ENTRETIEN AVEC LA MORT

Je m’appelle Jasper Whitlock… ou serait-ce plutôt Jasper Hale ? Je suis né en 1843… ou 1863 ? Mon histoire personnelle a-t-elle commencé à l’aube de ma vie humaine ? Ou bien plutôt le jour de ma métamorphose en vampire ? Le temps passant, ce Jasper Whitlock est devenu un étranger à mes yeux, comme un lointain ancêtre au travers duquel j’ai pu être le témoin privilégié de sa courte vie…

la Mort

Bien des années se sont écoulées depuis ma « mort », et j’observe avec mélancolie et impuissance mes  souvenirs d’humain s’estomper peu à peu, les visages des êtres que j’aimais se dissolvant lentement dans un épais brouillard. A travers mon journal, j’ai tenté de sauvegarder des vestiges de ce passé, pitoyable tentative pour ne pas oublier.  Cette vie m’est devenue étrangère, lointaine, et pourtant elle m’est si chère… Comprenez-vous ? Cette vie, ces souvenirs, c’est tout ce qu’il me reste de mon humanité… et je refuse de la laisser s’échapper.

Cependant, ce serait mentir de dire que je n’ai plus que des souvenirs vagues et imprécis de ma vie humaine. Il en est un dont je me souviens avec une acuité étonnante : ma première confrontation avec la terrible Faucheuse, la première d’une longue liste qui suivrait bientôt…

J’avais quinze ans, peut-être seize… vraisemblablement plus… ou moins…  Quoiqu’il en soit j’étais bien jeune et ignorant.

Il me suffit de fermer les yeux pour la revoir. J’aurais aimé avoir la vision d’elle telle qu’elle était avant, son beau visage juvénile aux traits d’une finesse exquise, son cou gracile et délicat, ses grands yeux azur me regardant avec tendresse et dévotion…  Mais ma mémoire se refuse obstinément à me la montrer au temps de sa splendeur, et je n’ai d’elle que le souvenir de sa déchéance.

Lorsque je pense à elle, je la vois étendue sur son lit, inerte, les joues creusées,  les traits tirés. De la sueur perle les long de ses tempes, collant ses cheveux dorés contre sa peau jaunie. Son regard autrefois pétillant n’exprime rien d’autre que douleur et lassitude, ses lèvres sont craquelées à cause de la déshydratation et du sang s’écoule des petites crevasses. Je me vois, moi, tenant ma main serrée dans sa paume brûlante et moite, me maudissant intérieurement face à l’impuissance dans laquelle je me trouve à la soulager du mal qui la ronge.  Elle est prise de soubresauts, je lui tends la bassine et lui tire les cheveux en arrière, caressant doucement son front tandis qu’elle vomit du sang presque aussi noir que du charbon. Elle est condamnée, je le sais, je l’ai su dès l’apparition des premiers signes de la maladie, et pourtant je me refuse à la laisser partir. Mais que puis-je faire ? Je serre la mâchoire à m’en faire mal et tente de réfréner les larmes qui me montent aux yeux. J’approche encore ma chaise du lit. Son visage se crispe une nouvelle fois sous la douleur. Si seulement j’avais le pouvoir d’apaiser sa souffrance…  Mais la crise ne dure pas.

Pourquoi elle ? C’est injuste, elle est bien trop jeune, sa vie ne peut pas se terminer si tôt ! Mon regard se pose sur le chapelet qu’elle a autour du poignet, j’ai envie de le lui arracher et de le jeter par la fenêtre, hors de ma vue. Mais je n’en fais rien, je sais qu’elle en serait affligée alors je ne bouge pas et j’attends, j’attends…

Le soir arrive. Il fait une chaleur suffocante. Dehors, un orage menace. Un gémissement me tire de mes pensées macabres.  Elle exerce une légère pression sur ma main, elle a tellement peu de forces que je la sens à peine. Je lève les yeux vers elle et elle me sourit avec résignation. Son visage, toujours livide, semble néanmoins apaisé. Elle n’a pas besoin de s’exprimer, je comprends. Je comprends que tout est terminé, je comprends qu’elle abandonne la bataille, je comprends que bientôt elle ne sera plus là. Je la supplie de continuer à lutter, de ne pas baisser les bras, je ne peux pas croire qu’elle va partir, pas ce soir, pas comme ça. Mais elle ne m’écoute pas, elle me dit qu’elle m’aime, et je comprends qu’elle me fait ses adieux. Des larmes silencieuses coulent le long de mes joues, je ne parviens plus à les retenir. Je me penche vers elle et dépose un baiser sur son front brûlant, enfouissant mon nez dans ses cheveux afin de me rappeler de son parfum même après sa… Non je me refuse à employer le mot. Ce simple mot qui va m’arracher à elle pour toujours. Bientôt, son corps fiévreux sera aussi froid et immobile qu’une statue de marbre et ses paupières se fermeront pour l’éternité sur ses magnifiques yeux bleus… c’est long l’éternité.

