
Les fonds marins sont un tombeau pour les rêves
De retour à Caer-Isel, Effy est enfin libérée du roi des fées. Avec Preston, elle a révélé qu’Angharad Myrddin est la véritable autrice de son roman préféré, exposant l’imposture de l’écrivain chéri du Llyr, Emrys Myrddin. Désormais première femme à étudier à la faculté de lettres, Effy subit la pression constante d’un monde collégial qui n’attend que son échec.
Tandis que les fantasmes d’Effy s’effondrent, Preston s’engage dans un projet secret avec le professeur Gosse, s’aventurant par-delà les frontières du réel. Il se met à rêver d’un palais sous la mer, d’un monde où il serait roi – des visions qui le hantent jusqu’au réveil.
La guerre entre le Llyr et l’Argant menaçant d’exploser, les deux jeunes gens se retrouvent alors pris entre deux feux : Effy perd ses rêves et Preston se perd dans les siens. Mais les songes ne sont-ils jamais que des illusions ?
J’avais adoré le premier tome, rencontrer la fragile Effy et le si droit Preston Helloury, deux étudiants qui se battent pour ce qui est juste, pour la vérité. Nous les retrouvons faisant suite à leurs aventures du premier tome. Effy va enfin réaliser son rêve : intégrer l’académie des Lettres et enfin vivre sans la présence constante du roi des fées, qui fut un vrai cauchemar ambulant pour elle.
Malheureusement, Effy demeure fragile et la double nationalité de Preston ne l’aide pas à passer inaperçu en temps de guerre. Surtout quand cette dernière prend de l’ampleur. Chacun de nos héros affronte ses propres démons (déjà bien colossaux) sans vouloir inquiéter l’autre. De fait, il y a une espèce de mur entre eux qui nous semble, à nous lecteurices, insurmontable.
De plus, si Effy ne rêve plus, c’est loin d’être le cas de Preston qui rêve d’un monde sous-marin et qui lui semble très réaliste. Où se termine le songe ou commence la réalité ? Tout se brouille dans ce tome. Une nouvelle fois, le côté onirique est très présent, conférant au récit un aspect encore plus lourd et grave (enfin, à mes yeux). Ici, c’est Preston qui fuit la réalité tandis qu’Effy n’y arrive plus.
Il y a aussi les combats d’Effy pour faire valoir ses droits de femmes au sein d’une académie entièrement masculine. Encore là, ce sera bien difficile pour elle qui ne s’est pas remise des dangers qu’elle a déjà traversé auparavant. Et puis, Effy est malade dans le sens où son âme ne s’est toujours pas réparé des horreurs passées. Mais une âme ne se répare pas d’un coup de baguette magique et même l’amour de Preston ne peut y faire beaucoup. Effy est à bout.
Ce livre parle du passé, du combat féministe, du deuil, avec la mort du père de Preston qui revient le hanter, mais également de la santé mentale et de la guerre, le tout sous des allégories oniriques qui sont aussi magnifiques que tragiques. Les textes étudiés par nos héros servent de métaphores passionnantes que j’ai pris plaisir à décortiquer avec eux.
Effy et Preston sont forts à leur manière et leur histoire compliquée m’a bouleversée. Ce roman, cette suite est plus sombre et plus dure à lire que le premier tome. Il y a des actes difficiles à lire et digérer, mais qui sont importants, car ils représentent l’état de nos deux héros.
J’ai lu Un Songe Illusoire d’une traite et même après avoir refermé ses pages, il me hante encore.
🍂🍄🟫Ma note : Coup de ❤️
Je tiens à remercier les Ed. De Saxus pour l’envoi de ce SP papier contre un avis non rémunéré.
Ce roman sort en librairie le 30 octobre 2025
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