FANFICTIONS- LADY OF THE NIGHT

Voici la fanfiction n°1bis du concours pour gagner ” Révélétion “

Bonne lecture !


Lady Of The Night

PAR: Lulu

« Comment est-ce possible ? Comment avons-nous pu en arriver là ? »
Je ne cessai de me répéter encore et encore ces questions dans mon esprit. En vain, car leur réponse me fuyait, telle la vie qui s’échappait inexorablement de Bella, et ce à mesure que les minutes passaient.
Bella : mon aimée, ma bien aimée, ma douce et tendre, mon amour, mon âme et mon cœur, mon Isabella.
J’essayais de me calmer, sachant que mon stress et mon immense colère face à mon impuissance sur le rétablissement de son état, n’aidait en rien mon entourage. Tout le monde était inquiet, je ne le savais que trop bien, voyant clair dans leur esprit. Et Carliste ne pouvait rien faire de plus pour elle. Il nous fallait attendre. Mais plus le temps passait, plus les battements de son cœur que j’affectionnais tant se faisaient rares et distants.
La voir ainsi m’emplissais de rage. Une rage qui m’était entièrement destinée. J’étais un monstre. Pas le monstre à travers lequel je me suis toujours vu en temps que vampire. Non. J’étais pire, mille fois pire que ça. J’avais osé blesser Bella. J’avais osé la condamner à une mort qu’elle ne méritait pas. J’étais le pire de tous.

Puis il est arrivé l’instant où son corps était dans un état tel qu’il fallait prendre une décision. Il fallait que je prenne une décision. Cette seconde fut une des plus longues que je n’ai vécues. Elle avait un goût amer que je ne reconnaissais que trop bien : celui de la seconde durant laquelle j’ai blasphémé que j’étais capable de vivre sans elle, puis celle où j’ai cru la perdre à jamais… Rien qu’à ce cruel souvenir, mon corps tremble violement de douleur ; et si j’avais encore un cœur vivant dans ma poitrine, celui-ci se serait serré jusqu’à cesser de battre. La douleur. Le vide. Ces moments je ne veux les revivre. Je ne peux. Je n’y survivrai pas.
Quelle ironie. Je me fais honte de penser à ma propre peine alors que ce n’est pas moi qui souffre le plus en ce moment.
Je suis un être égoïste et abjecte : j’ai le moyen de la sauvé, je l’ai toujours eu, et je perds un temps précieux à m’inquiéter de ma petite personne qui n’ai pourtant rien sans elle.
Je ne peux plus reculer. Connaissant les vœux de Bella concernant son désir d’être transformer en un être immortel et mon amour inconsidéré pour elle, je n’ai d’autre choix à présent…

Je me penchai doucement vers elle et l’appela dans un murmure. Dans son calvaire, elle m’entendit et pourtant me sourit. Son sourire, le seul que j’aime et que j’aimerai, à jamais… Je lui dis de me pardonner. Elle du me comprendre car elle me sourit à nouveau, encore plus merveilleuse malgré son état.
Ainsi, avec une lenteur toute humaine, je fis descendre mon visage jusqu’à sa gorge. Sa peau si délicate émettait la plus douce des fragrances et son sang, que je pouvais entendre à travers les veines à peines visibles qui parcouraient subtilement la surface de sa peau, la plus belle des mélodies. Alors, pour remercier le ciel de nous avoir fait nous rencontrer, d’avoir bien voulu qu’elle puisse m’aimer, j’y déposais un baiser.
Un chaste baiser tout d’abord, pour ne pas l’effrayer. Puis un baiser plus grave qui laissa deux traces le long de sa jugulaire. Bella se mit à respirer rapidement, sa température à grimper. Délicatement, je pris sa main comme la chose la plus fragile que l’on puisse trouver en ce monde et la porta à mes lèvres. Je recommençai ainsi mes baisers le long de son bras, puis de l’autre, tout en remontant vers sa poitrine, et m’attardant sur son cœur.

