Une enfance de rêve de Catherine Millet

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une enfance de rêve de Catherine MilletBroché: 286 pages
Editeur : J’ai lu (6 mai 2015)
Collection : J’ai lu Récit
Langue : Français
ISBN-10: 2290104647
ISBN-13: 978-2290104644
Prix éditeur: 7€60
Disponible sur liseuse: Oui

Son résumé:

C’est le récit fidèle d’une vie, ou plutôt d’une enfance écoulée dans les années 1950 en banlieue parisienne. C’est aussi le récit d’une naissance, celle d’un besoin impérieux d’écrire. Catherine Millet se raconte dans ces pages au fil desquelles, elle fait resurgir les figures familiales, les rencontres, les décors, qui ont façonné son appréhension du réel en même temps que son identité d’adulte. Récit de ses désirs et ses aspirations d’enfant, puis d’adolescente, aussi bien que genèse de son émancipation personnelle et de son rejet de la morale établie, ce texte est un authentique roman d’apprentissage.

Mon avis

Une enfance de rêve, un titre quelque peu ironique 

Une enfance et une adolescence vécues dans une banlieue modeste de la région parisienne, un père vendeur de voitures et une mère secrétaire qui s’entre-déchirent, un frère violent, un petit appartement où vivent cinq personnes, il y a plus rêvée comme enfance. Ce récit intime qui fait suite à La vie sexuelle de Catherine M. et Jour de souffrance retrace le parcours de la petite Catherine depuis la naissance de son petit frère jusqu’à la découverte la passion irrépressible qu’est l’écriture. Enfant mature et rêveuse, la jeune Catherine découvre très vite que la littérature et le cinéma sont une porte vers un monde imaginaire, plus ou moins extraordinaire, mais qui enrichit incontestablement son quotidien et la réalité. C’est sans doute là, la clé du titre. L’école, la famille, les lieux de son enfance, la foi,… tous ces thèmes traditionnels de l’autobiographie sont abordés dans ce roman qui se révèle d’une grande richesse.

Une belle plume, très classique

En effet au delà d’une reconstruction d’un passé, l’écriture de Catherine Millet est d’une virtuosité toute classique. Des descriptions minutieuses et des analyses précises des situations font d’Une enfance de rêve bien plus qu’une simple autobiographie. Loin de se contenter de raconter les faits et les événements, l’auteure entreprend une véritable réflexion sur les questions qui touchent à l’enfance et à l’adolescence. Tout est passé au crible du questionnement. Il en résulte une certaine distance face à ce qui est narré. L’adulte analyse les situations avec le recul de la maturité. Un travail sur soi minutieux et qui prend au fil des pages une dimension plus universelle. On évite ici l’écueil de la narration narcissique qui me déplaît parfois dans ce type de récit. Quelle que fut notre propre enfance, on trouvera forcément dans ces pages des passages qui font écho à notre vécu personnel. Un court extrait à propos de la passion de l’écriture de l’auteure et qui m’a particulièrement interpellée :

« Pourquoi dissimulons-nous nos aspirations si nous les croyons légitimes, si nous sommes persuadés de pouvoir les concrétiser? Par peur des moqueries bien sûr, mais pas tant parce qu’elles nous ridiculisent aux yeux des sceptiques que pour éviter de céder au principe de réalité qu’elles prétendent imposer et qui pourrait entamer la foi que nous avons en nous-mêmes et en notre avenir. […] L’ambition véritable ne mûrit que dans la solitude et elle attend son heure. »

Pourtant bien que les qualités d’écriture de Catherine Millet soient indéniables et le contenu remarquablement travaillé, j’avoue que certaines digressions, peut-être trop éloignées de moi, m’ont parfois paru longues. Une enfance de rêve n’est pas une lecture détente que l’on lit d’une traite. C’est une langue belle et riche mais qui suit une route parfois sinueuse et qui séduira les amateurs d’autobiographies classiques à la Jean Paul Sartre.

Très bon

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