Je me recule pour mieux la voir. Avec difficulté, elle soulève son bras chétif et pose sa main contre ma joue qu’elle caresse affectueusement. J’ébauche un sourire qui se transforme bien vite en grimace. J’ai toujours été un piètre acteur. Je tâche de ne pas écouter sa respiration qui se fait de plus en plus rauque et irrégulière et ferme les yeux. Plusieurs secondes s’écoulent… ou plusieurs minutes… Je perds le fil du temps. Soudain, son bras retombe contre les draps en un bruit sourd. Les battements de mon cœur s’accélèrent et je rouvre les paupières avec appréhension.

C’est fini… Ma sœur n’est plus…

Pourquoi mon esprit se souvient-il de cet évènement avec autant de précision ? Pourquoi celui-là précisément ? Peut-être est-ce pour me faire réaliser l’ampleur de ce que représente la perte d’un être cher. En tant qu’immortel parmi des immortels, la mort était devenue une notion totalement abstraite pour moi… Du moins jusqu’à ce que ce souvenir longtemps enfoui dans ma mémoire refasse surface, m’incitant à m’interroger sur ce qui n’était alors que de la nourriture . Combien ai-je tué de sœurs, de mères, de filles ? Combien de frères, de pères, de fils ont porté le deuil à cause de moi ?

56 Commentaires

  1. Cher Jasper,
    Je trouve simplement ton texte bouleversant. Est-ce le souvenirs de cette évènement qui t’as fait prendre conscience de ce que tu ne voulais plus être, un tueur? Je trouve ça très noble de ta part, mais en même temps cela à du être si ardue… Et est-ce que t’as rencontre avec Alice y est pour beaucoup?
    En tout cas je vous souhaites tout le bonheur du monde dans votre éternité à elle et à toi.

    Amicalement.

    Co’

    • Co’,

      Effectivement, ce souvenir a été l’un des nombreux éléments déclencheurs qui m’a fait changer de régime alimentaire. Après des années à me nourrir de sang humain, j’en avais presque oublié ce que la mort signifiait. Pour moi, elle n’était plus qu’une simple formalité que chaque humain devait accomplir à un moment donné, et je ne faisais qu’avancer la date fatidique. Mais en me remémorant cet épisode de ma vie, je me suis rendu compte que la mort d’une personne impliquait bien plus que cela, et que je n’avais aucun droit d’y mettre un terme…
      Puis lorsque j’ai rencontré Alice, je me suis rendu compte que je n’étais pas obligé d’être un assassin et qu’il existait une alternative.

  2. il ne faut pas te dire ça, tu ne savais qu’il y avait une autre solution, et si ce souvenir est si vif c’est surrement parce que c’est le plus marquant dans ta vie humaine, les souvenir les plus tristes sont ceux qui nous marquent le plus.
    Quoi qu’il en soit, ne pense plus aux erreurs que tu as pu faire, maintenant tout a changé, tu as Alice près de toi et tu protèges tes semblables. Sois fort Jasper
    bizoux

  3. Jasper,

    Tu m’as vraiment bouleversée.Ce que tu racontes là est vraiment triste.J’en ai presque les larmes aux yeux.
    Cela a dû être terriblement dur pour toi.
    J’en suis désolée.

    Bien à toi.

    Coralie.

    • Coralie,

      cela a effectivement été une épreuve très difficile pour moi, mais c’est tellement loin maintenant. Je me souviens parfaitement de mes émotions du moment, et j’ai voulu les retranscrire telles quelles. J’espère y avoir réussi, même si les mots ne restent que des mots.

