— Ne fais pas l’innocent ! Tu le sais très bien !

Elle le vit s’approcher d’un pas lent et mesuré avec toujours ce même air d’incompréhension. Son assurance à elle, en revanche, était en train de fondre comme neige au soleil. C’était forcément lui. Il ne pouvait pas en être autrement. Jamais elle n’aurait fait ce genre de rêve s’il ne l’avait pas manipulée.

—  Non, je ne le sais pas Caroline, lui assura-t-il. Quel est le problème ?

Elle chercha dans son regard bleu une quelconque trace de fourberie, espéra voir ne serait-ce qu’une légère contracture de sa mâchoire ou Dieu sait quelle micro expression qui l’aurait trahi. Mais elle ne vit rien d’autre d’un homme sincère.

— Il n’y a pas de poches de sang dans ma chambre, voilà le problème !

Elle avait débité cette excuse stupide sans réfléchir mais il fallait qu’elle sortît de là au plus vite même s’il lui fallait pour cela passer pour une folle hystérique. Klaus accueillit sa doléance avec un flegme et un sérieux qui finirent de mettre à mal les convictions de la jeune femme.

— Je vais arranger cela au plus vite.

Elle balbutia un remerciement du bout des lèvres, embarrassée comme rarement elle l’avait été et quitta la chambre sans un mot de plus. Si elle s’était retournée ne serait-ce qu’une demi-seconde avant de franchir le seuil, elle aurait vu apparaître sur les lèvres pleines de l’originel un sourire sardonique plein de satisfaction. Klaus avait toujours entendu Elijah dire que la patience était la plus appréciable de toutes les vertus. Il commençait à croire que son aîné n’avait pas tort. La patience était sans doute la vertu qui allait rendre la luxure encore plus appréciable.

 

3 Commentaires

  1. coucou, très sympa ce chapitre, notre Caroline complètement perdu pour ce qu’elle ressent pour Klaus j’adore, et ce petit rêve érotique, alala !!!! va t’elle succomber à la plus douce des tentations ?! je l’espère

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