BD & MANGALES CHRONIQUES DE MANGASEINEN

Chobits T3 de Clamp

J’ai découvert Chobits à sa sortie en 2001 (puis en version française en 2002), il y a donc environ 19 ans… Non, cela ne me rajeunit absolument pas. À cette époque, les mœurs et l’actualité étaient différentes d’aujourd’hui. Nous en étions encore à la découverte d’internet, le haut débit n’était pas dans tous les foyers et la condition des femmes, c’était encore autre chose… surtout au Japon.

Et là, vous allez me dire, « mais où est-ce que tu veux en venir ? » Eh bien, Chobits est un titre qui fait sourciller la féministe qui est en moi…

Son résumé :

Après que Chii a provoqué l’arrêt simultané des PC de tout un quartier, Hideki est troublé. Et, tandis qu’il prend conscience de l’omniprésence des machines autour de lui, les tragédies qui frappent certaines de ses connaissances l’amènent à se questionner sur le bien-fondé de l’humanisation des PC. Cette question l’obsède d’autant plus que Chii s’éveille chaque jour un peu plus. Or, à mesure qu’elle s’humanise et tente de se rapprocher de Hideki, ses étranges facultés se débloquent, ce qui n’échappe pas à la vigilance de deux mystérieux individus. Pour eux, la traque commence…

Mon avis :

Chobits, comme je le disais plus haut est un manga qui date de 2001. C’est un manga culte des Clamp que je trouvais intéressant de relire, ne serait-ce que pour comparer les thématiques d’alors à celles d’aujourd’hui.

Indéniablement, ce titre fait très fan service par bien des aspects et touchera autant les garçons pour les bluettes amoureuses un peu maladroites que les filles avec le côté mignon des dessins… C’est vrai que Chii est toujours habillée de manière très girly et mignonne bien que certains autres personnages versent plutôt dans la tendance sado-maso ou très sexy.

Concernant l’histoire, Chii, le joli PC humanoïde fait tout pour plaire à Hideki, le héros. Ce dernier n’imagine même pas le quart de ce qu’elle serait prête à faire pour le rendre heureux (oui, j’ai grimacé devant cette scène). En parallèle, notre héros se voit recevoir le PC de son ami Shinbo qui s’est enfui avec leur prof (mariée) dont il est amoureux. Cette dernière est malheureuse en ménage depuis que son cher et tendre lui préfère un ordinateur humanoïde.

Derrière ses histoires de société toujours actuelles en 2020, j’ai vu deux thématiques ressortir :

La première et non des moindres : Est-il bien d’humaniser les machines ? Ne risquent-elles pas un jour de supplanter les êtres humains sur terre ?

Et puis, en les humanisant, cela leur donne-t-il une âme pour autant et donc d’avoir une conscience d’eux-mêmes ? Cette âme même qui nous définit comme être humain et nous rend si… uniques.

Avec le personnage de Chii, la question est posée aux lecteurs. Sommes-nous prêts à courir ce risque et à l’accepter comme tels ? Chii est mignonne, elle a des sentiments. Mais ces sentiments sont-ils réels ou conditionnés par un algorithme ?

Deux dualités s’opposent dans la tête de Chii… Parfois Chii me donne l’impression d’être comme Gollum avec une personnalité douce et naïve et l’autre plus coriace et violente… plus égoïste. Et cette série d’albums qu’elle adore semble être le déclencheur des vestiges d’une mémoire effacée… de son existence passée…

Hideki ne se doute de rien pour le moment même si quelques indices viennent le troubler.

À côté de cela il y a ce côté de femme-objet qui me dérange. Lorsqu’on lit Chobits, on voit essentiellement des PC féminins… D’ailleurs, un soir alors qu’il travaille, Hideki se rend compte que beaucoup d’hommes viennent accompagnés de PC féminin… J’admets que j’ai un peu grincé des dents, mais j’ai mis de l’eau dans mon vin, comme on dit.

Je trouve passionnant de relire ce titre, parce qu’il apporte des questionnements qui restent d’actualité… Et oui, avec les avancées technologiques et l’intelligence artificielle au cœur du sujet, ce manga est une bonne entrée en matière.

Dans l’ensemble, le récit augmente en intensité narrative avec cette dualité qui oppose Chii à un double d’elle-même plus sombre. À côté de cela Hideki découvre que la ville est envahie de PC qui remplacent un peu plus chaque jour les humains. Parce que plus parfaits, plus malléables, etc. et se pose des questions sur l’éthique.
Shinbo, le pote de Hideki s’est enfui avec leur prof de fac… et deux inconnus (les fameux personnages habillés sado-maso) sillonnent la ville à la recherche de Chii.

On peut dire que j’ai apprécié cette lecture parce que je me suis posé plein de questions, que j’ai eu un débat intéressant sur plusieurs sujets avec mon cher et tendre et que… oui, j’adore Clamp et je trouve les dessins trop beaux ! Je suis faible !

Chobits T3 de Clamp

8,20€
8.2

Dessins et Mise en pages

9.2/10

L'histoire

8.0/10

Les personnages

7.9/10

L'univers

7.9/10

Mon intérêt

8.2/10

Les plus :

  • Le graphisme toujours impeccable de Clamp
  • Les thématiques abordées

Julie F. / Artemissia Gold

Lectrice compulsive et blogueuse depuis 2005. 🖤🕯 Je suis également une maman en deuil depuis le 16 octobre 2019 🕯🖤 Je reprends goût progressivement à la lecture (et à l'envie de bloguer) et j'essaie d’avancer comme je le peux dans la vie, sans mon enfant 🙏💖

2 Commentaires

  1. Je decouvre pour ma part avec cette réédition, et je me suis fait des remarques similaires. Que ce soit sur le côté ecchi, femme objet un peu malaisant, mais aussi sur les éléments thématiques pertinents.

    Du coup je me rangerai dans la catégorie des « faibles » puisque j’ai beaucoup aimé malgré certains points limites et ça me donne très envie de découvrir le reste de l’œuvre de CLAMP. Sachant que Sakura m’a un peu déçu en manga alors qu’ado, j’étais fan de l’anime. Et j’ai commencé Kobato que je trouve très réussi par contre.

    1. Chez Clamp, j’avais adoré Tokyo Babylon, X, RG Veda, Magic Knight Ray-Earth pour les mangas sortis avant les années 2000. Ensuite, j’ai également apprécié XxX Holic… Un peu particulier, mais plaisant à suivre…
      Je suis certaine d’oublier d’autres titres mais ceux cités m’ont le plus marquée… Ah ! J’ai oublié Clover aussi.
      Card Captor Sakura et Kobato m’ont moins enthousiasmée… Et j’ai aimé Tsubasa reservoir chronicle, mais sans plus…
      Même si je suis moins assidue, je ne renierai jamais l’amour que j’ai pu leur porter… A une époque je collectionnais tout ce qui sortait de leur studio 😅

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