  4. cher Jasper,
    ton écrit m’a particulièrement touchée … ce souvenir est trés parlant et trés touchant, je comprend mieux ta peine et ton chagrin. Cela à vraiment du être un moment éprouvant pour toi.
    Je ne sais trop que dire, sinon qu’à présent, ceci est derrière et que tu a Alice pour t’aimer autant que tu le mérite, je te trouve trés courageux d’avoir oser partager ce moment avec nous, merci beaucoup car cela nous permet de mieux te comprendre toi le grand timide et le plus calme de cette formidable famille 🙂

    Passe le bonjour de ma part à ta femme ainsi qu’a toute ta famille, amicalement cynthia.

    • Cynthia,

      est-ce du courage que d’évoquer ce souvenir particulièrement douloureux? Ou bien de l’égoisme? Peut-être qu’après tout je n’ai écrit cet article que pour chercher à exorciser mes démons et essayer enfin de faire la paix avec mon passé…

  5. Cher Jasper,
    Ton texte m’a beaucoup émue, j’en ai encore les yeux mouillés.
    C’est tellement triste de perdre un être, mais en même temps je pense que c’est beau de pouvoir te rappeler de ta soeur. Je suis sure que tu aurai préféré te souvenir d’elle autrement que mourante…
    Je te souhaite que d’autres souvenirs, beaucoup plus gaies, te reviennent.
    A très bientot
    Lily

    • Lily,

      comme tu l’as si bien dit, c’est triste de perdre un être cher, mais c’est encore plus triste de perdre ses souvenirs. J’aurais aimé me la rappeler lorsqu’elle était encore en vie, malheureusement ma mémoire se refuse obstinément à me la montrer autrement qu’agonisante. Tout ce dont je me rapelle c’est sa mort et l’amour que je lui portais…
      Malgré tout je me considère comme quelqu’un de chanceux. J’ai eu droit à une deuxième chance ainsi qu’à une deuxième famille avec laquelle j’ai vécu des centaines d’évènements heureux dont je me souviendrai toujours.

      • Je te souhaite encore plein de bonheur avec ta douce Alice et ta famille! Et tout plein de beaux souvenirs a garder pour l’Eternité…
        Amicalement
        Lily

  6. Cher Jasper
    C’est bouleversant et si bien écrit. Tu as le courage de te souvenir de ta première expérience humaine avec la mort alors que j’ai choisi peut être inconsciemment de l’occulter et d’y penser le moins possible.
    Voir ta soeur s’en aller alors que tu étais si jeune… et je crois comprendre que tu as dû endurer ça tout seul car tu n’évoques personne d’autre dans la chambre pour te soutenir ou te consoler. Peut être était-elle ta seule famille.
    Cela m’attriste que tu aie dû vivre ça, ce qui m’amène à t’admirer davantage; malgré la tendance des vampires à oublier leur vie de mortel, tu as su te relever tel un phœnix et te remémorer cette douloureuse expérience afin de réveiller ta conscience et garder ton humanité.
    Ce qui me rassure aujourd’hui c’est qu’Alice ait su te trouver et apaiser ta peine, que vous vous rendiez heureux mutuellement est le plus important à présent.
    Bien à toi
    Farah

    • Farah,

      je te remercie de la sollicitude dont tu fais preuve à mon égard, bien que je ne pense pas la mériter. Il est facilement compréhensible, et même humain si j’ose dire, que tu cherches à occulter ce genre d’évènement.J’ai probablement dû faire comme toi à l’époque. Mais plus d’un siècle s’est écoulé depuis cette tragédie, et le temps atténue bien des blessures. Tout ça est tellement loin… Aujourd’hui, je suis bien plus touché par la symbolique de ce souvenir que du souvenir en lui-même. C’est cette confrontation avec la mort que je tenais à raconter, et ce qu’elle a engendré chez le vampire meurtrier que j’étais devenu bien des années plus tard. C’est un mal pour un bien comme diraient certains… Car sinon, aurais-je eu la présence d’esprit de m’interroger sur ma manière de m’alimenter? Cette question restera pour toujours en suspens…

      • Je t’en prie, c’est le moins que je puisse faire.
        Je comprends et c’est là justement où réside ton courage car tout le monde n’est pas assez fort pour se remettre en question et pour apprendre de ses erreurs en se mettant à la place des gens qu’il a un jour blessés.
        Un mal pour un bien dans le sens où tu as su te servir de ce souvenir pour devenir meilleur et changer de mode de vie, c’est tout à ton honneur.

