[fanfiction Harry Potter] Antje #12

Le chapitre qui va suivre a été coupé en deux. Voici la première partie, la seconde sera à découvrir la prochaine fois. Bonne lecture à tous.

Chapitre 12

Take this walz (partie 1)

La pièce était brillamment éclairée. Je me trouvais au milieu d’une foule de gens vêtus de gris. Ils étaient là, rassemblés, comme pour assister à un spectacle. Je me faufilai parmi ces individus silencieux et qui se ressemblaient tellement que même leurs visages, ordinaires et sans traits distinctifs, étaient identiques. Tout ce que j’entendais, c’était de la musique. Quelqu’un jouait du piano quelque part, une sorte de valse. Autour de moi, personne ne réagissait, même quand je jouais des coudes pour passer. Tous les regards étaient fixés dans la même direction. Au centre de la pièce, juste sous un lustre en cristal, se trouvait une fille au visage masqué. Elle dansait. Elle portait une robe dorée, un drôle de chapeau et des quantités de bijoux. Au milieu de la grisaille uniforme de l’assemblée, elle était très belle mais elle avait quelque chose de vénéneux. Des mains se tendait vers elle pour la toucher mais elle les esquivait en souriant. Je restai planté là, fasciné par cette splendeur inaccessible. Il me fallut du temps pour m’apercevoir qu’elle se dirigeait vers moi de son pas dansant et gracieux. Malgré son masque, je sentais son regard peser sur moi et j’en étais tétanisé. J’avais envie de fuir et de m’approcher tout à la fois. Soudain, elle se dressa face à moi, éblouissante, terrifiante comme une divinité oubliée. Elle retira son masque et son étrange chapeau, les laissa tomber au sol. Alors je la reconnus. Je reconnus ses yeux marron comme du chocolat chaud, ses cheveux roux qui, curieusement, étaient coupés à ras. Son regard était d’une tristesse insondable. Elle me parla mais je fus incapable de retenir le moindre de ses mots. Tout ce que je voulais, c’était partir avec elle, loin de cette pièce à la lumière trop vive et à l’atmosphère oppressante. Alors je tendis la main vers elle. « Antje, dis-je, allons-nous-en d’ici. » Je n’entendis pas sa réponse. Je m’éveillai.

Le jour était sur le point de se lever. Le noir d’encre de la nuit pâlissait à travers le givre qui couvrait les fenêtres. Je me redressai en position assise et avisai le tas de paquets emballés au pied de mon lit. Nous étions le 25 décembre, déjà. Où étaient passés les premiers jours de vacances ? Je l’ignorais mais dans tous les cas, il me faudrait faire face, à présent. Je m’étais appliqué à occulter la perspective de cette journée, ou plus précisément de cette soirée, pour ne pas tomber malade d’anxiété. Qu’est-ce qui m’avait pris, bon sang ? Une bribe de mon rêve me revint à ce moment-là, les cheveux courts d’Antje, comme le soir où je lui avais proposé de m’accompagner à ce bal. Ça signifiait certainement quelque chose mais je n’avais pas envie de savoir quoi. De toute façon, c’était trop tard.

Je jetai un coup d’œil vers mes copains. C’était bizarre de voir le lit de Peter vide. Normalement, il se roulait toujours en boule sous les couvertures avec juste trois cheveux qui dépassaient. James dormait toujours et Remus lisait à la lumière de sa baguette magique. Son bouquin devait être passionnant puisqu’il n’avait même pas remarqué que j’étais réveillé. Histoire de rire un peu, j’arrachai une plume qui dépassait de mon oreiller et la fis léviter pour qu’elle aille chatouiller le cou de mon ami lycanthrope qui bondit dans son lit.

« Sirius, bon sang ! grogna-t-il. Tu te crois drôle ?

— Joyeux Noël à toi aussi », répliquai-je en souriant.

Remus eut un petit rire et alluma les bougies. James ne tarda pas à se réveiller et nous pûmes ouvrir nos cadeaux.

