La malédiction des Vurkolak
— Sors d’ici, Noura ! Laisse-nous travailler, gronda Waleda en levant sa canne dans un geste faussement menaçant.
— Grand-mère laisse-moi rester, je veux apprendre moi-aussi ! s’exclama la jeune fille en lançant un regard suppliant en direction de sa sœur pour qu’elle intervienne en sa faveur.
— Dehors ! ordonna Waleda.
La jeune fille fit une moue de dépit avant de quitter rageusement la tente.
— Pourquoi ne la laisses-tu pas rester ? Tu pourrais lui transmettre à elle-aussi ton savoir, demanda Anyanka occupée à préparer un onguent pour soulager les douleurs.
— Ca ne servirait à rien, c’est toi l’aînée. C’est la règle. Et puis, ta sœur n’est qu’une écervelée que ton père devrait marier au plus vite avant qu’elle ne se fasse engrosser par le premier imbécile venu. Si ta pauvre mère était encore parmi nous, ça ne se passerait pas comme ça. Votre père vous laisse beaucoup trop de liberté… Fais attention à ce que tu fais, tu es en train de gâcher la préparation, réprimanda la vieille femme de son ton bourru habituel.
— Pardon Grand-mère, je suis distraite, excusa Anyanka confuse.
La jeune fille laissa la guérisseuse prendre la relève. Waleda tout en remuant vigoureusement la préparation, lança un coup d’œil à sa petite fille qui effeuillait machinalement une branche de buis, les yeux perdus dans le vague.
— Et cette « distraction » aurait-elle un rapport avec ce jeune homme… Elijah ?
Anyanka, prise au dépourvu, tourna le dos à la vielle femme pour masquer son trouble et s’affaira à ranger les différents pots d’ingrédients posés sur la table.
— Tu te fais des idées Grand-mère, mentit-elle d’une voix mal assurée.
— Je suis vieille mais pas gâteuse, Anya. J’ai bien vu les regards que vous vous êtes échangés ce matin à leur départ.
— Il était inquiet pour sa famille et on ne peut pas dire que tu ais fait preuve de beaucoup de compassion et d’empathie à ce sujet, lui reprocha-t-elle.
— Cette famille n’apportera que le malheur…je le sens.
— D’après ce que tu as dit, ce sont eux qui sont menacés par ces créatures. Pourquoi ne leur viens-tu pas en aide ? demanda la jeune fille inquiète à l’idée qu’il puisse arriver quoique ce soit à Klaus et même si elle refusait de se l’avouer à Elijah.
— Parce que je n’en aie pas le pouvoir…répondit Waleda tout versant sa mixture dans des pots d’argile.
— Je sais très bien que c’est faux ! Leur village n’est qu’à deux heures de marche d’ici, pourquoi ne nous attaquent-elles pas aussi ? insista Anyanka que les secrets et les mensonges de sa grand-mère commençaient à exaspérer.
La vieille femme posa brusquement les pots sur la table et se retourna pour faire face à sa jeune élève visiblement désemparée. Elle la fit asseoir et prit ses mains dans les siennes.
— Tu veux tout savoir ? Très bien, mais je ne suis pas sûre que tu sois prête à l’entendre.
Waleda garda le silence un instant comme pour trouver les mots appropriés et reprit :
— Ces créatures sont victimes d’un sort puissant et indéfectible. Cette malédiction est liée au sang et se transmet de génération en génération. C’est une punition Anya. A chaque pleine lune, la bête qui sommeille en ces hommes et femmes se réveille ainsi que leur soif de sang.
— Qu’ont-ils fait pour mériter une chose pareille ? demanda Anyanka quelque peu effrayée par les mots et le ton grave de la vielle femme.
— Il y a quelques décennies un peuple nomade, comme le nôtre, a voulu s’installer près un village de l’autre côté des montagnes. L’arrivée de ces familles a été très mal perçue par les villageois. Le bon sens a fait place aux rumeurs et chaque évènement grave, sécheresses ou inondations, maladies ou morts inexpliquées, leur étaient imputées. Très vite les premiers conflits ont eu lieu entre les villageois et ces étrangers pourtant pacifiques. Un jour, les villageois ont découvert le cadavre sans vie d’une jeune femme au bord de la rivière à quelques lieues du village. On l’avait vu échanger quelques mots avec un jeune homme appartenant à l’autre peuple, il n’en fallut pas plus pour en faire le coupable idéal. Mais ils ne se contentèrent pas d’exécuter ce malheureux innocent, toute sa famille a été massacrée.
— Les siens se sont vengés ? demanda Anyanka fascinée par le récit de Waleda.
— Oui, parmi eux il y avait une femme dont les pouvoirs étaient semblables aux nôtres. Elle utilisait les forces et les énergies de la nature pour protéger et guérir les siens. Après le drame, son peuple la supplia d’intervenir et c’est ce qu’elle fit : elle maudit tous les habitants de ce village dont les descendants seront condamnés à jamais pour les crimes de leurs ancêtres.
— Tu dis que ses pouvoirs étaient été semblables aux nôtres mais nous ne pouvons pas faire ce genre de choses, Grand-mère, s’étonna Anyanka .
— Elle était plus puissante qu’il n’y paraissait et les forces qu’elle a invoquées n’ont rien à voir avec la nature. Tu voulais savoir pourquoi ces créatures ne nous attaquaient pas alors que nous sommes si proches d’elles ?
Anyanka acquiesça de la tête, redoutant par avance la réponse qu’elle pressentait.
— Je peux nous protéger d’eux parce que nous sommes à l’origine de cette malédiction. Cette femme qui a maudit ce village était ma mère.