  7. cher Jasper,
    je suis contente que tu revienne avec un aussi beau texte qui m’a particulièrement touchée,j’en ai encore les l’armes aux yeux.J’aime beaucoup ce que tu écrit.

    au plaisir de te lire de nouveau
    meltess bsx

      • salut jasper merci de m’avoir répond,oui moi aussi j’ai perdu quelqu’un de ma famille que j’aimais beaucoup,ca fait presque 20 ans quelle est morte,mais encore aujourd’hui je pense encore tres souvent a elle.J’ai qu une soeur et si je devais la perdre alors moi aussi je serais triste.

        bye jasper et salut toute ta famille pour moi bsx

  8. Jasper,

    Que dire? Je suis encore toute bouleversée par ces mots…. Quelle tristesse que de devoir assister à un tel moment seul.
    Tu as été là pour elle,et celà est déjà fort courageux…
    Se livrer ainsi doit etre éprouvant,celà dit,merci de l’avoir fait.
    Je te souhaite à toi et Alice de vous crééer beaucoup de merveilleux souvenirs.

    Bien à vous
    Caly

    • Chère Caly,

      tu me trouves courageux parce que j’ai été présent pour ma soeur… mais avais-je vraiment le choix? Si tu savais comme j’aurais aimé fuir cette maudite chambre, fuir la triste réalité, fuir cette pauvre fille qui n’était plus que l’ombre de ma ravissante soeur. Mais je suis resté, par amour pour elle. Est-ce vraiment courageux? Ou plutôt « humain »?

      Concernant Alice, mon esprit regorge de merveilleux souvenirs d’elle, et chaque heure passée en sa compagnie m’en apporte de nouveaux.

      • Cher Jasper,

        Oui je trouve que c’est courageux,j’ai vécu la même chose,et malgré l’amour que je portais à cette personne,je n’ai pas pu rester….le déchirement fut trop grand,la peur et le désespoir sur ce visage…j’en frissonne rien que d’évoquer ce moment. Je m’en veux toujours d’ailleurs,comment crois tu qu’elle a réagit me voyant fuir?
        Il faut profiter de chaque instant que la vie nous donne, la chance de partager de bons comme de mauvais moments,tant que les personnes que nous chérissont sont à nos cotés pour nous soutenir…..
        Merci d’avoir pris le temps de me répondre

        A bientôt
        Caly

  9. Jasper,
    Ton texte est d’une forte émotion.
    Personne ne peux savoir ce que tu ressens, à part ceux qui l’ont vécus. La tristesse de ton texte me met larme à l’oeil, je suis sûrement loin d’imaginer la douleur que tu a dût ressentir.
    Je suis vraiment navrée que tu te souvient juste des moments les plus douloureux.
    Au revoir.
    Béré…

    • Béré,

      La perte d’un être cher est une épreuve que malheureusement tout le monde doit subir un jour ou l’autre… J’ai beau être aujourd’hui un être immortel, moi aussi j’ai eu la malchance de connaitre une telle douleur.
      Mais rassures-toi, même si j’ai très peu de souvenirs de ma vie humaine, en revanche j’en ai énormément concernant ma nouvelle existence, et ils sont loin d’être tous négatifs. Alice et le reste de la famille sont une source quotidienne de petits et de grands bonheurs.

  10. Cher Jasper,

    je ne sais que dire!! Ta douleur, je l’ai ressenti récemment et je sais combien cela fait mal de perdre quelqu’un qu’on aime. Cela nous rend plus fort et nous permet de nous construire sans oublier cette étape de notre vie.
    Toi, tu as connu d’autres souffrances et j’en suis désolée mais Alice est arrivée pour te soutenir. AH Merveilleuse Alice!!

    affectueusement
    Vivi

    • Vivi,

      la douleur fait partie de la vie, elle permet de nous construire et d’avancer. Comme tu le dis, j’ai une femme merveilleuse à mes côtés pour me soutenir, tout comme toi tu as sans doute eu des proches qui ont été présents pour t’aider à traverser cette difficile épreuve.

  11. Jasper je ne sais meme pas quoi dire il n’y a pas de mots pour dire ce que je ressent .. c,est tellement beau , tellement touchant .. Je peut simplement te dire Merci

    Merci pour cet ecrit

    Mona

  12. Mon frère,

    Comme nous tous tu gardes des souvenirs de ta vie humaine. Parfois bons et parfois trop durs à supporter! J’ai connu ça.