Je ne fus pas étonné par les sucreries et les farces et attrapes vu que j’en recevais tous les ans. Toutefois, James m’avait offert quelque chose en plus qui me laissa pantois. Par un quelconque moyen douteux, il avait réussi à prendre Antje en photo. Elle se tenait assise dans la salle commune, un livre ouvert devant elle, et elle écrivait avec constance sur une feuille de parchemin. Elle ne regardait pas l’objectif, ses yeux étaient baissés sur son devoir. Je retournai la photo et y trouvai un petit mot : « Je me suis caché sous ma cape d’invisibilité pour prendre la photo. Je pense que même si je lui avais demandé gentiment, Antje ne se serait pas laissée faire. Joyeux Noël, mon pote. » Je glissai l’image dans un bouquin qui traînait sous mon lit en souriant comme un idiot. James me revaudrait ça. J’ouvris mon dernier cadeau et y trouvai une plaque de mon chocolat préféré (au lait avec de la confiture de myrtilles), accompagnée d’une carte de vœux sur laquelle des bonshommes de neige jouaient à saute-mouton. « Joyeux Noël, Sirius. Et merci pour tout. Antje. » Je me sentis rougir jusqu’aux oreilles. Finalement, j’avais bien fait de lui envoyer un petit cadeau puisqu’elle avait pensé à moi pour Noël. Cette petite attention me toucha plus que je n’aurais su le dire. Et vu le regard que mes deux copains posaient sur moi, ils n’allaient pas tarder à se fiche de moi.

« C’est trop mignon, fit James.

— La ferme, rétorquai-je.

— Vous vous êtes fait le même cadeau ! Bon, le chocolat, ce n’est pas très original mais c’est un signe, c’est sûr.

— Un signe de quoi ? s’étonna Remus.

— Un signe qu’il va s’en prendre une s’il ne la boucle pas toute suite », grondai-je avant de jeter un coussin sur la tête de James.

L’ouverture des cadeaux vira donc à la bataille d’oreillers et des plumes ne tardèrent pas à voler partout. Je me sentis vaguement coupable en pensant aux elfes de maison qui devraient nettoyer ce désastre mais après tout, c’était Noël. Autrement dit, c’était le moment où jamais de s’amuser.

 

oOØOo

 

Un peu plus tard, nous descendîmes prendre le petit déjeuner. Je me sentais de bonne humeur. Mes camarades échangeaient dans la bonne humeur la liste des cadeaux qu’ils avaient reçus. Je vis Antje assise à côté de Lily Evans qui, curieusement, ne semblait pas dans son assiette. Peut-être avait-elle été déçue de ses cadeaux mais après tout, ça ne me regardait pas. James, lui, fixait la préfète du regard et je l’entendis marmonner :

« Si c’est à cause de cet abruti de Pouffsouffle qu’elle fait cette tête, c’est pas un Cognard qu’il se prendra dans la tronche.

— Si j’étais toi, James, je ne m’en mêlerais pas » répondit Remus d’une voix calme.

Mon meilleur ami n’eut pas le temps de répliquer. Antje vint s’asseoir à côté de moi.

« Joyeux Noël, dit-elle. Sirius, je te remercie beaucoup pour les chocolats. »

Je me sentis rougir jusqu’aux oreilles et James oublia immédiatement Lily Evans pour ricaner comme un idiot. Heureusement, Antje ne lui prêta aucune attention. Elle se servit une tasse de café et nous interrogea sur les cadeaux que nous avions reçus.

« Sirius m’a offert des Dragées surprises de Bertie Crochue, dit James. Il faut se méfier de ces trucs-là, j’aurais préféré du chocolat.

— Plus jamais je ne toucherai à ça, affirma Antje. Quand j’étais en deuxième année, Kowalski m’a coincée dans le dortoir pour me forcer à en manger une qui avait goût de foie cru. J’ai failli vomir et elle a trouvé ça très drôle. »

J’eus un peu honte en entendant cette anecdote. Peut-être que finalement, même s’il était parfois pénible, James ne méritait pas de manger les dragées aux croquettes pour chat. Bah. Je lui proposerais de faire le tri et d’envoyer les bonbons les plus dégoûtants à Rogue. Ça lui ferait les pieds, pensai-je en jetant un coup d’œil à mon ennemi préféré qui faisait tapisserie avec ses copains à la table des Serpentard.

