Tour B2 mon amour de Pierre Bottero

Broché: 154 pages
Editeur : Flammarion (18 août 2010)
Collection : Tribal
Langue : Français
ISBN-10: 2081244950
ISBN-13: 978-2081244955
Prix : 7€50

Résumé : « Un coup frappé à la porte. Un surveillant entra. – Je vous amène la nouvelle élève, elle s’était égarée dans les couloirs. La fille pénétra dans la classe. C’était elle, bien sûr, pensa Tristan. Comme si tout était écrit à l’avance. – Je le crois pas ! tonitrua Said. Tristan a flashé sur cette meuf ! Un silence total s’abattit sur la classe. Tristan avait une drôle de boule nouée à l’intérieur du ventre. Une boule faite d’un sentiment étrange qu’il n’avait pas envie d’analyser. Pas encore ». Dans la rue de Vienne où se dresse la tour B2, un premier amour s’écrit sur le béton.

« Et maintenant, il était paumé. Déchiré entre des pulsions contradictoires, il ne savait que penser. L’image de Clélia se superposant à celle de ses copains, les accents de sa voix, ses mots formant une cacophonie avec le langage de la cité, il ne savait qu’écouter. Son passé luttant contre un futur à peine esquissé, il ne savait que croire. »

Mon avis

Ah là là, je suis encore sortie toute chamboulée par ma lecture. Je commence à devenir accro à ce sentiment de plénitude quand vous tournez la dernière page d’un livre que vous avez littéralement dévoré. C’est bon, ça fait du bien, ça vous donne des ailes et vous n’espérez qu’une chose : lire un autre bouquin pour pouvoir, encore une fois, retrouver cette sensation magique. Et bien, c’est ce qui s’est passé avec ce livre, cette petite pépite dont la quatrième de couverture m’a convaincue de suite. Sans mentir, ce genre de petit roman (que j’ai dévoré en une heure), me laisse penser que l’écriture est peut-être  la plus belle des choses qui soit. Je vous laisse découvrir de ce pas mon avis et mon ressenti.

De la campagne à la cité

Tristan habite dans une cité, là où il est si facile de se laisser bouffer par les plus durs que soi, là où il est si facile de se laisser entraîner dans la spirale de la violence et de la délinquance. Tristan ne laisse pas ses émotions l’envahir, non, ça serait montrer un quelconque signe de faiblesse. Tristan vit désormais seul avec sa mère, alors que son père a demandé le divorce. Pourtant, il lui avait promis une vie loin de la cité, une vie loin du béton, dans un pavillon avec un jardin. Là où il pourrait s’épanouir sans avoir peur des retrouvailles.

Clélia vient juste d’arriver dans la cité, alors qu’elle vivait, il y a encore quelques temps, dans une sublime maison, là où elle avait tous ses repères. Son père est écrivain et elle tient son nom du livre La Chartreuse de Parme (un grand classique de Stendhal). Sa mère est décédée alors qu’elle n’avait que 4 ans, emportant également une partie de son père. Son plus grand ami est un sycomore, qu’elle surnomme Tom Bombadil. Clélia est une originale, douée en littérature alors qu’elle coule en mathématiques.

Clélia a la plume magique, le cœur pur et Tristan va l’apprendre à ses dépens.

Un coup au coeur

Tout commence autour d’un cadavre de chat, abattu par un fou de la cité qui tire sur tout ce qui pourrait bouger. Tristan va faire la connaissance de cette fille qui pleure sur le cadavre de l’animal, cette fille avec ce manteau trois fois trop grand pour elle, cette fille à la coupe garçonne, cette fille aux yeux gris si intenses, si pénétrants. Comment peut-on s’émouvoir du meurtre d’un chat, lui qui ne vit pas si longtemps que ça après tout ? Pourtant, c’est ce chat qui va permettre à nos deux héros de se rencontrer. Tristan va se poser des questions sur cet ovni de fille.

