BD & MANGALES CHRONIQUES DE MANGASEINEN

NeuN T01 à T04 de Tsutomu Takahashi

Dès que j’ai vu la couverture du premier tome et le pitch de NeuN, j’ai eu envie de lire ce manga. Je me l’étais notée dans un coin de ma tête, malheureusement avec les évènements de l’an passé, tout a été chamboulé.

Comme il n’est jamais trop tard pour commencer une nouvelle série (surtout si ladite série n’a pas encore plus de 20 tomes à son actif), je me suis laissée tenter par les 4 premiers tomes de NeuN.

Ils étaient les élus, ils sont maintenant les proies.

Allemagne, 1940. Pour assurer la pérennité du Troisième Reich, treize enfants ont secrètement hérité de l’ADN d’Hitler. Neun  est le neuvième d’entre eux. Mais lorsque le projet est subitement abandonné, il ne peut compter que sur Théo, un soldat allemand qu’il a pour tuteur, pour espérer survivre…

Mon avis :

À vrai dire, je ne connaissais le mangaka, Tsutomu Takahashi que de nom. J’avais brièvement feuilleté Sidooh, sans me laisser tenter. Toutefois, j’admets que son coup de crayon particulier et des plus incisifs est parfait pour l’histoire qu’il nous conte ici.

NeuN est une très bonne série qui trouve sa force narrative non pas dans les dialogues, mais dans les dessins et leur mise en scène.

 

Un récit qui s’appuie sur une idée aussi sombre que tordue, celle de la descendance d’Adolf Hitler. Le nazisme chez les Japonais semble avoir pris une connotation des plus perverses et diabolique aussi. Il alimente tous les fantasmes les plus fous ! NeuN en est la digne représentation.
On retrouve le mythe des enfants parfaits (et surpuissants) d’Hitler également dans plusieurs récit et même série. La dernière en date que j’ai vue étant Le maître du Haut Château. L’idéologie d’Adolf Hitler avec la race aryenne a déchainé les imaginations les plus folles.

Pour en revenir à NeuN, tout débute lorsqu’un village est massacré par des soldats SS du IIIe Reich. Ces derniers cherchent un enfant, Franz NeuN.

Au début le lecteur ne comprend pas encore tous les tenants et les aboutissants. Il se retrouve plongé directement dans une vision d’horreur. Le jeune NeuN va trouver son salut grâce au wand (garde du corps) qui est bien décidé à le protéger coûte que coûte.

Le premier tome place les protagonistes, mais également la trame de l’histoire.

NeuN et son wand vont faire la connaissance de Acht, un autre des enfants illégitimes de Hitler, qui comme lui est recherché pour être éliminé. Cette rafle est commanditée par un certain Sechs, un autre de ces enfants particulier. Au côté de ce mystérieux personnage, il y a le doktor U. Un monstre assoiffé d’expérience sanguinaire et obéissant au doigt et à l’œil à Sechs.

Ce début pose donc les bases du scénario. Une course poursuite haletante où se mêle l’horreur de la guerre dans laquelle tout est permis.

Tsutomu Takahashi est avare en dialogue. Peu de bulles, tout se passe dans le détail des dessins, des expressions des visages, mais également dans des scènes parfois aussi violentes que sanglantes.

Pour ma part, j’ai été entrainée avec les protagonistes et je n’ai pas vu les pages défiler malgré le thème très sombre du récit.

Les dessins servent magnifiquement l’histoire. J’ai vite enchainé avec la suite.

Le deuxième tome s’ouvre sur le passé de Theo Becker, le wand de NeuN. Ainsi on découvre qu’il a été « sauvé » de la famine par celui qui deviendra plus tard le fameux : doktor U. Déjà enfant, ce dernier n’était pas net dans sa tête.
Theo décide donc de se rendre seul auprès de lui pour une confrontation. En parallèle le wand de Acht, Naomi, et NeuN restent planqués dans leur cachette de fortune. Cependant, un évènement majeur va bouleverser le jeune NeuN (je ne vous dis pas quoi, pour ne pas vous gâcher la découverte de la lecture).

Dans cette suite, se mêle à l’horreur de ce que font subir les soldats du IIIe Reich, une part de fantastique que j’ai bien apprécié et qui se marie très bien avec le reste plus historique. On découvre également qui est vraiment Sechs (numéro 6).

