Les Damnés: Les Origines du mal – Epilogue

Alors qu’Anyanka annonçait à sa jeune sœur qu’elle venait de perdre le dernier membre de leur famille, Viktor faisait les cent pas devant la tente de Zoran et  commençait sérieusement à s’impatienter. Les sanglots qui s’échappaient de la hutte ne faisaient que renforcer son exaspération. A bout de patience, il voulut pénétrer dans la tente mais se heurta à un mur invisible qui lui barra l’accès :

–         Anyanka ! appela-t-il furieux

–         Qui est-ce ? demanda inquiète Noura à Anyanka en essuyant ses larmes.

–         Viktor…

–         Tu as emmené l’assassin de Waleda ici ? Nous sommes décidément aussi stupides l’une que l’autre. Elijah et Niklaus sont dans ma tente. Lorsque le rituel a fonctionné, ils étaient dans le village.

–         Oh non…Ils ne doivent pas savoir que je suis en vie, Noura. Ils doivent tous partir d’ici au plus vite, paniqua Anyanka.

–         Anyanka ! s’impatienta Viktor.

Anyanka et Noura se concertèrent un moment sur la marche à suivre et rejoignirent le vampire à l’extérieur de la tente.

–         Il y a un léger contre temps, Viktor : vos fils sont ici. Faites en sorte qu’ils partent au plus vite et je vous donnerai la dague.

–         Vous ajoutez des conditions à notre marché ? répondit-il contrarié.

–         Vous ne pouvez pas accéder à la dague sans moi. Dès que vos fils seront partis, je vous la remettrai. Noura va vous donner accès à sa hutte.

Viktor inspira profondément, agacé de devoir négocier avec ces deux gamines.

–         Très bien, je vous suivis, dit-il à contre cœur.

Noura conduisit le vampire à sa tente. Elle sentait son  regard posé sur elle et accéléra le pas, aussi mal à l’aise par la présence de Viktor qu’elle l’était par celle de Niklaus. Elle se fit alors la réflexion que malgré leur absence de lien filial, ces deux hommes se ressemblaient finalement beaucoup.  Arrivée à l’entrée, elle lui remit les vêtements qu’elle avait choisis pour Niklaus avant de l’inviter à entrer.

En voyant son père pénétrer dans la tente, Elijah se releva brusquement faisant trébucher le tabouret sur lequel il était assis. Il n’avait pas oublié la violence dont ce dernier avait preuve à son égard la veille et n’était pas prêt de lui pardonner son attitude envers son frère. Il ne se doutait pas  à ce moment qu’il aurait bien d’autres raisons plus noires encore de lui en vouloir. Viktor jaugea ses deux fils d’un air supérieur et jeta négligemment les vêtements aux pieds de Niklaus, qui toujours affaibli, était  assis sur le lit. Il lança un regard noir à son père avant de se relever péniblement pour se vêtir.

–         Que faites-vous ici ? finit par demander froidement Elijah.

–         Le rituel a fonctionné apparemment, commença Viktor en ignorant la question.

–         Quel rituel ? interrogea Niklaus perplexe.

–         Le rituel mit en place par Waleda, Anyanka et ta mère pour brider tes pouvoirs de loup-garou.

Niklaus laissa échapper une exclamation de surprise

–          Qu’est ce que ça signifie ? Qu’est –ce que mère vient faire là dedans ? demanda –t-il perplexe.

–         Il fallait le sacrifice d’un loup garou, d’un vampire et de celui d’une Petrova car son sang a déclenché la malédiction. Pour faire simple, Niklaus, tes parents et la femme que tu aimais se sont sacrifiés à cause de toi, expliqua Viktor, impitoyable. Bon, je te le concède, Ludwik n’a pas vraiment eu le choix…

Les deux garçons restèrent un moment pétrifiés, le souffle court. Sous le choc, aucun des deux ne parvenait à donner un sens aux paroles de leur père. Puis peu à peu, émergeant de cet état confus,  Niklaus sentit la colère l’envahir et se jeta soudain sur son père le plaquant  violemment contre le mur.

–         C’est toi qui as fait ça ? lui souffla-t-il, le visage déformé par la haine.

–         C’était leur choix, répondit-il en se dégageant violemment et en repoussant Niklaus qui encore très faible alla atterrir à l’autre bout de la pièce.