~*~
Niklaus marchait d’un pas rapide sur le chemin menant au village, ravi d’avoir pu s’échapper de la propriété sans histoire. Son père et son frère n’étaient pas rentrés, ses autres frères étaient tous avec leur propre famille et pour sa mère, un simple baiser avait suffi à la convaincre, malgré la tombée de la nuit imminente. C’était l’occasion rêvée d’aller prendre du bon temps à la taverne sans craindre les remontrances de son père ou de supporter les regards désapprobateurs d’Elijah.
— Klaus ! cria une petite voix derrière lui.
Le jeune homme s’arrêta net et secoua la tête en soupirant de contrariété. C’était trop beau pour que cela dure. Il avait oublié un léger détail, détail qui courrait vers lui en lui faisant de grands signes de la main.
— Par tous les dieux Mila ! Qu’est-ce que tu fais là ? Retourne à la maison ! ordonna-t-il d’un geste de la main.
— Il va bientôt faire nuit…, dit-elle à bout de souffle.
— Raison de plus pour que tu déguerpisses d’ici, la coupa-t-il visiblement contrarié de voir ses projets remis en cause par une gamine.
— Rentre avec moi, Klaus, supplia la jeune fille, c’est dangereux de rester tout seul dehors.
— Rassure-toi, je ne vais rester ni tout seul ni dehors, ironisa Niklaus en reprenant sa route.
Mila, qui avait le même tempérament obstiné que son frère, lui emboîta le pas.
— D’accord, si tu ne veux pas renter, je viens avec toi. Je ne veux pas rentrer toute seule, il fera nuit avant que j’arrive, déclara la jolie rousse d’un air buté.
— Personne ne t’a demandé de jouer les fouineuses et de me suivre. Rentre ! répéta Niklaus inflexible.
— Et s’il t’arrivait quelque chose sur le chemin du retour ? J’ai un mauvais pressentiment, Klaus, souffla-t-elle en essayant de suivre le rythme effréné que lui imposait son frère qui tentait manifestement de la semer.
Niklaus s’arrêta pour considérer la silhouette délicate de sa jeune sœur et éclata d’un rire moqueur :— Et tu comptes me protéger en venant avec moi?
— S’il te plait…
— Non ! Trêve de discussions ! Tu vas rentrer, maintenant, ordonna-t-il redevenant tout d’un coup sérieux.
Désemparée et impuissante à le faire changer d’avis, Mila regarda son frère s’éloigner.
— Quelle tête de mule ! Fichu égoïste… se dit-elle à voix haute.
Si seulement Elijah était là, il aurait pu le convaincre ou l’accompagner comme il le faisait toujours. Elle était toujours étonnée de constater à quel point ses deux frères pouvaient être différents mais elle les aimait tout autant. De toute la fratrie, ils étaient ses préférés l’un parce qu’il était prévenant et attentif, l’autre parce qu’il lui avait appris ses plus belles bêtises. Elle se souvenait encore de l’été de ses dix ans où Klaus avait réussi à la convaincre de monter dans le grand chêne qui se trouvait près de la mare derrière la propriété pour jouer un tour à Elijah. Elle avait réussi à monter malgré ses encombrants jupons et s’était installée pour voir ce pauvre Elijah paniqué après que Klaus lui ait dit qu’elle était tombée dans la mare. Elle avait bien failli se briser le cou en descendant et Elijah, furieux contre son frère, l’avait violemment frappé. Elle s’en était voulu en voyant le regard courroucé du jeune homme et avait cessé depuis ce jour de considérer Klaus comme un modèle à suivre.
Le hululement d’une chouette l’extirpa de ses pensées. Il commençait à faire très sombre et Niklaus était déjà hors de vue. Mila reprit le chemin du retour d’un pas rapide. Lorsqu’elle aperçut les lueurs des lanternes de la propriété, il faisait déjà nuit noire. Mila s’efforçait de ne pas trébucher sur le chemin caillouteux quand soudain, un frisson la parcourut. Elle s’arrêta brusquement tentant de percer les ténèbres qui l’entouraient pour comprendre. Un silence oppressant s’était tout d’un coup abattu autour d’elle. Les chants des grillons et des quelques oiseaux qui se manifestaient encore à la nuit tombée s’étaient tus. Même la douce brise du soir avait cessé de faire danser les feuillages. Quand elle entendit le grognement sourd de l’animal derrière elle, elle eut le souffle coupé. Il était déjà trop tard.

J’aime toutes ces fanfictions. Bravo à toi. J’ai lu egalement celui que tu as posté sur Twitter, j’adore. vivement la suite ….
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Merci Julie! Contente que les deux te plaisent même si elles sont assez éloignées de l’univers de la série ;)
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Je ne regarde pas TVD. bon j’ai déjà suivi un épisode ou deux ( donc je connais un peu les personnages principaux) mais je ne suis pas la série. Par contre j’aime bien les fan fictions qui en découlent. À suivre
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Ah bah comme ça tu ne seras pas dépaysée XDD
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J’ai peut être mal vu, dans les commentaires ou peut être ai-je loupé quelque chose; dans ce cas, veuillez me pardonner. Mais c’est moi ou on est passer du chapitre 4 à 6? Ou est le chapitre 5?
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Désolée c’est de ma faute. Les chapitres de la fiction d’origine étaient plus courts j’en ai fusionné certains. je me suis emmêlée les pinceaux :\ .Je vais voir avec Artemissia pour changer cela. Mais il ne manque pas de chapitres . Le 6 est la suite directe du 4 . Merci de me l’avoir signalé :)
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Pas de problème ^^ Merci à vous. Et bonne continuation pour la suite, j’adore :D
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Merci beaucoup ^^
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