Encore une fois, je n’ai pas vu les pages se tourner. Ça se lit très vite et très bien. J’ai été happée par l’histoire même si elle est trash, violente et particulièrement cruelle. Les nazis apparaissent ici comme des monstres sanguinaires sans âme et le plus cruel d’entre tous reste le doktor U et ses affreuses expériences.

Malgré l’ambiance des plus sombres, j’ai enchaîné immédiatement avec le troisième tome.

Celui-ci tape moins dans le trash et le violent. Même s’il y a encore quelques scènes difficiles à regarder/lire, dans l’ensemble, la tempête s’est un peu calmée.
De nouveaux rebondissements continuent de me tenir en haleine. En plus de Acht, NeuN et Sechs, nous rencontrons, Elf/Rebecca, un autre des enfants d’Hitler. Celle-ci à un fort caractère et… elle se la pète un peu.
Elle fera rapidement la connaissance de NeuN, Naomi et Theo, venus la voir pour la mettre en garde contre ce qu’il se trame en Allemagne.

Le coup de crayon de Tsutomu Takahashi est puissant et sert à merveille le récit qui est dur et violent.

 

Le tome 4 est plus conventionnel. Nous suivons NeuN en compagnie de Rebekka (Elf). Le récit se poursuit et le mystère entourant les enfants s’épaissit. Je me demande bien qui est leur mère et ce que cherche à faire Sechs. Ce tome se focalise sur nos deux comparses, NeuN et Elf : ces derniers vont vivre une aventure pour les moins terrifiantes qui m’a rappelé le conte de Hansel et Gretel. Là encore, je ne vous en dis pas plus.

Comme je vous le disais plus haut, j’ai lu ces 4 tomes très rapidement et avec grand plaisir. Mon cher et tendre également. NeuN est une très bonne série qui trouve sa force narrative non pas dans les dialogues, mais dans les dessins et leur mise en scène. C’est du très beau travail !

Le graphisme est réaliste, sombre incisif. Le coup de crayon de Tsutomu Takahashi est puissant et sert à merveille le récit qui est dur et violent. Si l’histoire en elle-même n’a rien de nouveau, j’aime la dimension fantastique qui lui est apportée. Le mangaka dépeint les nazis comme des monstres diaboliques, des êtres sans cœur aux ambitions fantasques, dangereuses et délurés. Ces derniers entourant Adolf Hitler apparaissent bien plus cruels que ce dernier qui reste (pour le moment) en second plan.

Je suis vraiment curieuse de savoir ce que va devenir NeuN qui en 4 tomes a su se transformer du jeune garçon naïf à protéger à celui qui découvre ses pouvoirs et qui s’endurcit avec le temps. NeuN restera-t-il dans le camp des gentils ou des méchants ? Et les autres enfants encore vivants ?

Il reste encore beaucoup de questions que je me pose et qui n’ont pas trouvé de réponse. J’espère les obtenir avec la suite.

Dans l’ensemble, je ressors de ma lecture totalement conquise par ce titre. NeuN est assurément un titre fort et percutant à découvrir sans attendre.

NeuN T01 à T04 de Tsutomu Takahashi

7,75€ chaque tome
8.5

Les dessins et mise en pages

8.9/10

L'histoire

8.0/10

Les personnages

8.2/10

L'originalité

8.0/10

Mon intérêt

9.2/10

Les plus :

  • Les dessins puissants de Tsutomu Takahashi
  • Le côté fantastique se mêlant très bien à la partie historique
  • L'histoire des plus addictives

Julie F. / Artemissia Gold

Lectrice compulsive et blogueuse depuis 2005. 🖤🕯 Je suis également une maman en deuil depuis le 16 octobre 2019 🕯🖤 Je reprends goût progressivement à la lecture (et à l'envie de bloguer) et j'essaie d’avancer comme je le peux dans la vie, sans mon enfant 🙏💖

2 Commentaires

  1. Le concept de base a de quoi nous saisir d’horreur et possède cette touche de glauque qui donne envie de voir ce que le mangaka va en faire… Le résultat semble, en tout cas, t’avoir plu et tenu en haleine !
    Quant aux illustrations que tu as mises en exemple, je leur trouve une certaine force…

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