Les Damnés : Les origines du mal – Chapitre 1: Pleine Lune

Les Damnés : Les origines du mal

Avant toutes choses, merci à Artemissia Gold de me permettre de vous faire partager cette fiction entamée depuis plus d’un an et demi et aujourd’hui terminée.

Quelques petites précisions s’imposent avant de vous lancer dans cette lecture qui je l’espère vous plaira autant que j’ai pris plaisir à l’écrire. J’ai débuté cette fiction à la fin de la saison 2 de TVD alors que nous ne savions  que peu de choses sur les Originaux. On connaissait Elijah et Klaus venait à peine de faire son apparition.  Leur histoire m’intriguait et j’ai eu envie d’imaginer ce qui avait pu être à l’origine de leur transformation. Vous ne trouverez donc dans cette fiction aucun Viking et aucun des membres de la famille tels qu’ils  sont présentés dans la série. En dehors d’Elijah et de Klaus, tous les autres personnages sont inventés. J’ai respecté le nombre d’enfants de la fratrie annoncée par Elijah dans l’épisode dans lequel il se confie à Elena, la première Petrova  ( qui ne s’appelle pas Tatia) et bien sûr la malédiction qui pèse sur Klaus. Concernant ce dernier, vous verrez, il est quelque peu différent de la série et pour cause on ne savait encore rien de lui.

Voilà, j’arrête là mon blabla et vous souhaite, je l’espère, une agréable lecture!

Disclaimer: Je ne touche aucun bénéfice financier de ces écrits. Les personnages appartiennent aux créateurs de Vampire diaries. Tous les autres personnages sont en revanche ma propriété et ne peuvent être utilisés sans mon accord. 

Les_Damnes

Chapitre 1 : Pleine lune

Un village bulgare, 11ème siècle

            Le soleil était déjà en partie dissimulé par la cime des arbres lorsque les hommes quittèrent les champs et se dirigèrent d’un pas lourd vers le village. La fatigue de cette longue et chaude journée de travail voûtait les silhouettes et rendait le chemin du retour long et pénible. Mais il n’était pas prudent de s’attarder hors du village à la nuit tombée et les hommes le savaient bien et accéléraient le pas. Un mois plus tôt, trois hommes avaient disparu une nuit, on avait retrouvé leurs corps atrocement mutilés au bord de la rivière. On avait d’abord cru à une attaque d’animal, probablement un ours, mais très vite une rumeur de plus en plus insistante s’était propagée. Des villageois, habitant près de la forêt, avaient entendu des hurlements terrifiants et inhumains la nuit des massacres. Les rumeurs enflaient et se propageaient aussi vite que la raison déclinait.  La présence de démons avait été évoquée et très vite la panique s’était emparée des habitants.  Les anciennes croyances avaient pris le pas sur la foi malgré les piètres tentatives du vieux prêtre du village pour amener  les habitants à prier. Mais ces derniers ne l’entendaient plus. On avait offert des animaux en sacrifice aux anciens dieux afin de demander leur protection et l’absence de nouvelles victimes depuis lors avait quelque peu rassuré le village. Mais une angoisse muette vidait malgré tout les champs et les ruelles dès les premiers signes du crépuscule.

Alors que chacun regagnait sa chaumière, un homme quitta discrètement le village et s’élança d’un pas rapide sur les chemins poussiéreux qui traversaient les champs cultivés. Arrivé à l’orée de la forêt, il s’arrêta brusquement et tenta de percer la pénombre qui avait déjà envahi les sous bois.

— Que fais-tu là ? rugit une voix rude mais familière derrière lui.

Le jeune homme, surpris, se retourna vivement pour faire face à son père.

— Où est ton frère Elijah ?

— Il ne devrait pas tarder, Père. Il est allé relever quelques pièges.

Elijah mentait mal, il le savait, et son père également.

— Retrouve cet imbécile rapidement ou il passera la nuit dehors peu importe ce qui lui arrivera ! ordonna-t-il d’une voix qui excluait toute contestation.

