Raison et Sentiments – Jane Austen

Après avoir vu le film d’Ang Lee datant de 1996, il était nécessaire que je m’attaque à l’œuvre de Jane Austen. Oui, je fais tout à l’envers et alors ? Au moins, on est moins déçus si l’adaptation nous plaît moins après lecture 😉 Et puis, vu ma passion pour la grande dame, il était évident que pour moi le film serait en-dessous du chef d’œuvre romanesque.

Raison & Sentiments – Jane Austen

raison et sentimentsBroché: 374 pages
Editeur : 10-18 (12 septembre 1999 -pour mon édition-)
Collection : Domaine Étranger
Langue : Français
ISBN-10: 2264023813
ISBN-13: 978-2264023813

Son résumé :

Injustement privées de leur héritage, Elinor et Marianne Dashwood sont contraintes de quitter le Sussex pour le Devonshire, où elles sont rapidement acceptées par la bourgoisie locale étriquée et à l’hypocrisie feutrée.
L’aînée, Elinor a dû renoncer à un amour qui semblait partagé, tandis que Marianne s’éprend bien vite du séduisant Willoughby. Si Elinor, qui représente la raison, dissimule ses peines de coeur, sa cadette étale son bonheur au grand jour, incapable de masquer ses sentiments. Jusqu’au jour où Willoughby disparaît…

Publié en 1811, Raison et sentiments est considéré comme le premier grand romain anglais du XIXe siècle. l’avant-propos d’Hélène Seyrès permet de replacer dans son contexte ce classique de la littérature, dont l’auteur a influencé nombre d’écrivains majeurs, tels Henry James, Virginia Woolf ou Katherine Mansfield

Mon Avis :
Élinor représente la raison là où sa sœur, Marianne, représente le sentiment. Mais à la mort de leur père, obligées de déménager à Barton Cottage avec leur mère et leur sœur cadette (Margaret), elles vont découvrir que la vie ne s’arrête pas à l’un ou à l’autre et que les deux sont complémentaires et nécessaires pour créer des situations que nul ne pouvait prévoir. La sage Élinor va alors découvrir la passion sentimentale quand l’extravagante Marianne apprendra ce qu’est la raison…

Un schéma austenien classique.

En bien des sens, et surtout dans son schéma narratif, Raison & Sentiments semble se rapprocher d’Orgueil & Préjugés ; on y retrouve ainsi un schéma classique de Jane Austen. En effet, les principaux personnages sont issus de famille modeste et vont être amenés à côtoyer des personnes plus riches qu’elles dans l’espoir de faire un bon mariage mais surtout un mariage d’amour. De ce fait, la famille Dashwood n’est pas sans nous rappeler la famille Bennet d’Orgueil & Préjugés bien que les personnages et leur caractère soient forts différents les uns des autres. Si Mrs Bennet était un personnage sûr de lui et très impétueux, voire irrespectueux des convenances, Mrs Dashwood est, au contraire, un personnage plus réservé même si impatient de voir ses filles mariées. Le seul point commun de ces deux femmes repose donc dans leur façon d’être sûr d’un mariage quand celui-ci ne l’est pas.

Ainsi, Élinor et Marianne vont être amenées à traverser bien des épreuves. De l’amour à la désillusion, du chagrin à la peur de perdre un être cher, ces deux jeunes femmes nous sont très proches malgré qu’elles aient une vie si différente de celle de notre époque. Malgré tout, elles  savent montrer que ce sont des femmes fortes qui ne sont pas reste face à d’autres personnages ; elles occupent la scène et montre parfaitement leur trait principal : la raison et le sentiment. Et quand les deux entrent en collision, les épreuves ne font que se multiplier poussant les deux jeunes filles à se surpasser et à repousser leurs limites.

Il est alors bien normal que la fin soit heureuse. Après tant d’épreuves, si les personnages devaient encore souffrir, cela serait une véritable marque d’injustice pour elles alors même que celle-ci a été leur lot quotidien. Et cette fin heureuse est tout à fait normale puisqu’il s’agit du propre même de Jane Austen de faire souffrir ses personnages avant de les libérer par un « Happy end ».

Une peinture de la société anglaise du XIXe siècle

A travers les personnages d’Élinor & Marianne, Jane Austen nous livre ici une peinture de la société de son époque. Une société où régnait des règles de convenances strictes, la nécessité d’un bon mariage et de la fortune et où l’amour n’est qu’un sentiment secondaire. Autant dire que c’est totalement à l’opposé  de notre société moderne où le mariage repose sur l’amour et où les convenances sont totalement différentes du fait de l’évolution des mœurs. Et ces règles de convenances transparaissent essentiellement par Mrs Edwards qui s’oppose fermement à un mariage pour des questions de fortune et de volonté de bon mariage. C’est une femme de caractère qui n’hésite pas à imposer sa volonté et ce, par tous les moyens pour ne pas perdre son honneur et sa fortune.

Et la fortune est le cœur même de cette société. Pour toute jeune fille issue d’une famille modeste, il s’agit de trouver un mari fortuné pour pouvoir avoir une vie descente et permettre à ses parents de vivre confortablement quand ils ne pourront plus travailler. Quant aux jeunes hommes issus de famille riche, leurs parents voudraient les voir épouser une jeune fille de leur classe sociale. Jane Austen, dans ses romans, va donc confronter ces deux univers que tout oppose pour les réunir envers et contre tout. Mais cela passera par de nombreuses difficultés et des personnages différents que tout oppose pour certains.

Des personnages aux caractères opposés

Comme toujours dans les romans de Jane Austen, les personnages ont des caractères diamétralement opposés mais tout les attire. Voilà qui donne du fil à retordre à l’expression « Qui se ressemble s’assemble. » Ainsi, Marianne & Élinor sont les expressions même de ces caractères opposés puisque l’une est sentimentale là où l’autre est plus raisonnée.

Mais cette différence est encore plus accentuée entre le Colonel Brandon et Monsieur Willoughby. En effet, Brandon est un personnage très discret, limite timide alors que Willoughby est très extraverti, sûr de lui-même et aime jouer avec les sentiments des autres. Willoughby apparaît comme un manipulateur là où Brandon joue franc-jeu.

Quand à Lucy Steele et Robert Ferrars, leur différence est tout simplement énorme et la fin est impensable à cause de cela. Jeune homme fier de lui qui a souvent critiqué Lucy, il finira par tomber sous son charme et à se remettre en cause. A l’inverse, Lucy est une femme qui aime conquérir et plaire mais qui reste très hautaine et imprudente.

En bref, un roman que j’ai eu plaisir à lire comme à voir le film. La plume de Jane Austen a su encore une fois me conquérir, me confirmant ainsi qu’elle est l’une des plus grandes auteures de son époque et une de mes favorites.

Bonne lecture !

Se Lit Très bien

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A propos Chouquette 345 Articles

Chouquette, chroniqueuse sur Songe d’une nuit d’été. Dévoreuse de livres et séries télé, accro à James Bond et Harry Potter. Le reste du temps, je suis étudiante en Droit et photographe amateur :)

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