Ayant déversé dans son corps plus de venin que nécessaire, je me reculais du corps brûlant de ma bien aimée. Carliste s’approcha de moi et me félicita. Mais je ne méritais pas ces compliments. J’avais mené ma Bella à sa perte et à présent je la damnais à jamais. Je n’avais aucune raison de ressentir une quelconque forme de fierté.
Bien sur, je ne pouvais exprimer mon désarroi à mon père. Pas qu’il ne l’aurai pas compris, car nous en avons déjà parler longuement ensemble. Mais ce n’était pas le moment. Je pouvais lire dans les esprits de ma famille et de ceux qui veillaient Bella, qu’à présent il ne fallait plus qu’attendre en silence qu’elle puisse renaitre à nouveau.

Le silence me convenait, il m’a toujours convenu. Sauf lorsque je le rompais pour le remplacer par de la musique, le silence à toujours été ce à quoi j’aspirais, moi qui ne puis m’empêcher d’entendre dans l’esprit d’autrui. Jusqu’à ma rencontre avec Bella. Ce qui a toujours été une énigme pour moi, ma plus grande fascination et ma plus grande frustration.
Comme j’aurai voulu être capable de lire ces pensées à cet instant ! Mon père lui ayant injecté assez de morphine pour endormir un être de plusieurs tonnes, ma bien aimée semblait dormir d’un sommeil pure et profond… Ma Bella au bois dormant.
Mais peut être avons-nous eu tord. Et qui sait quels tourments elle doit endurer alors ! Rester ainsi et l’ignorer m’est insupportable ! Pourtant il me faut l’accepter et prier un dieu qui ne veut plus de moi qu’il la sauve elle. Juste elle. Rien qu’elle…

Je passais les heures suivantes à la contempler. Rien ne troubla mon regard. Elle s’abimait dans la lumière du jour qui déclinait, chose que je perçu à peine, trop occupé à graver à jamais dans ma mémoire chaque nuance de sa peau, chaque perfection de ses traits, chaque parcelle du corps de celle que j’aime et que pour rien au monde je ne voulais perdre.

La nuit était bien avancée et la lune haute dans le ciel, blanche et scintillante, lorsqu‘Alice ne tira de ma torpeur pour me rappeler que Bella avait bientôt se réveiller. Je la remerciais, elle et quelques dieux qui ont bien voulu répondre à mes prières.
M’approchant de son corps sans vie, j’essayais de ne pas m’arrêter sur sa nouvelle nature, et de me concentrer sur son éveil, m’inquiétant de ce qu’elle a pu ou dû vivre durant ces trop longues heures sans bruits. Je ne savais comment m’y prendre. Guettant la moindre de ses réactions, sur son visage, ses mains, mes doigts papillonnaient au dessus d’elle, sans pourtant oser la toucher, de peur de la brusquer.
Je l’appelais doucement, presque sans m’en rendre compte. Son nom jaillissait de mes lèvres et sonnait comme le plus beau des poèmes.

Après une attente qui me paru des siècles, Bella ouvrit enfin les yeux. Comme sortit trop brusquement d’un rêve (d’un cauchemar ?) elle semblait tout d’abord très désorientée. Je m’en inquiétais aussitôt, questionnant Caliste du regard. Mais il me rendit un sourire apaisé, me calmant quelque peu.
Mon attention reporta alors sur mon aimée. Elle me regardait aussi. Je me figeais immédiatement, nerveux de savoir sa réaction à me concernant. Sa transformation aura-t-elle eu une influence sur ses sentiments à mon égard ? Voudra-t-elle encore seulement de moi comme je voudrais toujours d’elle, malgré les promesses qu’elle m’a faites, malgré notre union devant les Cieux ? Une nouvelle vague de terreur me submergea, mais malgré la douleur qu’elle engendra, fit en sorte qu’elle ne se lise sur mes traits. Je ne veux pas qu’elle sache à quel point une rupture de sa part me terrorise. Je me plierai toujours à ses choix, peut importe leurs conséquences sur mon cœur. L’essentiel c’est qu’elle soit heureuse.

Ses lèvres de ma bien aimée, si fragiles, s’entrouvrir doucement, et murmurèrent les deux seul mots qui pouvaient me libérer de tous les maux qui l’enclavait alors : « Je t’aime ».
L’émotion me submergea. Et si il m’était encore possible de pleurer je l’aurais fait sans honte tant l’amour que j’éprouvais pour elle et la joie qui m’emplissait en cet instant était sans limites : « Bella ! Oh, ma Bella ! »
Plus rien n’avait d’importance. Elle était « en vie » et elle m’aimait. C’est tout ce qui m’importait.