Viktor tourna le dos à son fils sans attendre sa réponse. Elijah, les sourcils froncés, regarda la haute silhouette paternelle s’éloigner d’un pas sûr et décidé. Viktor n’avait jamais été un père et mari affectueux, il aboyait plus qu’il ne parlait. Mais malgré le respect qu’il lui inspirait, Elijah ne parvenait pas à comprendre ni à accepter l’animosité grandissante entre son père et son jeune frère Niklaus. Les conflits de plus en plus fréquents entre les deux hommes le mettait toujours dans une situation délicate car, si le reste de la famille prenait le plus souvent le parti de leur père, Elijah, lui, éprouvait une réelle affection et de la compassion  pour Niklaus. Lui, qui était toujours si discipliné et tout en retenu, admirait l’impétuosité, le franc parler et même l’indiscipline de son jeune frère. Même quand, comme ce soir-là, il l’obligeait à mentir une fois encore à leur père.

Des craquements de branches tirèrent Elijah de ses pensées.

— Où étais-tu passé ? Tu aurais dû revenir depuis plus de deux heures ! lança Elijah exaspéré mais soulagé.

Un jeune homme blond arborant un sourire carnassier sortit  de l’ombre des grands arbres.

— Je n’ai pas vu le temps passer, répliqua ce dernier avec désinvolture.

— C’est la dernière fois que je couvre tes arrières. Tu dois cesser de te rendre là-bas si souvent. Si Père l’apprend….

— Eh bien quoi. Que fera-t-il ? l’interrompit Niklaus dont le sourire avait subitement disparu à l’évocation de son père.

— Il n’y a pas que lui, Niklaus. C’est toute notre famille que tu mets en danger en te rendant là-bas. Après ce qui s’est passé, les villageois sont soupçonneux et leurs réactions sont imprévisibles.

Elijah savait parfaitement que toute tentative de raisonner son frère était vaine et ses paroles, comme il s’y attendait, furent accueillies par un ricanement :

— Tu ne crois tout de même pas à ces histoires de démons Elijah ?

— Bien sûr que non, mais les villageois, eux, y croient. Et ton comportement et tes absences commencent à semer le doute et beaucoup se posent des questions. Et moi aussi, je te l’avoue.

Niklaus posa les mains sur les épaules de frère. Ce geste d’apaisement ne décrispa pas Elijah qui savait très bien que son frère allait tenter une fois de plus de l’amadouer.

— La prochaine fois tu viendras avec moi et tu verras par toi-même qu’il n’y a rien de démoniaque chez elle. Rentrons maintenant, il fait nuit. Regarde, mon frère, cette magnifique pleine lune…

Elijah leva les yeux. Au dessus des toits de chaume du village, une lune ronde, encore à peine perceptible dans les lumières du crépuscule, semblait guetter son heure.

~*~

Le lendemain, l’aube pointait à peine lorsque des coups répétés et violents à la porte d’entrée réveillèrent en sursaut la famille de Viktor :

— Qu’est-ce que c’est que ce vacarme ? cria-t-il en direction de la porte.

— Ouvrez maître…c’est Pétrus !

Viktor déverrouilla la porte et se trouva face à son jeune palefrenier. Celui-ci essoufflé par sa course depuis le village peinait à retrouver son souffle.

— Eh bien que se passe-t-il ? demanda Viktor impatient.

— Deux autres….corps….ont été….retrouvés. Le conseil…se réunit… ils vous attendent pour commencer, haleta le jeune garçon.

Viktor balaya du regard les membres de sa famille qui s’était réunie silencieusement dans l’entrée. Son regard froid s’arrêta sur Klaus qui se trouvait en retrait, appuyé contre la rampe d’escalier.

— Tu devrais te hâter. Ne les fais pas attendre, lui suggéra Suria en s’interposant instinctivement entre son mari et son fils.

— Tu as raison. Personne ne sort de cette maison avant mon retour, ordonna-t-il avant de claquer la porte d’entrée derrière lui.

Il était encore à plusieurs centaines de mètres de la salle du conseil, pourtant des éclats de voix  parvenaient déjà jusqu’à lui. Lorsqu’il entra dans salle surchauffée et bondée, le vacarme était assourdissant. Viktor joua des coudes afin de se frayer un chemin au milieu de la foule de villageois autorisés exceptionnellement à se trouver là.  Parvenant enfin au centre de la salle où se trouvaient les sièges des représentants du conseil, il prit place dans celui qui lui était assigné.

