LES CHRONIQUES DE ROMANSLES COUPS DE CŒUR DE SONGELES LIVRESROMANS NON CLASSÉS

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy

Nombre de pages : 416 pages
Editeur : Belfond
Date de sortie : 22 août 2019 
Collection : Roman
Langue : Français
ISBN-10 : 2714479855
ISBN-13 : 978-2714479853
Prix éditeur : 18,00€
Disponible sur liseuse : Oui – 12,99€

De quoi ça parle ?

« Je m’appelle James et je suis exquise… »
Découvrez le grand roman des drag-queens.

Certains disent qu’on est des monstres, des fous à électrocuter.
Nous sommes des centaures, des licornes, des chimères à tête de femme.
Les plus jolis monstres du monde.

Au début des années sida, James est l’une des plus belles drag-queens de New York. La légende des bals, la reine des cabarets, l’amie fidèle des club kids et des stars underground. Quand trente ans plus tard il devient le mentor de Victor, un jeune père de famille à l’humour corrosif, James comprend que le monde et les mentalités ont changé.

Sur trois décennies, Jolis jolis monstres aborde avec finesse et fantaisie la culture drag, le voguing et la scène ballroom dans un grand théâtre du genre et de l’identité. Au cœur d’une Amérique toujours plus fermée et idéologique, ce roman tendre mais bruyant est une ode à la beauté, à la fête et à la différence. Une prise de parole essentielle.

Mon avis

Dès les premières lignes, j’ai été happée et fascinée par l’univers des drag-queens que nous dépeint Julien Dufresne-Lamy, sphère que j’ai eu vaguement l’occasion de côtoyer de loin à l’occasion d’une ou deux gay pride, il y a plusieurs années déjà.

Par le biais de James « Lady Prudence » et de Victor « Mia de Guadalajara », deux personnages sensiblement différents mais finalement pas tant que cela, l’auteur nous immerge dans l’univers des laissés pour compte et nous montre l’envers du décor d’un monde loin d’être en permanence fait de strass et de paillettes. En retraçant l’histoire de grands noms qui ont forgé la culture drag, comme RuPaul ou Divine, sous forme d’une certaine chronologie du mouvement, il décrit aussi à ses lecteurs le quotidien des homosexuels et des transgenres et transexuels de l’Amérique des années 80 et les premières réactions face à l’apparition du sida.

Etre drag-queen, c’est avant tout galérer pour se faire un nom dans le milieu, la concurrence est rude et beaucoup vivent dans la misère, la faim, la drogue et passent notamment par la prostitution. C’est accepter de subir et de susciter des réactions d’hostilité, de curiosité, mais surtout de haine et de racisme, de rejet, aussi bien de la part des gays que des lesbiennes ou des hétérosexuel-les, et évidemment de sa propre famille.

Ce que j’admire dans le fait d’être drag, c’est cette façon d’opérer un voyage entre les corps, de passer d’homme à femme (et ces compétences de dingue en maquillage alors que moi-même je galère à faire un simple trait d’eye liner…), ce côté très caricatural qui vient bousculer les codes d’un monde à la culture viriliste,  dans lequel mettre une robe quand on est un homme est considéré comme un parjure, une trahison.

En montrant nos différences on étrangle les carcans normatifs de l’identité.

Etre drag, c’est être un monstre imprévisible doté de mille têtes, être ce que tu veux être, devenir qui tu veux, faire ce que tu veux, oublier qui tu es et d’où tu viens le temps d’un instant. On se rend compte que la scène est un remède, aussi bien pour celles et ceux qui assistent au spectacle que pour ceux qui performent.

J’ai savouré avec plaisir la plume de l’auteur et cette façon qu’il a de nous plonger de manière assez frontale dans cet univers si particulier et plutôt méconnu, jusqu’à l’apparition très récente de l’émission RuPaul’s Drag Race (dont il est question dans le livre) et que je vais m’empresser d’aller visionner, ne la connaissant pour l’instant que de nom. Il est aussi question d’un documentaire « Paris is burning« , disponible sur Netflix, très intéressant pour compléter cette lecture et mieux comprendre certains aspects (les maisons, les compétitions, les bals) de cette culture drag finalement très codifiée.

J’ai aimé l’ajout des photos à la fin du roman qui permettent de mieux visualiser la flopée de noms dont l’auteur nous submerge au fil du livre et qui peut sembler un peu étouffante pour quelqu’un qui, comme moi, n’a pas connu ces années-là. Il y a, par exemple, pas mal de références à des personnalités et artistes que je n’ai pas pu saisir, mais cela n’a pas gâché ma lecture pour autant. Ce roman est une belle ode à la tolérance et à l’acceptation de l’autre, et c’est surtout cela qui m’a frappée et émue. 

J’ai apprécié constater une évolution dans les mentalités, entre la période de Lady Prudence durant laquelle personne n’aidait les monstres à exister, à part l’entraide entre monstres eux-mêmes, et la période de Mia de Guadalajara où les drag ne sont plus (ou presque plus) vues comme des erreurs de la nature grâce aux médias et aux réseaux sociaux qui les admirent justement pour leur excentricité et leur côté freak et décalé.

En somme, voila une belle pépite pleine de belles émotions pour cette rentrée littéraire que je recommande à qui a envie de découvrir un peu plus ces jolis jolis monstres !

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy

18,00€
9.6

Plume de l'auteur

9.4/10

Les personnages

9.6/10

L'histoire

9.8/10

L'intérêt des lecteurs

9.7/10

On aime :

  • Des personnages attachants
  • Un univers complètement fascinant
  • Un roman plein de belles émotions
  • Une plume saisissante
  • Les photos à la fin du roman

On aime moins :

  • Beaucoup de références à des personnalités que je n'ai pas toujours pu saisir
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Zellena

Sur Songe depuis plus d'un an. Ex chroniqueuse litté, ciné et série de feu Artzone Chronicles. Tombée dans le chaudron de la lecture quand elle était petite. Nage au beau milieu des polars, de l'heroic fantasy, du fantastique et de la science-fiction.

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