Je ne vis que plus tard les changements physiques qui s’étaient opérés sur son corps, déjà originairement si beau. Alors qu’elle observait elle-même avec curiosité ses nouveaux attributs, je la détaillais de concert, m’émerveillant toujours plus devant tant de perfection. Elle était sublime. Que dis-je, somptueuse, resplendissante, magnifique… Les mots me manquaient face à tant de perfection. Mon mutisme sembla d’ailleurs l’inquiéter, comme si je pouvais lire dans ses yeux la peur de n’être plus aussi désirable ainsi, n’étant plus humaine en cette douce nuit. Quelle absurdité avait donc encore peuplé son esprit ?! Comme si il m’était un jour possible de ne plus la désirer ! Je lui souris en m’empressa de la prendre dans mes bras afin de calmer ses craintes. Mais aussi pout réduire à néant ces heures horribles où l’absence du contact charnelle de sa peau sur la mienne avait laissé un manque que je ne pouvais prolonger plus longtemps.

Sa peau, si chaude habituellement, à travers laquelle je pouvais aisément sentir son pouls qui s’accélérait automatiquement à mon contact, était à présent de la même teneur que la mienne. Idéalement tiède, blanche comme le marbre le plus pur sous les rayons de la lune et plus douce que la plus fine soierie ; elle s’emblait parfaite, faite pour aller avec la mienne. La pensée que je ne devais désormais plus faire attention à ce qu’elle ne gèle pas à mon touché m’emplie d’une joie nouvelle, et, renfermant un peu plus sur mon étreinte sur elle je me penchai pour l’embrasser.
Ce fut un baiser comme on en a jamais connu. C’était comme si on s’embrassait à nouveau pour la première fois, au retour de notre première ballade dans cette clairière que j’affectionne temps. Sauf que je n’ai plus à me retenir et elle plus à réfréner sa passion…
L’émotion atteignant son paroxysme et notre étreinte se resserrant plus encore, Bella dans son élan passionné (et ne contrôlant pas encore sa force de nouvelle née) manqua de justesse de me casser plus d’une côte. Je du le lui rappeler gentiment. Ce à quoi elle rit, confuse d’avoir failli me faire du mal, cependant amusé d’être maintenant celle qui doit faire attention à ne blesser personne au lieu de celle que l’ont doit protéger sans cesse. Je me joins à son rire magnifique, douce musique que je ne me cessai jamais d’entendre encore et encore, équivalent tous les trésors du monde à mes yeux.

Réalisant enfin que nous n’étions tous de même pas seuls dans cette pièce baignée par la clarté de la lune, et que les autres membres de la maisonnée attendaient eux aussi de pouvoir faire entendre leur ravissement face à leur nouvelle Bella. Nous nous reculâmes quelques peu l’un de l’autre, gardant seulement nos mains jointes pour aller à leur rencontre, ensemble.

FIN

Note : Une “Lady-of-the-night” est une variété de plante dont les fleurs ne s’ouvrent que la nuit (certains jasmins ou d’orchidées par exemple)

A propos Artemissia (Julie F) 4107 Articles

Créatrice et responsable du webzine « Songe d’une nuit d’été ». Un site culturel 100% féminin. Il est consacré à la littérature (romance, jeunesse, bit-lit, thriller, MxM entre autre chose), mais aussi aux mangas, à la BD, aux séries TV, Films et tout ce qui touche au domaine du loisir.

3 Commentaires

  1. Chère Arty, que dire si ce n’est magnifique texte. Je me suis « imprégnée » de toutes ses paroles, de chaque moments de ton histoire. Ta plume est un délice pour nos petits yeux. Ne cesse jamais de nous faire rêver avec tes Fanfictions.

    Un grand MERCI.
    Floe

  2. Chère LULU, je suis désolée j’ai cru que c’ètait Arty qui avait écrit ce fanfiction. Je m’excuse du plus profonds de moi. Je te félicite 1000 fois pour ce texte. Comme tu l’auras lu plus haut, j’ai adoré.

    Ps : encore toutes mes excuses.

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