— Heureux que tu te sois enfin joint à nous Viktor. Nous allons enfin pouvoir commencer, déclara son voisin d’un ton de reproche.

Un homme plus âgé se leva alors et alla se placer sur une estrade au centre de la pièce :

— Mes amis ! Je vous demande le silence, ordonna-t-il.

Les clameurs s’apaisèrent progressivement et tous les regards se portèrent sur le vieil homme.

— Les événements tragiques de cette nuit ne laissent plus de place au doute. Des êtres démoniaques ont pris notre village pour cible et nous devons les débusquer et venger la mort de nos amis afin qu’ils puissent reposer en paix !

Les paroles du vieil homme furent accueillies par une salve d’applaudissements et des cris d’acquiescement.

— Vénérable Jeorgeï, vous avez raison : nous devons mettre fin à tout cela mais je doute qu’il faille chercher des démons, intervint l’homme qui avait apostrophé Viktor à son arrivée.

— Serais-tu,  Ludwik, en train de suggérer que le coupable pourrait être parmi nous ? l’interrogea Viktor.

— Depuis que tout cela a commencé, chacun est sur ses gardes et est attentif à ce qui se passe autour de lui. Des comportements suspects ont été rapportés. J’ignore s’il y a un lien….mais nous allons nous y intéresser de plus près.

Ludwik lança un regard plein de sous-entendus à son voisin. Les deux hommes se dévisagèrent longuement devant les regards inquiets des autres membres du conseil. La haine réciproque qui les animait était connue de tous sans que l’on en connaisse vraiment la cause. Cette rivalité avait débuté bien des années plus tôt et n’avait cessé de s’accroître prenant parfois des proportions dramatiques. Quelques mois plus tôt, Viktor avait ouvertement accusé Ludwik d’être le responsable de la mort d’un de ces serviteurs. Faute de preuves, l’affaire avait été réglée au sein du conseil dans la plus grande discrétion. Viktor et Ludwik étaient tous deux de riches propriétaires et des membres imminents du conseil, leur honneur ne devait pas être entaché aux yeux de la population par ce genre de scandale.  Pourtant, ce matin-là, Ludwik semblait vouloir rouvrir les hostilités :

— Mes gens m’ont rapporté avoir vu ton fils, Niklaus, à plusieurs reprises, tard le soir aux abords de la forêt. Sais-tu où il se rend ?

Devant le silence et l’embarras manifeste de Viktor, un sourire apparut sur les lèvres de Ludwik.

— Tu ne sais pas, n’est-ce pas ? Tu devrais peut-être lui poser la question…, dit-il d’un ton satisfait.

Viktor qui perdait visiblement patience s’apprêtait à répondre lorsqu’un membre du conseil prit la parole :

— Nous devrions peut-être nous intéresser à ce peuple nomade qui s’est installé de l’autre côté de la forêt. Ils se sont installés il y a quelques mois mais nous ne savons rien sur eux.  Nous devrions nous rendre là-bas afin de savoir si eux aussi ont été attaqués.

— Et s’ils sont hostiles ? demanda une voix dans l’assemblée.

— Eh bien de cette façon nous aurons d’autres suspects.

Tous les membres du conseil approuvèrent avec plus ou moins de conviction. Ludwik qui avait vu là une occasion de compromettre son rival, ne cacha pas son agacement devant ce qu’il décréta être « une perte de temps ». Mais les autres avaient tranché et il dut rapidement se soumettre à la décision du plus grand nombre. Le reste de la réunion fut consacré à la désignation des membres d’une délégation qui se rendrait dès le lendemain au campement de ces voisins encore inconnus.  Les discussions n’en finissaient pas et Viktor n’écoutait plus ce qui se passait autour de lui. Il n’avait qu’une seule chose en tête : rentrer et découvrir ce que son satané fils lui cachait.

3 réflexions au sujet de « Les Damnés : Les origines du mal – Chapitre 1: Pleine Lune »

  1. Merci Stephanie et Artemissia! Pour la suite du programme ce sera des rivalités, du sang, des larmes, une histoire d’amour tragique…. Tout un programme très réjouissant :p

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