La Bête NoireLES CHRONIQUES DE ROMANSLES LIVRESTHRILLERS & POLARS

Le Sceau des Sorcières de Jacques Vendroux

Le Sceau des Sorcières de Jacques Vendroux

Nombre de pages : 570 pages
Éditeur : Robert Laffont
Date de sortie : 23 novembre 2017
Collection : ROMAN
Langue : Français
ISBN-10 : 2221200454
ISBN-13 : 978-2221200452
Prix éditeur : 20€00
Disponible sur liseuse : Oui à 3€99

De quoi ça parle ?

Sous les cendres couve une vengeance séculaire.
Quand Isabelle Desmondières, chef d’entreprise à la vie débridée, est retrouvée torturée à mort à son domicile, c’est à son entourage que s’intéresse la police. Mais l’enquête prend une autre tournure lorsqu’une mère de famille sans histoires est découverte, quelques jours plus tard, immolée par le feu sur le campus de Grenoble. Car il y a un point commun entre les deux victimes : un tatouage mystérieux, le fameux  » sceau des sorcières « .
Pour comprendre ce qui lie ces meurtres atroces, le capitaine Nadia Barka devra exhumer les secrets du passé, notamment ceux du Vatican, et remonter des procès iniques de l’Inquisition au XVIIe siècle aux turpitudes d’une élite lyonnaise dépravée.

Mon avis

Si on ne fait pas attention, la centaine de premières pages de ce livre ressemble à ces polars revus et archi-revus dans lesquels le lecteur amateur de sensations fortes est emmené dans les dérives des milieux sado-maso. Des femmes mortes sous d’insoutenables tortures, des clubs privés olé olé où l’omerta règne en maître… seulement, c’est une vision superficielle. En lisant entre les lignes, on constate que l’auteur nous promène, malicieux, au milieu de clichés cachant une autre réalité, une sorte de voile qui se déchirera totalement au fil des pages. Rien que pour ça, le Sceau des Sorcières est un livre jubilatoire.

En cette période où les violences faites aux femmes sont dénoncées dans les médias et sur les réseaux sociaux, on peut affirmer que ce livre tombe à pic. Outre les crimes épouvantables dont sont victimes plusieurs malheureuses, l’intrigue pointe du doigt le machisme ordinaire, la misogynie rampante et les souffrances dont aura été victime la gent féminine au cours de l’histoire sous des prétextes fallacieux, entre ces innocentes que l’on brûlait pour sorcellerie il y a trois cents ans et de pauvres filles dont les agressions sont filmées et balancées telles quelles sur le Net en ce début de XXIème siècle. Les femmes, même si elles sont appuyées par de très bons personnages masculins, sont les véritables héroïnes de ce livre. L’auteur nous fait découvrir leur désespoir, leur capacité de survie, leur courage, leur naïveté, tout ce qui fait leur humanité, en somme. Le principal personnage, du point de vue duquel est raconté le plus gros de l’histoire, est d’ailleurs une femme. Une capitaine de police certes, mais aussi une femme, une jeune mère, une humaine à la personnalité bardée de cicatrices. Je n’en dirai pas plus mais son caractère, sa volonté d’être forte en toutes circonstances et de ne (presque) jamais montrer la moindre faiblesse fait d’elle un personnage aussi attachant qu’exaspérant. On l’aime, on admire son courage mais parfois, on a un peu envie de la secouer. Elle n’est pas parfaite, loin de là, et c’est en ce sens qu’on s’y attache autant.

Par ailleurs, j’ai aimé le fait que ce roman ne se passe pas à Paris, ce qui n’est pas si courant dans la littérature policière française. La ville de Grenoble, du moins pour ceux qui n’y vivent pas, représente un beau dépaysement. L’intrigue nous promène également à Lyon et à Rome mais cela reste anecdotique, même si les descriptions du Vatican donnent vraiment envie d’y aller. Ce que je vais dire est un peu cliché mais la vallée de l’Isère, ça change un peu du Quai des Orfèvres.

Je ne dirai pas grand-chose sur l’intrigue en elle-même pour ne pas gâcher le plaisir. Sachez simplement qu’il s’agit d’une enquête bourrée de chausse-trappes qui ne se contente pas de fouiner les méandres superstitieux de notre histoire ou les fantasmes les plus malsains de l’humanité. Tout au bout se situent des émotions, des désirs que nous cachons tous au fond de nos petits cerveaux reptiliens, à savoir le besoin de maîtriser nos contemporains et… le désespoir. Ce mélange antagoniste est un cocktail détonnant dont les personnages, tout comme le lecteur, ne sortent pas indemnes.

En résumé, le Sceau des Sorcières est un très bon roman, profond et intelligent, bien écrit et en phase avec son époque. La nôtre.

Le Sceau des Sorcières de Jacques Vendroux

20.00 €
8

Plume de l'auteur

8.5/10

Intensité narrative

8.5/10

Scénario

8.0/10

Personnages

7.0/10

Les points positifs

  • L'image de la femme
  • L'enquête pleine de rebondissements
  • Le lieu de l'intrigue

Les points négatifs

  • Quelques clichés sur le milieu SM
Tags
Voir Plus

Lilou Black

Liloublack, trentenaire rêveuse et caféinomane qui vit chez son chat le jour et dans son palais mental la nuit. What else ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Fermer
Fermer
%d blogueurs aiment cette page :
Aller à la barre d’outils