    Je ne regrette absolument pas de n’avoir aucun souvenir des êtres qui ont peuplé ma vie de mortel. Eux nous oublient avec le temps mais nous… Nous ne pouvons que garder d’eux cette image du passé.

    Car se sont ce qu’ils deviennent avec le temps: notre passé, et parfois même un passé bien lourd à porter. Je ne possède pas de souvenirs aussi distincts que les tiens ou peut être que je préfère ne pas les faire remonter à la surface.

    Mais saches que j’en ai construit des non pas aussi douloureux que celui que tu nous fait partager, mais tout aussi marquants… enfin je radote, je radote!!

    Tout cela pour te dire que tu as du courage de garder intact un souvenir si douloureux. Beaucoup d’entre nous, en sachant que l’éternité ne prendra jamais fin, choisissent volontairement d’oublier. A croire que vivre avec un passé voilé rend le présent plus doux!

    Mais je te préviens de suite… ne comptes pas sur moi pour porter une jupe et t’appeler  » grand frère  » avec des yeux plein d’admiration…;)

    Ton frère , Emmett

    • Emmett,

      je ne regrette pas mes souvenirs humains, même s’ils ne sont que de vagues réminiscences d’une vie qui m’apparait bien trop lointaine pour être vraie. Ils ont été ma motivation pour ne pas sombrer définitivement dans la facilité d’une existence abjecte. C’est grâce à ces souvenirs de mortel, aussi douloureux soient-ils, que j’ai réussi à sauvegarder une part d’humanité qui, sans cela, aurait sans doute été détruite au fil du temps. C’est grâce à eux que j’ai enfin pris conscience qu’il existait d’autres chemins que celui que j’avais emprunté. C’est grâce à eux que j’ai résisté et presévéré dans la nouvelle voie que je m’étais choisie. Ils sont tout ce qu’il reste d’humain chez moi et pour cela ils sont inestimables à mes yeux.

      Concernant ton dernier paragraphe, bravo, tu as réussi à me faire sourire. Je n’ai pu m’empêcher de t’imaginer vêtu d’une robe à frous frous… Tu as un talent unique pour dédramatiser les moments les plus tragiques, et c’est pour bien ça que je t’adore! Mais à y réfléchir, tu ferais une bien piètre soeur, et je te préfères mille fois en frère!

  13. salut jasper, ces quelques lignes sont vraiment triste, perdre quelqu’un de très cher est vraiment très douloureux, je te comprend, j’ai perdue une famille entière,elle n’est pas morte,mais pour moi,je l’ai perdue le jour ou on m’a séparé de ma mère, je ne sais pas si c’est une chance de se souvenir du passé, j’aurais bien aimée moi , la revoir dans un de mes souvenirs,mais ils sont tous flou,et certains de mes souvenirs sont comme les tiens très douloureux,et j’en souffre encore, tu as du courage pour écrire ses lignes,et de nous faire partagé se moment si triste, mais plein de bonté. Tu as tué beaucoup de personnes à en jugés les dernières lignes, mais pense que ce n’est pas de ta faute, aucun soleil n’illuminé ton coeur, tu suivais l’hombre, maintenant tu suis la lumière d’un arc en ciel et soit en fière,car il te permet ,enfin je penses , de te repentir. je n’ai pas trouvé d’autre mot pour dire ma dernière phrase,en tout cas j’espére que tu as compris ce que je voulais te dire.
    merci jasper pour se souvenir qui nous permet de mieux te comprend.
    vicou

    PS: pas un bon jour à toute la famille

    • Vicou,

      être séparé d’une personne qu’on aime est extrêmement douloureux, que la cause soit la mort ou bien autre chose, le résultat est le même. Nous avons tous les deux très peu de souvenirs des êtres qui nous ont été enlevés, mais nous devons nous estimer heureux d’en avoir. Je sais, cela peut te paraitre facile à dire, mais crois-moi, avec le temps, l’amertume s’en va…

      Tu as raison, j’ai tué beaucoup de personnes, beaucoup d’innocents. Comme tu l’as si bien compris, mon instinct avait pris le contrôle sur ma raison, je n’étais alors plus qu’un animal qui réagissait à l’instinct et n’avait d’humain que l’apparence. N’empêche… cela n’excuse pas tout. J’aurais dû avoir conscience du mal que je faisais, plutôt que de renflouer cette part d’humanité qui m’effrayait tant et me renvoyait face à la bête que j’étais.

