Victoria de Daisy Goodwin

Victoria de Daisy Goodwin

Nombre de pages : 576 pages
Editeur : Milady
Date de sortie : 20 octobre 2017
Collection : Milady Littérature
Langue : Français
ISBN-10: 2811235264
ISBN-13: 9782811235260
Prix éditeur : 18,20 €
Disponible sur liseuse : Oui à 9,99 €

De quoi ça parle ?

Alors qu’elle vient d’avoir dix-huit ans, Alexandrina Victoria est sacrée reine de Grande-Bretagne et d’Irlande. Dès lors, la jeune souveraine surprend tout le monde : elle abandonne son prénom détesté pour adopter celui de Victoria, insiste pour avoir ses propres appartements et rencontrer ses ministres en tête à tête. L’un d’entre eux, lord Melbourne, devient très vite son secrétaire particulier. Il aurait peut-être pu devenir davantage… si tout le monde n’avait pas soutenu que la reine devait épouser son cousin, le taciturne prince Albert. Mais ce que Victoria ignore encore c’est qu’en amour comme en politique, il ne faut pas se fier aux apparences…

Mon avis

Premier point : contrairement à ce que laisse entendre la quatrième de couverture, ce roman est loin d’être une romance. Nous suivons la vie de Victoria de ses 17 ans jusqu’à ses fiançailles. Je ne spoile pas en vous parlant de la fin, puisqu’il est bien connu que la reine Victoria a eu une relation incroyable avec son mari, le prince Albert (qu’elle détestait cordialement au début) et de (très) nombreux enfants. J’avais découvert Daisy Goodwin avec La dernière duchesse, que j’avais beaucoup aimé, et ce nouveau titre m’a tout de suite interpellée.

Ce roman nous propose une plongée dans l’esprit de cette jeune fille propulsée au plus haut poste de la monarchie, un rang qu’elle n’aurait pas du connaître s’il n’y avait pas eu une succession d’événements particuliers dans sa famille (mort précoce, mariage stérile, etc.) : en effet elle était cinquième dans l’ordre de succession. Pour celles et ceux qui ont connu le film avec Romy Schneider Les jeunes années du reine (film auquel j’ai pensé tout au long de ma lecture), on est là dans une représentation de Victoria bien moins romantique (à part les tenues !). Je n’ai pas vu la série Victoria (de Daisy Goodwin justement), avec Jenna Coleman et Tom Hughes, à vous de me dire ce que vous en pensez !

Rentrons un peu plus dans le texte maintenant.

Une reine mal barrée

Et encore, je parle poliment ! Victoria a toujours vécu dans les jupes de sa mère. Orpheline assez jeune de père, elle a été d’un côté surprotégée (sa mère dormant dans la même chambre qu’elle jusqu’à ce que la jeune femme décide, en devenant reine, de s’émanciper), et de l’autre complètement mise à l’écart, dans une résidence assez insalubre, loin de toute sphère politique et culturelle. Elle aurait vraiment pu devenir une marionnette entre les mains notamment de l’amant de sa mère, sir John Conroy, un manipulateur toxique qui a bien l’intention de devenir roi par intérim à la place de la reine.

Il faut également rajouter qu’elle partait avec de sérieux handicaps : son âge, à peine dix-huit ans, et son sexe. La Grande-Bretagne est à l’époque un pays dans lequel une femme peut devenir reine mais ne peut pas voter…

Un attachement qui a fortement déplu

Entre sa mère qui la considère comme une petite fille, Conroy qui ne cherche qu’à la manipuler en la faisant passer pour une faible (voire folle) femme, les ministres réticents, etc., la présence de lord Melbourne, quarante ans tout pile de différence avec elle, est une bouffée d’air frais. C’est lui qui va le premier se rendre compte qu’elle n’est pas qu’un bibelot sans cervelle. C’est lui encore qui va lui expliquer les arcanes de la politique, les codes sociaux et diplomatiques à connaître. Pour Victoria qui a grandi sans père et sans amis, ça va être une révélation : à la fois figure paternelle, confident, premier amour d’adolescente, il incarne l’Homme dans toute sa splendeur. Mais leur relation n’est pas du goût de tous, et certainement pas des adversaires politiques de Melbourne, qui sent bien qu’il doit pousser la jeune reine dans les bras d’un autre.

Et comme on est à une époque où la consanguinité n’est pas le premier des maux (et après ils s’étonnent que leur descendance ne soit pas au max de sa forme…), ils sont plusieurs à vouloir la pousser dans les bras de son cousin, Albert. Certains, comme l’oncle de Victoria (et d’Albert), Leopold, roi des Belges, n’hésitent pas à donner des conseils (qui s’apparentent davantage à des ordres qu’autre chose) à la jeune femme, et sont persuadés qu’Albert leur permettra de toucher au plus près la royauté. En effet, dans leur esprit les choses sont claires : Victoria épouse Albert, qui prend le pouvoir et en gros le laisse aux mains de ceux qui l’ont mené jusque-là.

Heureusement, l’histoire nous a montré que la réalité va être bien différente !

En bref

Vous aurez compris, j’espère, que ce roman est loin de m’avoir laissée indifférente ! On rentre dans la Grande Histoire par la petite porte, et c’est ce que je préfère pour appréhender une époque ou un personnage. Victoria est une reine fascinante, qu’importe si on adhère ou non à ses idées. C’est une gamine qui parle à ses poupées, placée sur un trône avec une couronne trop lourde, mais qui va relever la tête et mener à la baguette les grands de ce monde. Jouissif !

Victoria

18.20
Victoria
8.8

Intrigue

9.0/10

Personnages

9.0/10

Plume de l'auteur

8.0/10

Originalité

9.0/10

Intérêt du lecteur

9.0/10

Les points positifs

  • La découverte de la petite histoire
  • Les personnages forts comme Victoria ou lord Melbourne
  • La vie de château à l'époque, si préservée mais si triste

Les points négatifs

  • On aurait aimé aller encore plus loin dans l'histoire !
 

1 Commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*