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La fille automate de Paolo Bacigalupi

La fille automateBroché: 638 pages
Editeur : J’ai lu (2 mai 2013)
Collection : J’ai lu Science-fiction
Langue : Français
ISBN-10: 2290032662
ISBN-13: 978-2290032664
Prix : 8€

Résumé : Vous ne verrez plus jamais le Futur de la même manière.
La sublime Emiko n’est pas humaine. C’est une créature artificielle, élevée en crèche et programmée pour satisfaire les caprices décadents d’un homme d’affaires de Kyoto. Êtres sans âme pour certains, démons pour d’autres, les automates sont esclaves, soldats ou jouets pour les plus riches, en ce XXIe siècle d’après le grand krach énergétique, alors que les effets secondaires des pestes génétiquement modifiées ravagent la Terre et que les producteurs de calories dirigent le monde. Qu’arrive-t-il quand l’énergie devient monnaie ? Quand le bioterrorisme est outil de profit ? Et que les dérives génétiques font basculer le monde dans révolution posthumaine ?

Mon avis 

Pour ceux qui connaissent mes goûts en matière de littérature, je pense que vous serez étonnés de voir que je me suis plongée dans un livre de pure science-fiction. A vrai dire, j’espérais que La fille Automate me réconcilierait avec le genre car nous ne sommes pas vraiment amis. J’avais tellement entendu du bien de ce livre que je pensais vraiment et sincèrement apprécier ma lecture (car oui, il faut savoir goûter à tout). Je me suis plongée corps et âme dans ce pavé (un énorme pavé) essayant de me délecter de ce nouvel univers mais honnêtement, j’ai vraiment eu du mal à terminer ce livre. Non pas parce qu’il n’était pas intéressant mais parce que j’en suis convaincue, la SF et moi ne sommes vraiment pas amis. Je vous en dis plus, promis.

Bienvenue en Thaïlande

L’histoire se déroule au royaume de Thaïlande, après une période d’hyperconsommation qui a laissé de nombreuses traces dans notre monde : plus de ressources naturelles, une hausse des températures et du niveau de la mer et une pollution omniprésente, et l’apparition de nouvelles maladies et virus. Cela signifie par la même occasion qu’il n’y a plus de pétrole. Et sans pétrole, à vrai dire, les hommes ne sont plus grand-chose. Il n’y a donc plus d’énergie sur Terre et il faut à tout prix trouver un nouveau moyen de subvenir à ce manque d’énergie. En effet, même les hydrocarbures sont rationnés. Pouvez-vous vous imaginer dans un tel monde ?

C’est là qu’apparaissent de nouvelles énergies qui auraient pu révolutionner le monde : on aurait d’abord pu parler des mastodontes. Mais je vais vous parler d’une société étrangère (par rapport à la Thaïlande) qui va fabriquer des piles capables de stocker les joules, l’énergie humaine. Mais sous cette production, se cache en réalité un laboratoire clandestin, destiné à mettre au point des semences capable de résister aux épidémies. Pourquoi clandestin ? Parce qu’en effet, seules les sociétés caloriques ont le droit de produire, afin de garder le contrôle des pays et s’assurer un revenu confortable à cause de la dépense qu’elle crée. Vous voyez, un conflit va pointer le bout de son nez juste ici (et c’était couru d’avance). Sans parler de l’instabilité du Royaume de Thaïlande, quand certains ministères prônent le protectionnisme alors que d’autres cherchent à ouvrir le royaume à l’investissement étranger.

Le club des Cinq

Dans ce joyeux capharnaüm, 5 destins vont se mêler et s’entremêler, et surtout tenter de survivre dans ce monde post-apocalyptique : nous avons tout d’abord Anderson, un farang, personnage avide d’argent, travaillant pour Agrigen, recherchant des semences résistances ; nous suivons également un réfugié chinois Hock Seng qui tente de se reconstruire après avoir fui la Malaisie ; Jaidee et Kanya, qui sont fonctionnaires pour le ministère de l’environnement, et ne sont pas forcément ce qu’ils prétendent être (on les appelle également Les Chemises Blanches). Mais surtout nous avons Emiko.

Emiko, la fille automate, est tout ce qu’il y a de plus artificiel : c’est une personne créée de toutes pièces, juste là pour servir d’esclave qu’on peut maltraiter sans que cela pose un problème de conscience alors qu’elle dispose de capacités extraordinaires, tout comme les autres automates. C’est, à mon goût, la seule chose et les seules personnes qui m’ont complètement passionnée dans le livre. En effet, on va finir par s’interroger sur le futur de ces automates, et savoir s’ils auront le même avenir que les Cheshire, des chats transgéniques qui ont fait disparaître les autres.

Et si les automates étaient la clef pour vaincre toutes les maladies, épidémies ? Ils ne vieillissent pas, ne tombent jamais malades. Une révolution pourrait alors voir le jour : marre de devoir servir les hommes faibles et lents alors qu’ils sont des êtres exceptionnels. 

Une intrigue palpitante mais difficile à se mettre en place

J’ai trouvé la première partie du roman excessivement longue. En effet, même si je sais qu’il faut du temps pour placer tous les éléments d’un bon roman de science-fiction, ça m’a paru très long et j’ai longuement hésité avant de savoir si je voulais poursuivre ma lecture. Mais je déteste laisser une lecture en suspens et je voulais laisser une autre chance au roman. La deuxième partie est beaucoup plus palpitante. On commence enfin à voir se dessiner les intrigues et les enjeux du monde nouveau créé par l’auteur.

Ainsi se dessine un petit thriller politique sur fond de paysage Thaïlandais et j’avoue que c’est une première pour moi. Un dépaysement total, ça change de l’Angleterre ou de l’Amérique. C’est donc un complet paradoxe pour ce livre : tantôt passionnant, tantôt lent ; tantôt frais, tantôt lourd. J’ai quand même trouvé la traduction un peu étrange. Plusieurs fois, j’ai dû vérifier certains termes dans un dictionnaire afin de ne pas faire de contre-sens. Voici donc un livre de science-fiction à plusieurs voix, qui abordent des thèmes actuels mais de manière futuriste : la génétique, les conflits géopolitiques, un monde apocalyptique sans plus de ressources naturelles, et l’envie d’être toujours le maître sans s’ouvrir aux autres. C’est long, c’est étrange, mais c’est très bien ficelé même si certaines choses paraissent vraiment mais vraiment superficielles.

Je suis sûre que les amateurs de SF dévoreront ce livre de nombreuses fois primées. Pour ma part, seules les dernières pages du roman m’ont vraiment captivée, même si elles se révèlent, finalement, très prévisibles. Et je pense, notamment, que ce genre de livres me fait encore plus peur qu’un film d’horreur, car finalement, nous ne sommes pas vraiment à l’abri d’une ère nouvelle et j’ose espérer qu’elle ne se passera pas comme celle-là. Enfin, je vous conseille de jeter un coup d’œil à ce roman car en discutant avec beaucoup de personnes, je me suis rendue compte qu’il avait plu à bon nombres de mes connaissances.

Se Lit bien

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Songe d'une nuit d'été est un webzine culturel au féminin consacré à la littérature sous toutes ses formes entre autre chose, mais aussi aux séries TV, Films et tout ce qui touche au domaine du loisir.

5 Commentaires

  1. Comme Elora, faut vraiment aimer. Je ne me risquerais pas à le lire, même s’il a été primé plusieurs fois. Toujours sympa en tout cas de découvrir de nouvelles histories sur ton blog 😉

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