      • Cher Jasper, ce n’est pas l’amertume qui me ronge depuis la séparation avec ma maman biologique, mais une haine qui me dévore de l’intérieur.Cette haine, je la dois à deux personnes. A moi, car ma faute est d’être née, j’ai pris conscience de cela depuis un certains temps ,mais je sais que si je ne serais pas née, je n’aurais pas rendue des parents heureux, et cela excuse ma faute .
        Et à mon père qui est parti alors que ma mère avait le plus besoin de lui, par contre , lui , il il n’a pas et n’aura jamais conscience du mal qu’il a fait et qu’il est en train de faire.
        Avec le temps, tes fautes ont disparues car ton humanité est revenu comme elle est partie. Peut être qu’avec le temps je pourrais pardonné à mon père car même si je le hais, je suis une partie de lui.
        Passe unbonjour à toute la famille
        bonne journée avec Alice
        vicou

  14. oui il n’y a rien de plus terrible que de perdre un etre cher on se demande toujours pourquoi c’est cette personne et pas nous qui est partie on donnerai tout ceque l’on a pour pouvoir mourrir a sa place car on est tellement noyait dans le chagrin devant une telle injustice qu’a ce moment precis on sedemande pourquoi nous on a encore le droit de vivre qu’est ce qui fait que l’on merite encore notre place sur terre pourquoi les gens bon partent avant les mauvais plus rien n’a de sens notre espritse heurte a l’imcomprehension

  15. Jasper,
    C’est très beau, très poignant et très triste aussi. J’en ai la larme à l’oeil (sans ironie aucune). Déjà que c’est énormément dur de perdre un être cher, le voir dépérir et mourir comme dans ton cas doit être encore plus douloureux. Merci de nous avoir fait partager tes souvenirs, et je ne peux que te comprendre… mais au lieu d’y repenser sans arrêt, profite de ta nouvelle vie, je te souhaite encore de nombreux moments de bonheur.
    Je te prie de me pardonner si mes phrases sont un peu décousues, mais c’est très difficile de s’exprimer dans les bons tons dans des instants pareils et je ne manie pas les mots aussi bien que toi ou Edward.
    A bientôt

  16. Cher Jasper,
    je trouve ca dommage que le seul souvenir qu’il te reste de ta vie humaine soit la mort de ta sœur.
    Toute la tristesse que je ressent en te lisant me laisse penser que tu été très lié a elle et que vous deviez une magnifique complicité. Le fait que tu ne puisses pas te rappeler des ces merveilleux moments est selon moi encore plus triste.
    J’espère que nous faire partager tes souvenirs et tes sentiments t’aide un peu.
    en espérant te relire bientôt.
    Lilia

  17. jasper,

    je comprend petit a petit pourquoi tu t’entends aussi bien avec edward…tu as comme lui, cette tendance a ressasser des évenements douloureux, et a te rendre responsable et coupable de choses dont tu ne peux pas grand chose…

    ce souvenir de ta vie humaine, aussi douloureux soit il, doit te servir de soutien, et, comme tu l’as dit, te rappeler que, quoiqu’il arrive, il n’y a rien de plus précieux que l’amour d’un etre cher…

    par contre, je ne suis pas d’accord sur la derniere partie de ton récit. C’est vrai que dans tes débuts en tant que vampires, tu as du oter la vie a plus d’un pere, d’un fils, ou d’une personne importante aux yeux de ses proches…mais il faut que tu regardes de l’avant…tu as suivi tes instincts a cette époque, sans vraiment savoir ce que tu faisais et sans vraiment pouvoir résister…

    et pourtant aujourd’hui, n’es tu pas « végétarien » ? ce seul geste, cette seule conviction que tu as et que tu essaies de respecter prouves que tu es devenu bien meilleur …

    • Lilou,

      il est vrai que j’ai cette fâcheuse habitude de ressasser les souvenirs les plus difficiles de mon existence. Mais ce sont eux, bien plus que les bons, qui ont forgé l’homme que je suis aujourd’hui.
      Tu as raison, concernant mes premières années de vampire, mes actions étaient dictées par mon instinct. Mais comme je l’ai déjà dit à Vicou, j’aurais dû avoir cette prise de conscience qui m’a fait changer bien plus tôt. Mais j’étais bien trop couard pour oser faire face à l’horrible vérité, et j’ai préféré continuer à vivre comme un aveugle, jusqu’à ce que ma part humaine, que j’avais réussi à faire taire pendant longtemps, finisse par prendre le dessus.