Je n’étais pas le seul à avoir envoyé du chocolat à Antje. Elle en avait également reçu de sa famille, ainsi que des livres et une écharpe tricotée par sa grand-mère. De fait, elle nous parla un peu de sa famille moldue qui semblait bien vivre le fait qu’elle soit une sorcière. Tout en parlant, elle jetait de temps à autres des regards à la préfète et je ne compris pas très bien pourquoi, jusqu’à ce qu’elle nous explique que la sœur d’Evans n’avait pas voulu de son cadeau de Noël. À croire que si certains sorciers faisaient preuve d’intolérance à l’égard des Moldus, l’inverse était également vrai, du moins concernant la population non-magique au courant de notre existence.

 

oOØOo

 

La matinée se passa sans incident notable. Je fis quelques parties de bataille explosives avec James et Remus tandis qu’Antje était plongée dans le roman moldu que lui avait envoyé sa mère. Le repas de midi fut, comme tous les ans, extrêmement copieux mais bizarrement, la dinde aux marrons ne me faisait pas du tout envie. Les odeurs de nourriture me retournaient l’estomac. Je me forçai toutefois à avaler quelque chose tandis qu’à côté de moi, Antje touchait à peine à son assiette. D’ailleurs, elle sortit de table sans même toucher au dessert, prétextant qu’elle avait « beaucoup de choses à faire. » Je n’eus pas l’occasion de me demander de quoi il en retournait. James et Remus me regardaient d’un air presque désolés.

« J’espère que tu vas tenter quelque chose, Sirius, me dit mon meilleur ami, parce que cette situation devient ridicule.

— Qu’est-ce que tu veux dire ? demandai-je, sur la défensive.

— Tu la regardes comme un affamé quand elle ne fait pas attention et elle, elle te dévore des yeux quand tu regardes ailleurs. Vous n’êtes que deux idiots, l’un comme l’autre. Ça ne peut pas durer indéfiniment.

— Et alors ? grognai-je.

— Et alors, ne reste pas là comme un imbécile, dis-lui qu’elle te plaît, demande-lui de sortir avec toi, enfin fais quelque chose.

— Tu n’y connais vraiment rien, James Potter, répliquai-je. Tu dis ça comme si c’était facile.

— Je ne dis pas que ça l’est. Je dis juste qu’elle te plaît, que tu lui plais, et que ça commence à être énervant de vous voir vous jeter des œillades à la dérobée comme si c’était le truc le plus honteux qui existe. »

Je n’avais pas envie de le lui dire mais pour moi c’était effectivement le truc le plus honteux qui existe. Certes, j’avais accepté ce que je ressentais pour Antje mais ça ne m’empêchait pas de considérer cette attirance comme malvenue et déplacée. Je devais la soutenir dans ce qu’elle vivait, elle n’attendait rien de plus de moi à mon sens et…

“Elle te dévore des yeux quand tu regardes ailleurs.“

« James, dis-je, tu viens bien de m’annoncer comme si c’était normal qu’Antje…

— Tu lui plais, abruti patenté, gronda mon meilleur ami. Tu es juste infoutu de le voir parce que tu ne fais pas attention aux gens. Elle se comporte un peu différemment en ta présence et les regards qu’elle pose sur toi sont particulièrement bavards. »

Je baissai la tête et regardai le morceau de gâteau qui se figeait dans mon assiette. Quels que soient les sentiments d’Antje à mon égard, un problème persistait. Je ne savais pas comment m’y prendre. Et c’était très énervant.

