JC LattèsLES CHRONIQUES DE ROMANSLES COUPS DE CŒUR DE SONGELES LIVRESROMAN CONTEMPORAIN

Les gratitudes de Delphine de Vigan

Nombre de pages : 192 pages
Editeur : JC Lattès
Date de sortie : 6 mars 2019
Collection : Littérature Française
Langue : Français
ISBN-10 : 2709663961
ISBN-13 : 978-2709663960
Prix éditeur : 17,00€
Disponible sur liseuse : Oui – 11,99€

De quoi ça parle ?

«  Je suis orthophoniste. Je travaille avec les mots et avec le silence. Les non-dits. Je travaille avec la honte, le secret, les regrets. Je travaille avec l’absence, les souvenirs disparus, et ceux qui resurgissent, au détour d’un prénom, d’une image, d’un mot. Je travaille avec les douleurs d’hier et celles aujourd’hui. Les confidences.
Et la peur de mourir.
Cela fait partie de mon métier.
Mais ce qui continue de m’étonner, ce qui me sidère même, ce qui encore aujourd’hui, après plus de dix ans de pratique, me coupe parfois littéralement le souffle, c’est la pérennité des douleurs d’enfance. Une empreinte ardente, incandescente, malgré les années. Qui ne s’efface pas.  »

Michka est en train de perdre peu à peu l’usage de la parole. Autour d’elle, deux personnes se retrouvent  : Marie, une jeune femme dont elle est très proche, et Jérôme, l’orthophoniste chargé de la suivre.

Mon avis

Je dois avouer que j’ai quelques lacunes concernant la littérature française, mais cette année j’ai décidé d’y mettre un peu plus le nez. J’avais déjà été séduite par la plume de Dephine de Vigan avec son roman No et Moi, et je dois dire qu’avec Les gratitudes, elle a su faire chavirer mon cœur et profondément me bouleverser.

C’est aujourd’hui le jour de la sortie officielle de ce roman coup de cœur, et je suis absolument ravie de pouvoir vous en parler.

Dans cette histoire, nous faisons la connaissance de trois personnages.
La plus importante de tous est sans aucun doute Michka (Michèle Seld, de son vrai nom). On découvre cette dame âgée très attachante avant son entrée en Ehpad. Elle a alors peur de rester seule, et c’est cela qui motive sa demande d’hébergement en institution spécialisée. Au fur et à mesure des pages, on assiste à son déclin et c’est un profond déchirement, aussi bien pour nous, pour les personnes qui la côtoient, que pour Michka elle-même, parce que la vieille dame atteinte d’aphasie (perte de la faculté à s’exprimer) a parfaitement conscience que le vocabulaire et les mots qu’elle a dans la tête lui échappent jour après jour sans qu’elle n’y puisse rien. Elle finit par ne plus oser ouvrir la bouche. C’est quelque chose qui m’a énormément bouleversée.
En parallèle, on découvre que Michka, avant de partir l’esprit tranquille et au moment où elle l’aura décidé, se donne en quelque sorte la mission de retrouver les personnes qui ont pris soin d’elle et qui l’ont cachée alors que ses parents se faisaient déporter. C’est cela qui la tient, qui la maintient en vie et lui donne un peu d’espoir.

A ses côtés, il y a Marie, une jeune femme qui allait souvent trouver refuge chez Michka étant enfant, lorsque ses parents ne pouvaient pas s’occuper d’elle. De ce fait, elle a toujours considéré la vieille dame comme sa grand-mère plutôt que comme une simple voisine. Elle nous raconte son sentiment d’impuissance face à une femme à la vie désormais amoindrie, rétrécie, minutée à la seconde près. On suit également de loin sa vie à elle et ses déboires amoureux à travers les confidences qu’elle fait à Michka.

Enfin, il y a Jérôme, l’orthophoniste de l’Ehpad, qui se prend rapidement d’affection pour la vieille dame. Elle le bouleverse plus que les autres pensionnaires de l’établissement. Il souhaite l’aider, bien au-delà de sa fonction médicale, même s’il se sent parfois démuni face à cette dame pour qui il éprouve beaucoup de respect et de compassion.

C’est un roman qui fait réfléchir, qui nous fait nous demander si c’est ce qui nous attend nous aussi, d’ici quelques années, et s’il y a un moyen de l’éviter. Sans le langage, que nous reste-t-il ?
Il nous pousse également à porter une réflexion sur le quotidien des personnes âgées, ainsi que sur notre propre histoire et toutes ces choses que l’on aimerait dire ou faire avant qu’il ne soit trop tard, et interroge notre propre rapport à la mort. Loin de moi l’idée de vouloir vous déprimer, mais il faut bien admettre que ces questions font partie de l’existence, et elles finiront par faire surface un jour ou l’autre. Sauf si entre temps, quelqu’un découvre la recette de l’immortalité.

Pour conclure, je n’ai qu’un seul mot à dire: Merci.

Les gratitudes de Delphine de Vigan

17,00€
10

La plume de l'auteure

10.0/10

Les Personnages

10.0/10

L'histoire

10.0/10

L'intérêt du lecteur

10.0/10

On aime :

  • La plume de Delphine de Vigan
  • Les réflexions que ce livre engendre
  • L'attachant personnage de Michka
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Zellena

Sur Songe depuis plus de deux. Ex chroniqueuse litté, ciné et série de feu Artzone Chronicles. Tombée dans le chaudron de la lecture quand elle était petite. Nage au beau milieu des polars, de l'heroic fantasy, du fantastique et de la science-fiction.

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