  18. Cher Jasper,
    Ton texte, ton souvenir, est très émouvant et difficile à lire. Je sais ce que sait de perte des être cher et la souffrance est différente pour chaque personne. La façon dont tu as retransmettre celle-ci sur ‘papier’ me laisse sans voix. Vivre une telle souffrance à jour jour sous les yeux, doit être dur à supporter. Je te trouve très courageux d’avoir pu y faire face ainsi.
    J’espère que tu auras de meilleurs souvenirs aussi clair que celle-ci à l’avenir, et que tu puisses continuer à nous faire parvenir tes souvenirs douloureux ou heureux.
    Soit toujours aussi courageux.
    Au plaisir de te relire
    Amicalement Roxy

  19. Je trouve ton texte bouleversant sa fait malde pedre un etre chere j ai connu sa aussi
    je pense que quoi quon sois humain ou vampire la douleur eet la meme
    heureusement pour nous on a toujours des personne autoure de nous …….
    amicalement florine

    • Florinee,

      quel que soit notre âge ou notre nature, la perte d’un être aimé est une épreuve atroce que chacun doit affronter à un moment donné, et malgré ma nature de vampire, moi aussi j’ai eu à subir cette douleur.

  20. Bonjour Jasper,

    Je tiens à te transmettre mes félicitations d’avoir su aborder un sujet difficile pour plusieurs avec autant d’honnêteté et coeur.

    Beaucoup vont se retrouver dans te dires et sentiments ici, cela est reconfortant.

    Pour les souvenirs du passé, (humain ou pas) j’ose dire que c’est chaque jour que nous devons créer des souvenirs et chérir les moments que nous vivons à l’instant, bâtir des nouveaux mémoires et moments à conserver dans l’esprit.

    Merci de partager si ouvertement tes expériences.

    Bien à toi,

    Bren. xx

    • Bren,

      je te remercie pour ton commentaire.
      Nous avons tous été confrontés un jour ou l’autre à la disparition d’un proche, et j’ai beau être immortel je ne fais pas exception à la règle.
      Tu as totalement raison lorsque tu dis qu’il faut chérir chaque instant que nous vivons, car nous ne savons pas de quoi demain sera fait.

  21. Les humains nous envient l’éternité, je ne suis pas d’accord. Nous avons peut être « la jeunesse éternelle » mais nous avons aussi les décennies pour voir les gens que l’on aime mourir inexorablement, sans pouvoir les rejoindre. On ne peut que vivre avec leurs souvenirs, ces mêmes souvenirs qui parfois nous hantent.
    On a peut être réussi à tromper la Mort, mais certains de nos souvenirs eux ne se sont pas éteints pour autant.

    • Mon amour,

      tu comprends mieux maintenant pourquoi je préfère garder mes distances vis-à-vis des humains. Je refuse de m’attacher à eux, car je sais que chaque jour, chaque heure, ils approchent inexorablement de leur mort sans échappatoire possible. Je suis peut-être un pleutre mais je ne veux plus avoir à faire face à cette fatalité. C’est ironique, n’est-ce pas, être immortel, avoir tué des tas de gens, et craindre à ce point la Mort…

      • C’est parce qu’on est éternel que la Mort nous apparait aussi clairement. On a le temps de la connaitre et de la redouter. Pour les humains, la mort fait partie de la vie, elle est la fin du court normal des choses (et un commencement pour certains). Pour nous elle n’est qu’un chose de cruelle et injuste, nous enlevant ceux qu’on affectionne trop tôt selon « notre » perception du temps.
        On doit faire avec.
        Heureusement nous ne sont pas seul pour faire face aux siècles à venir, et ça c’est plutôt réjouissant. 😉

  22. Chèrs Cullen,
    Je pense qu’on vous envies pour des millions de raisons: Vous êtes magnifiques, vous avez la jeunesse eternelle, Vous avez des dons « inhumains »,(et j’en passe les meilleures…) mais je pense que votre differnence est la chose qu’on vous envies le plus !!! Être autre chose que tout les jeunes de notre âge… Sortir de l’ordinaire…Quel bien-être…
    Bise à tout les Cullen.
    Béré…

  23. Jasper, mon Ange,

    L’existence est pavée de drames. Je ne connais que trop bien cette douleur de perdre un être cher, mais malheureusement, la mort fait partie de la vie. Il est dommage que tu en aies fait l’expérience si jeune, alors que cette période de ton existence n’aurait dû être que joie et rires.