 

oOØOo

 

Un rayon de soleil dans l’après-midi poussa plusieurs élèves dans le parc. Je constatai qu’il y avait surtout des garçons. Les filles, pour une raison mystérieuse, se trouvaient à l’intérieur et, tandis que nous sortions du château, nous n’en croisâmes pas une seule dans les couloirs. Merlin savait ce qu’elles étaient en train de fabriquer, toutes autant qu’elles étaient. Je fis une énorme bataille de boules de neiges avec mes copains, ce qui eut le mérite d’apaiser quelque peu la tension qui me rongeait à petit feu. Toutefois, le crépuscule arriva beaucoup trop vite à mon goût et la tombée du jour nous poussa à rentrer.

Le calme apparent de mes deux meilleurs amis me portait un peu sur les nerfs même si je savais qu’au fond de lui, James envisageait de faire un mauvais coup quelconque au cavalier de Lily Evans. J’espérais qu’il n’en ferait rien. Mieux valait que cette petite fête se déroule dans le calme, si tant est que ce soit possible.

En attendant de nous préparer pour la soirée, ce qui ne risquait pas de prendre des heures, nous discutâmes de tout et de rien dans le dortoir. Il n’y avait que des petits de première et deuxième année dans la salle commune. Eux n’étaient pas autorisés à assister au bal, donc ils s’occupaient comme ils pouvaient en faisant un maximum de bruit. Ç’avait toujours été comme ça. Étendu sur mon lit, le regard fixé au plafond, j’écoutais la conversation plus que je n’y participai. Remus finit par me donner un coup d’oreiller sur le crâne :

« Arrête de faire la tête, dit-il, on dirait que tu vas à un enterrement.

— …

— Laisse tomber, fit James. Avec un peu de chance, ça ira mieux quand on sera sur place. »

Certainement pas, pensai-je, mais je préférai ne pas le dire tout haut. Cela étant, Remus avait raison. Il fallait que je me calme et que je fasse abstraction de ma nervosité. L’essentiel était qu’Antje passe un bon moment et ce ne serait pas le cas si je persistais à me ronger les sangs.

Trois quarts d’heure avant le début du bal, je sortis de mes affaires la tenue de soirée que je n’avais jamais portée de ma vie. Ma mère me l’avait achetée l’été précédent puisque j’avais pas mal grandi. J’avais réussi à la dissuader de choisir des vêtements verts, trop connotés Serpentard à mon goût, même si c’était une couleur emblématique de ma famille. Ma tenue de soirée était grise, ce n’était pas une teinte des plus joyeuses mais selon moi, ça irait très bien. Du coin de l’œil, je vis James essayer vainement de se coiffer et je ne pus m’empêcher de rire un peu.

« Tes cheveux sont une cause perdue, lui dis-je.

— Toi-même » répondit-il.

Je vis Remus sourire. Je me sentis un peu mieux.

Nous descendîmes tous les trois et mes deux potes me laissèrent au pied de l’escalier pour retrouver leurs compagnes d’un soir. J’attendis Antje en bas de la tour de Gryffondor en m’efforçant de faire le vide dans ma tête. Tout se passerait très bien, pensais-je. Paniquer ne servait à rien. Il me suffirait d’agir en fonction du déroulement de la soirée et…

« Hum hum… »

Je sursautai et regardai vers l’escalier. Lily Evans était là, très jolie avec sa robe pourpre et ses fleurs dans les cheveux. À ses côtés, souriant nerveusement, se tenait Antje.

Elle était vraiment belle et ne ressemblait plus du tout à cette fille complexée qui cachait ses formes sous des vêtements trop grands. Elle portait une longue robe bleu-vert qui montrait juste ce qu’il fallait tout en dissimulant le superflu. À dire vrai, je ne savais pas trop comment la regarder sans avoir l’air d’un malotru. Si mes yeux s’attardaient trop sur ses épaules dénudées, sa poitrine ou sur ses hanches, Antje penserait que j’étais en train de la reluquer. Je m’efforçai donc de regarder surtout son visage. Sa coiffure ne me plaisait pas trop. Ses cheveux étaient remontés en chignon et je préférais de loin les voir détachés. Elle portait un peu de maquillage et j’éprouvai une nouvelle fois l’envie de l’embrasser pour sentir la saveur de son rouge à lèvres.

