La Guerre du Lotus T01 – Stormdancer de Jay Kristoff

S’il y a bien un auteur que je lis presque les yeux fermés, c’est Jay Kristoff. De fait, son nom a suffi à me donner envie de découvrir cette trilogie Young adults. Après, je me suis penchée sur le résumé et là encore ça m’a intrigué. Parce que ça se passe dans un univers à consonance japonaise et forcément, le Japon, moi ça me parle plutôt bien. Cela dit, comme à chaque fois que je débute un livre, j’avais au fond de moi une petite appréhension.

Avant d’aller plus loin, il faut savoir que cette série est déjà sortie une première fois, mais directement en grand format chez Bragelonne.

De quoi parle ce premier tome ?

La jeune Yukiko fait partie des chasseurs du shōgun. Un maître cruel, qui règne sur un empire malade et vicié par la pollution des machines. Lorsqu’il leur donne l’ordre de capturer un arashitora, un tigre de tonnerre, créature légendaire qu’on dit disparue, c’est presque un arrêt de mort. Car quiconque déçoit le sh gun y perd la vie.

Yukiko accomplira l’impossible… mais s’égarera dans la dernière forêt sauvage des îles de Shima, avec pour seule compagnie un tigre de tonnerre mutilé et furieux. Saura-t-elle dénouer les fils qui la lient mystérieusement à cette bête extraordinaire ? Et se pourrait-il qu’elle soit la mythique danseuse d’orage, l’ultime espoir de son peuple ?

Mon avis :

Waouh ! J’ai frôlé le coup de cœur ! Pourtant ce n’était pas gagné d’avance. Eh oui… même pour moi fan de Jay Kristoff ! Et pourquoi me demanderez-vous ? Bonne question. En fait, c’est le début qui pose problème, enfin à mon sens.

L’auteur veut absolument nous faire comprendre que nous sommes dans un monde différent de ce que nous, occidentaux avons l’habitude de lire/voir. De fait, il nous tartine durant plusieurs chapitres sur les décors environnants, les sensations… la basse-ville y est décrite dans ses moindres détails avec tous ses habitants. Et puis pour bien marquer le fait que tout se déroule dans un Japon imaginé, nous avons le droit à des mots Japonais ici et là pour mieux imprégner le lecteur dans ce monde étranger.

Alors, j’avoue que dans mon cas, ça ne m’a pas perdue parce que je connais bien le japonais. Mais les lecteurs qui n’ont pas l’habitude ou pour qui le Japon ne parle pas des masses, je peux concevoir que ce soit difficile de s’immerger. Il y a bien un glossaire à la fin du roman, mais c’est quand même contraignant d’y retourner toutes les cinq minutes parce qu’on aura oublié ce qu’un mot veut dire. Tout comme le fameux « ne » pour appuyer une affirmation en fin de phrase qui est la contraction de « desu ne ? » (n’est-ce pas ?). Cela aurait mérité à mon sens une petite explication en bas de page parce que ça revient souvent et que si on est pas familier du japonais, ça vous passera au travers de la figure.

Mais, je vous jure, une fois passés les premiers chapitres, c’est une tuerie ! Je me suis régalée. Suivre Yukiko à travers la terre enfumée à cause du Lotus Sanguin une fleur (puissant narcotique qui empoisonne l’air et drogue les humains), et le ciel (à la recherche du arashitora) fut une belle aventure pour moi.

Notre héroïne est une jeune fille de seize ans qui, en compagnie de son père, le grand Renard Noir et de leurs deux ami. e. s, Kasumi et Akihito, accomplissent les ordres du shōgun, un homme cruel et capricieux. Sa dernière lubie étant de chevaucher un arashitora pour bouter les gaijin (étrangers) hors de son territoire. Le arashitora est une sorte de griffon mélangé à un tigre, d’ailleurs, son nom en bon français signifie le tigre tempête. Dans l’idée, ça ressemble un peu à un hippogriffe si vous voulez vous en faire une petite idée (et il est présent sur la couverture du roman).

Bref, je m’égare un peu.