    Cependant, ce sont ces épreuves et ces drames qui nous façonnent et font de nous ce que nous sommes. Elles révèlent notre capacité à aller de l’avant. Que tu gardes ce souvenir précis de ta vie humaine n’est pas anodin. Peut-être t’aide-t-il à avancer sans que tu en aies conscience. Peut-être est-ce le souvenir que ton inconscient a choisi de garder pour ne pas oublier la fragilité des choses, du bonheur, et que rien n’est jamais acquis … En un siècle je n’ai jamais su trouver de réponse à mes propres questions.

    Toutefois, je suis très émue de te voir dévoiler ce moment publiquement. Toi, d’ordinaire si pudique. Tu révèles ici des émotions qui en disent beaucoup plus long que ce que ces simples lignes ne veulent bien dire.

    Je t’embrasse,
    Esmée.

    • Ma chère Esmée,

      toi plus que quiconque comprend ce que l’on peut ressentir lorsque l’on perd un être cher, et tes mots sont d’une vérité désarmante.
      Je suis d’accord avec toi, le fait que je me souvienne si bien de cet évènement n’est pas dû au hasard. Il y a une raison pour laquelle nous nous souvenons si bien des drames qui jonchent notre existence. Ce sont eux, plus encore que tout le reste, qui nous façonnent et nous permettent d’apprécier réellement les joies de l’existence. Aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de me demander ce que je serais devenu si ce souvenir douloureux n’était pas remonté à la surface…

  24. Cher Jasper,
    Ton texte est boulversant, ce passage de ton existence est vraiment tragique, mais merveilleusement bien transcrit.
    La douleur de perdre une soeur, un être cher, une personne que l’on aime, est atroce, et je sais qu’elle laisse dans les coeurs une marque aussi brûlante que glaçée, aussi flou que totale, aussi brutale que sournoise, indélébile.
    Les drames nous transforment, changeant notre propre visions des choses, métamorphosant nos coeurs, nos pensées, notre être.

    Bien sûr à tes débuts, tu as dûs tuer des personnes chères au coeur de personne que tu n’as jamais vu, mais Jasper, je crois (je sais) que tu ne savais pas à l’époque, que tu ne pouvais pas imaginer, comprendre, résister, et faire autrement.
    Aujourd’hui tu es devenue le contraire de cet homme, et je ne peux qu’admirer ta détermination, ta force, et ta volonté pour avoir changé aussi radicalement.

    Jasper, merci pour ce fragement de ton existence que tu nous as fais partagé.
    Merci à toi.

    Angela.
    (PS: Désolée si ça fais très mélodrame.)

  25. les souvenirs les plus douloureux sont tjr ceux que l’on garde le plus longtemps. je comprend absolument qu’il t’ai marqué aussi profondement et malgré tte ces années. j’ai eu la malchance de savoir ce qu’est de perdre un proche et d’etre avec dans les derniers moments et je sais que c’est une chose que je n’oublierai jamais. ca m’a transformé. comme toi a qui ca a permi de devenir bon et de respecter la vie des autres.
    ton texte est en tt cas boulversant…

    pichu

  26. Cher Jasper
    TOn texte est boulversant j’en ai les larmes au yeux
    Tu as été ce qui t’a servie de nouriture pendant un moment
    Mais va de l’avant ce qui est fait est fait et tu ne peut le changer
    Tu as peut-etre tuer des soeur des, des mères, de fils. Mais si tu ne l’avais pas fait aurait-tu rencontré ALice ??
    Ne sois pas triste de ton passé car il t’a permis de devenir le vampire respectable végétariens ayant une femme merveilleuse en bref le vampire que tu es aujourd’hui.
    Perdre un etre cher est atroce c’est vrai, et ce passage tu ne pourras sans doute jamais l’oublier…

    MArion

Laisser un commentaire