Je sentis sur moi le regard de Lily Evans. Elle nous observait tous les deux d’un air satisfait. J’avais envie qu’elle s’en aille mais dans le même temps, j’appréhendais quelque peu de me retrouver seul avec Antje parce que je ne savais pas quoi lui dire. J’avais bien envie de lui avouer que je la trouvais très jolie mais comment exprimer ce genre de choses sans passer pour un imbécile ?

« Je dois vous laisser, dit Evans au bout d’un moment. Il ne faut pas que je fasse attendre mon cavalier trop longtemps. À plus tard. »

Sur ces mots, elle s’en alla d’un pas vif. Je restai planté là en compagnie d’Antje qui passa une main nerveuse sur son chignon en marmonnant :

« J’ai l’impression d’être déguisée, c’est perturbant.

— Ne dis pas de bêtises, répliquai-je sans pouvoir m’en empêcher. Tu es très belle. »

Un ange passa et je rougis jusqu’aux oreilles. Antje baissa la tête comme si elle craignait d’affronter mon regard mais je l’entendis murmurer :

« Merci beaucoup. »

Je me laissai quelques secondes pour reprendre contenance et afficher un air dégagé qui cacherait ma nervosité puis je proposai à Antje de rejoindre les festivités. Je la vis redresser les épaules, inspirer profondément, et nous quittâmes le couloir bras dessus, bras dessous pour notre « entrée en scène ».

 

oOØOo

 

Dans un premier temps, nombre de gens semblèrent ne même pas reconnaître Antje. Je croisai beaucoup de regards curieux posés sur elle. En un sens, c’était assez amusant. Avaient-ils tous une mémoire des visages aussi nulle ? Je n’eus guère le loisir de répondre à cette question puisque juste après notre arrivée, James fonça sur nous accompagné de sa triplée vêtue d’une robe dont la nuance de violet était tellement sombre qu’on aurait presque dit du noir. Aegis Smith me regarda de haut. J’ignorais toujours si c’était avec elle ou une de ses sœurs que j’étais sorti l’année précédente mais dans tous les cas, j’étais définitivement grillé auprès de ces filles. Peu m’importait puisqu’aucune d’elles ne m’intéressaient mais sur le principe, c’était quand même un peu embarrassant. James fit quelques compliments à Antje et je fus un peu jaloux de l’aisance avec laquelle il s’exprimait. Dire que j’avais été incapable de proférer quoi que ce soit d’autre que « Tu es très belle » … À croire que j’étais un crétin à titre définitif. Remus arriva peu après avec Pandora Smith. Tous les deux semblaient un peu mal à l’aise, comme intimidés l’un par l’autre. Ils finirent toutefois par se détendre un peu au fil de la conversation, totalement futile et informelle comme il se devait dans ce genre de circonstances, du moins dans mon idée. Néanmoins, la soirée aurait été bien trop ennuyeuse sans un esclandre de Britta Hopkins.

Elle fit son entrée vêtue d’une robe indécemment courte et flanquée de Rickard Brown qu’elle semblait traîner derrière elle. Lorsqu’elle passa devant les profs qui faisaient tapisserie dans leur coin, je vis McGonagall froncer les sourcils à la vue de sa tenue. Hopkins se planta devant nous et fixa Antje d’un air dur en disant : « Tu crois faire illusion en te déguisant en princesse mais tu ne trompes personne. Tu n’es qu’une imposture. Je te souhaite de bien profiter de ta soirée parce que demain, ce sera terminé. Les gens se souviendront de ta nullité et ce sera comme si cette petite fête n’avait jamais existé. » À mes côtés, Antje pâlit sous son maquillage. Je serrai les poings et Hopkins, visiblement ravie de la tension qu’elle avait créée, sourit. Remus la regarda d’un air froid :

« Si tu n’es venue que pour cracher ton venin, dit-il, tu ferais bien de t’en aller. Occupe-toi de tes affaires. Ta vie doit être bien triste pour que tu perdes ton temps à faire du mal aux gens. »

Britta Hopkins n’était pas assez idiote pour avoir manqué de remarquer la pitié dans les mots de Remus. Vexée, elle baissa la tête.