Pourtant, dans la cité, il est difficile de se montrer avec une fille. Alors quand Clélia débarque dans sa classe et qu’il se fait charrier, c’est le début de la fin pour lui. Son pote Saïd va franchir la limite et va permettre à Tristan d’aller au-delà de ses peurs. Mais peut-on vraiment oublier celui qu’on était avant ? Clélia va en faire la douloureuse expérience quand Tristan va essayer de prouver à son ami d’enfance Mourad qu’il n’a pas changé. Mais Clélia va lui donner des ailes et il va faire ce qui est, pour lui, l’impossible : quitter sa cité pour la retrouver, où qu’elle soit. Avec peut-être un coup de pouce du destin et peut-être même une aide inespérée.

Un roman magique

Le livre est court, trop court à mon goût et c’est bien là le seul petit regret que j’ai. Mais l’histoire m’a transportée, comme toutes les très bonnes histoires d’amour que j’ai pu lire. J’ai adoré le cheminement que l’auteur a pris pour nous montrer à quel point l’amour peut faire changer un homme (et une femme ! ^^). On va suivre l’évolution de Tristan, de la peur qu’il éprouve envers ses sentiments à l’explosion au creux de son cœur. D’abord réticent à l’idée de ressentir de genre de choses, il va se laisser amadouer par la beauté et par l’esprit pure de notre chère Clélia. Il va apprendre, à son contact. Il va grandir, il va s’affirmer, et il va découvrir que peu importe l’endroit, la vie put nous sourire et nous offrir des cadeaux inattendus. Comment aurait-il pu imaginer tomber amoureux au milieu du béton ? Quant à Clélia, elle va apprendre à s’ouvrir, elle va apprendre à vivre avec ses idées farfelues, elle va enfin découvrir ce que l’autre peut apporter. Elle va apprendre à ses confier autre part que sur un carnet. Elle va prendre conscience des sentiments qu’elle a, elle va s’abandonner puis finir, peut-être, par être blessée et déçue. Leur rencontre va tous les deux les pousser à s’ouvrir aux autres, mais surtout à eux-mêmes.

La plume de Pierre Bottero est juste époustouflante à mes yeux. Une histoire d’amour somme toute banale qui va se révéler, grâce à la magie des mots, superbe. Une belle leçon sur l’amour, une belle leçon sur la vie. Un livre qui va me marquer, tant par la douceur, que par la fraîcheur et la pureté qui se dégagent de cette histoire entre deux êtres que tout aurait pu opposer. Assurément, un excellent roman que je conseille à tout le monde, accessible à tous, qui se lit rapidement mais qui vous permettra de vous évader le temps d’un instant.

 
A propos RockAndStone 517 Articles

Charlie – Rockandstone, passionnée de musique et amoureuse des livres.
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5 Commentaires

  1. J’ai lu ce livre il y 2-3 ans, je l’avais littéralement adoré. Je connaissais Pierre Bottero pour ses romans fantastiques (Ewilan, Ellana) et j’ai toujours aimé sa plume : cette histoire réaliste m’a tout de suite convaincu, elle montre que l’amour n’est pas une question de rang social ou autre et à quel point quelqu’un peut nous en apprendre tant sur le monde que sur nous-mêmes.
    Belle description en tout cas ! 🙂

    • Coucou ! Et merci pour ton commentaire. C’est vrai que ce roman a été un vrai coup de coeur pour moi. Une grosse centaines de pages sur un hymne à l’amour. C’est simplement envoûtant. Je vais bientôt me pencher sur les autres livres de P. Bottero !

  2. Il est magnifique. Bouleversant. Empreint d’une douceur infinie, de sourires, de larmes, de rires. D’une poésie troublante, à fleur de peau. De sentiments vécus et partagés. De tristesse et de joie, de colère et de peine. Un chef-d’œuvre. Quel dommage qu’il soit si court…
    Bravo à Pierre Boterro, et même si il n’est plus là pour entendre cela, je voudrais lui dire merci. Merci.

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