Yukiko va donc partir avec les siens à la recherche de cet être tant convoité. Il va se passer plein d’évènements et la jeune fille fera également de nouvelles rencontres qui l’aideront et changeront sa vision du shōgun, mais également du pays dans lequel elle vit.

Même si Yukiko est jeune, le roman a des thématiques plus adultes avec la guerre, l’oppression, la mort et la trahison qui ne sont qu’une partie du roman. La jeune femme a également un don, elle peut entendre, comprendre et parler avec les animaux. Un don qui est considéré dans ce royaume comme une malédiction. Les gens comme elle sont supprimés.

Pour ce qui est de l’univers, il est complexe, mais bien construit. Un mélange de fantasy orientale mélangée avec du steampunk. Ce qui m’a le plus marqué ce sont les Guildiens (des fanatiques qui chassent les gens avec des pouvoirs comme ceux de Yukiko et cultivent la fleur de Lotus Sanguin). Pour se préserver des ravages de ce poison, ces derniers vivent en armure sans jamais la retirer — surtout pas devant des Hadanashi (la populace lambda comme Yukiko). Ils me rappellent en quelque sort les Mandaloriens et le peuple de Dune.

Dans l’ensemble, il serait faux de dire que je n’ai pas aimé et plus juste de dire que j’ai carrément adoré. J’ai aimé l’histoire, les rebondissements, les révélations et surtout le dénouement. C’est très bien amené et le personnage de Yukiko m’a beaucoup plu. C’est une héroïne qui sait se poser les bonnes questions et se remettre en question. Sa relation avec le arashitora est belle et j’ai vraiment aimé leur complicité.

Je suis déjà impatiente d’avoir la suite entre les mains.

La plume de l'auteur/l'autrice - 79%
L'histoire - 82%
Les personnages - 89%
Le genre de l'histoire (Romance, Suspense, Aventure, Thriller, Fantasy...) - 82%
L'intérêt des lecteurs - 82%

83%

Presque un coup de cœur !

Malgré un début difficile, cette histoire est une tuerie bien pensée, bien travaillée. Passé les termes japonais et les descriptions, le lecteur est immergé avec Yukiko, ses rêves, ses espoirs et ses désillusions sur le shōgun a qui elle a prêté serment. Une quête initiatique, un parcours semé d’embuche que j’ai adoré suivre ! Un régal.

User Rating: 4.68 ( 3 votes)

Julie F. / Artemissia Gold

Lectrice compulsive et blogueuse depuis 2005. 🖤🕯 Je suis également une maman en deuil depuis le 16 octobre 2019 🕯🖤 Je reprends goût progressivement à la lecture (et à l'envie de bloguer) et j'essaie d’avancer comme je le peux dans la vie, sans mon enfant 🙏💖

10 Commentaires

  1. J’ai adoré ce premier tome mais je dois bien avouer que j’ai trouvé sa construction et sa narration assez usuelle par rapport à ce que nous a habitué l’auteur.

  2. J’adore son autre saga Nevernight et tu es la seconde à me vendre aussi bien cette série plus ancienne, alors je pense bien me laisser tenter surtout que comme toi j’adore les univers japonais 😀

  3. C’est une chronique qui donne envie de découvrir l’univers. Mais je crains, comme tu l’as mis au début, d’être un peu perdue, comme j’ai pu l’être dans Shâhra, qui n’est pas dans la même zone géographique, mais qui possède aussi un langage bien à lui, qui nous perd si on ne maîtrise pas les codes orientaux. Si jamais je vois cette série, je pense néanmoins que je me laisserais tenter, c’est une belle découverte 😉

  4. Ah, tu as mis le doigt sur les difficultés que j’ai éprouvées au début de ma lecture, n’étant pas du tout familière de l’univers japonais. Mais avec un peu de persévérance, je suis rentrée dans l’histoire (malgré les descriptions qui sont comme tu l’as dit, assez lourdes).

    Pour le reste, je pense qu’on a exactement le même avis 😀 ! J’ai hâte de recevoir le tome 2 ;).

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