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Cendrillon et moi : La belle-mère parle enfin de Danielle Teller

Et si l'héroïne du conte de Cendrillon, était la belle-mère ?


Fournitures diverses: 400 pages
Editeur : Denoël
Date de sortie : 11 avril 2019
Collection : GRAND PUBLIC
Langue : Français
ISBN-10: 2207137813
ISBN-13: 978-2207137819
Prix éditeur : 22,90€
Disponible sur liseuse : Oui – 16,99€

De quoi ça parle ?

C’est la marâtre la plus détestée de l’Histoire, celle dont on parle pour faire peur aux enfants désobéissants. Mais qui savait que la belle-mère de Cendrillon s’appelle en réalité Agnès, qu’elle a passé sa jeunesse à trimer comme bonne à tout faire, quelle a dû se battre comme une lionne pour accéder à un monde qui n’est pas le sien, que son époux est alcoolique et que sa belle-fille, petite princesse aux petons si délicats, est en réalité fort capricieuse ? Agnès n’en peut plus des sornettes autour des pantoufles, des princes charmants et des citrouilles. Elle est bien décidée à rétablir la vérité, quitte à égratigner quelque peu la version officielle. Une réécriture ingénieuse et jubilatoire du célèbre conte, qui réussit l’exploit de nous faire aimer un personnage détesté.

Mon avis

Même si j’étais très curieuse de découvrir ce nouveau récit de la belle-mère de Cendrillon de Danielle Teller et traduit par Audrey Coussy pour les éditions Denoël, je dois tout de même avouer que j’avais peur que ça parte dans la caricature. Que la marâtre se plaigne et se pose en victime d’un terrible complot.

Pour tout dire, ce n’est absolument pas de cette façon que l’histoire d’Agnès commence. Ni de cette manière qu’elle se termine. J’ai lu ce roman en deux jours et encore, parce que je devais dormir et m’occuper de ma famille sinon je pense bien que je l’aurais dévoré en une nuit. J’ai tout aimé dans ce livre ! Tout !

La plume de Danielle Teller est un bonheur que l’on consomme sans modération.

Elle a une manière de présenter l’histoire d’Agnès qui nous fait entrer dans le vif du sujet. On se pelotonne contre son oreiller et on écoute/lit le récit que cette héroïne peu commune va nous dévoiler de sa plume. L’histoire est à la première personne et du point de vue exclusif d’Agnès. Elle nous dévoile son passé tout en relatant ce qui est arrivé à Cendrillon, Elfida de son véritable prénom, depuis son mariage avec le beau prince Henry.

Quant au passé d’Agnès, je dois dire que je ne m’attendais pas vraiment à cela, mais sachez que ce fut PASSIONNANT, de bout en bout. J’ai bu ses mots comme on boit un bon lait chaud. Parfois avec gourmandise, parfois avec effrois, car la vie d’Agnès est loin du conte de fée avec un happy end et un mariage. Pourtant, sa vie est incroyable !

Agnès, finalement, est une battante, une survivante qui apprendra au rythme de ses erreurs comment tirer son épingle du jeu. Elle apprendra que l’innocence et la naïveté ne servent pas les pauvres comme elle. Elle souffrira, aura des moments de bonheur, et c’est ses derniers, aussi éphémères soient-ils qui lui permettront d’avancer.

Le lecteur découvre avec attention tous les protagonistes que nous avons connus enjolivés par le conte de Cendrillon. La bonne fée marraine de la petite Elfida est une abbesse dure au cœur rigide qui n’épargnera pas Agnès et n’aura pas grande mansuétude à son égard. Le père de Cendrillon, quant à lui,  un pauvre homme sans confiance qui se cache derrière la bouteille. Quant au premier mari de notre héroïne, Fernan, il n’avait rien d’enviable. Beau parleur et séducteur, il l’a eu par la force des choses. Toutefois, je pense que l’on peut dire qu’il fut son premier et unique béguin. Non, son véritable amour est au nombre de deux et ce sont ses filles. Ses filles si laides, mais si belles à l’intérieur. Là encore, elles ne sont pas laides par hasard ou par trop de méchanceté. La vie a été rude avec Charlotte dont la seule laideur est sa couleur de peau. Quant à la seconde Matilda, je dois dire que j’ai versé quelques petites larmes la concernant.

La vie de la marâtre n’a pas été facile, elle a même été compliquée, pleine d’embûches avec des personnes qui ne la traitaient pas mieux qu’un chien, parce qu’à cette époque, les paysans n’étaient que quantité négligeable.

On y découvre une Cendrillon, geignarde, capricieuse et peu reconnaissante de l’attention que lui a portée sa belle-mère. On présume que la jeune princesse a dû raconter ses déboires à quelques personnes de la cour et les rumeurs qui enflèrent sans commune mesure déformèrent la vérité au point d’en faire un récit abracadabrant avec une belle-mère affreuse, des belles-sœurs encore pire…

J’avais peur de ne pas adhérer à ce récit et finalement il sonne juste et bienveillant ! Car ce qu’il ressort de cette lecture c’est la bienveillance avec une fin qui finit bien, malgré tout. Ce n’est pas un Happy-End comme on pourrait l’imaginer pour Agnès et ses filles, mais juste l’espoir d’avoir enfin une vie tranquille et heureuse.

La cour royale est une putain capricieuse. Sa robe écarlate et son visage maquillé semblent peut-être beaux aux yeux d’un observateur de passage, mais quiconque s’en approche peut voir des fissures dans son visage poudré et des trous rapiécés dans le satin de sa robe. La cour ne garde de place dans son cœur que pour l’or qui remplit les poches des hommes.

Cendrillon et moi : La belle-mère parle enfin de Danielle Tellier

22.90€
10

La plume de l'autrice

10.0/10

L'histoire

10.0/10

Les personnages

10.0/10

L'ambiance

10.0/10

L'intérêt des lecteurs

10.0/10

On aime :

  • L'histoire sur le passé de la belle-mère
  • L'histoire de Cendrillon du point de vue de la belle-mère
  • La plume de l'autrice
  • L'ambiance du récit qui malgré son réalisme a indéniablement un air de conte de fée
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Artemissia Gold

Administratrice et rédactrice du webzine depuis 11 ans. Songe d’une nuit d’été est un webzine culturel consacré à la littérature (Romans, BDs, Manga, Albums jeunesses etc.) mais aussi au cinéma, aux séries TV, à la musique et tout ce qui touche de près ou de loin au domaine du loisir et de la culture.

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