Le vampire dévisagea froidement le jeune homme et reprit :

–         Tes frères et moi partons demain, tu partiras de ton côté. Considère que tu ne fais plus partie de cette famille. Elijah, viens…

–         Non, murmura le jeune homme que la mort d’Anyanka et de sa mère avait littéralement anéanti. Je reste avec lui.

Une expression de dédain apparut sur le visage de Viktor.

–         Comme tu voudras, espérons que tu ne le regretteras pas, lança-t-il avant de quitter la tente sans même un regard envers Niklaus qui gisait toujours au sol.

Elijah sortit peu à peu de sa torpeur et se dirigea vers son frère pour l’aider à se relever. Les deux frères échangèrent un regard dans lequel transparaissaient toute la peine et la colère qu’ils ressentaient.

–         Elle a préféré mourir…elle a tué mon enfant…tout cela  me nuire, fulmina Niklaus.

–         Niklaus…

Elijah n’eut pas le temps de raisonner son frère. Celui-ci saisit la lourde table en chêne qui trônait au centre de la pièce et l’envoya voler contre la paroi en bois de la tente qui céda sous la violence du choc. Submergé par ses propres émotions, Elijah porta ses mains à ses tempes pour tenter de recouvrer un minimum de pensée rationnelle et faire taire tous ces sentiments qu’il ressentait comme une torture. Faire le vide, ne plus rien ressentir : ni peine, ni colère, ni amour, ni culpabilité. C’était la seule solution pour ne plus souffrir. Peu à peu, sa respiration saccadée devint plus calme, le tourbillon de ses pensées cessa brusquement. Il s’approcha de Niklaus et le força à lui faire face.

–         Ferme les yeux. Fais le vide Klaus. Fais-les taire.

Klaus resta un moment sans comprendre puis s’exécuta. Lorsqu’il les rouvrit, il adressa un sourire reconnaissant à Elijah avant de l’enlacer. Il se ressaisit rapidement et ajusta au mieux les vêtements trop grands de Zoran. Lorsqu’il jeta sur ses épaules le manteau de ce dernier, un bruit cristallin résonna au sol. De l’une des poches était tombé un pendentif orné d’une pierre d’ambre que Klaus ramassa et caressa du pouce.

– C’était à elle ? s’enquit Elijah.

–         Peu importe, décréta froidement Klaus en remettant malgré tout le bijou dans sa poche. Nous n’avons plus rien à faire ici. Partons.

–         Où allons-nous ?

–         Je ne sais pas mais loin d’ici, très loin…

Dehors, l’aube pointait déjà à l’horizon. Le vent violent s’était apaisé et avait laissé la place à une douce brise qui charriait avec elle toutes les senteurs de la forêt. Les deux hommes restèrent un moment à contempler le ciel se teindre de couleurs vives, profitant de cet apaisement que leurs pouvoirs leur offraient. Ils s’échangèrent un dernier regard complice avant de disparaître au cœur de la forêt.

~*~

–         Ils sont partis ? demanda Anyanka en voyant Noura revenir.

–         Oui, dit-elle simplement. Et Viktor ?

–         Je lui ai donné la dague. Il est parti également.

–         Qu’allons-nous faire maintenant ? l’interrogea la cadette au bord des larmes.

–         Enterrer ceux que nous aimons.

–         Je vais demander aux hommes d’aller chercher le corps de Waleda, proposa Noura.

–         Non , nous allons nous en occuper nous-mêmes. Je veux que personne ne sache où elle sera enterrée.

–         Pourquoi ? demanda Noura intriguée.

–         Nous devons cacher la pierre de lune qui permet de briser le sort. Waleda les protègera.

–         C’est fini alors ? reprit Noura au bout d’un moment.

–         Oui, c’est fini. Du moins je l’espère, répondit Anyanka en posant une main tremblante sur son ventre.

FIN

Merci à tous ceux et celles qui ont suivi cette première partie .

Mardi, je vous posterai le prologue du tome 2 : La Malédiction des Petrova

Vous retrouverez bien sûr Klaus, Elijah , Anya et Noura et de nouveaux personnages. 

Vous verrez ce qu’ils sont devenus 7 ans après le rituel et découvrirez quelles nouvelles  

menaces pèsent sur les deux frères et sur la famille Petrova.


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