« Je ne fais que remettre les choses en ordre, dit-elle à mi-voix. Elle se prend pour ce qu’elle n’est pas. »

J’étais sur le point de lui faire remarquer qu’Antje ne se prenait pour rien du tout mais Rickard Brown me coupa la parole en prenant Hopkins par le bras.

« Viens, Britta, lui dit-il. Nous n’avons rien à faire avec eux. »

Il l’entraîna avec lui et ils disparurent de mon champ de vision. Je regardai Antje dont le visage exprimait une tension retenue. Elle tira sur sa jupe.

« Je reviens tout de suite, dit-elle. Il faut que j’aille prendre l’air. »

Sur ces mots, elle s’en alla. Je la regardai partir en hésitant à la suivre mais en la voyant s’arrêter près de Lily Evans pour lui parler, je renonçai.

« Je crois que cette fille est vraiment mal dans sa peau, déclara Aegis Smith d’un ton rêveur. S’acharner comme ça sur Antje Ziegler est un peu malsain, je trouve.

— Ce n’est pas une question d’être bien dans sa peau ou pas, affirmai-je, péremptoire. Hopkins est une conne. C’est tout.

— Certaines personnes aiment bien s’acharner sur plus faibles qu’elle, dit Pandora qui, bien évidemment, prenait le parti de sa sœur. Je suis d’accord, ce n’est pas très intelligent mais c’est aussi un signe de mal-être. »

J’échangeai un regard avec James. Nous venions tous les deux de penser à Rogue. Nous ne nous en prenions pas à lui parce que nous étions idiots ou mal dans notre peau. Il était juste nul.

« Je vais chercher Antje. », dis-je.

Je l’avais aperçue en train de quitter la pièce avec Evans et je m’inquiétais un peu. Je sortis à mon tour et constatai que dans les couloirs, l’air était plus respirable. Je me sentis libéré de ces espèces de conventions sociales liées à la soirée dansante. À peine avais-je fait vingt mètres que je repérais les deux filles qui semblaient plongées dans une discussion agitée.

« Tu lui accordes trop d’importance, disait Evans. Plus tu écouteras ce qu’elle te dit, plus elle insistera rien que pour te faire du mal.

— Mais pourquoi… ?

— Elle sait qu’elle n’a aucune chance. Par la barbe de Merlin… »

Evans s’interrompit et se mit à marcher de long en large, son ample jupe flottant autour de ses chevilles. Je me cachai derrière une armure pour écouter sans me faire repérer.

« Qu’est-ce que vous lui trouvez toutes, à Sirius Black ? s’écria Evans. D’accord, c’est un beau garçon mais il est arrogant, pénible et irrespectueux. Un vrai voyou.

— Il n’est pas comme ça, répondit Antje avec calme.

— Il est peut-être différent avec toi mais pour ce que j’en sais… »

De loin, je vis Antje secouer la tête.

« Je crois que Britta Hopkins s’intéresse à lui parce qu’il est populaire et parce que… enfin à cause des apparences. Je pense le connaître un peu mieux que ça mais… ça ne m’empêche pas de ne rien avoir à attendre de sa part. Il ne se passera jamais rien.

— Ça, c’est ce que tu dis. »

Je restai comme deux ronds de flan derrière mon armure. Même si elle ne l’avait pas exprimé de façon très claire, Antje… ressentait bel et bien quelque chose pour moi. C’était beaucoup plus concret que les histoires de regards à la dérobée de James et Remus. Bien entendu, je ne savais toujours pas comment m’y prendre mais je savais à présent qu’il me faudrait trouver un moyen de lui faire savoir que, contrairement à ce qu’elle pensait, elle avait quelque chose à attendre de moi. Je n’avais plus le temps de me poser des questions existentielles. Il fallait que je trouve une solution le plus rapidement possible. Je sortis de mes pensées pour me concentrer sur la conversation entre Antje et la préfète.

« J’y retourne. Clovis m’attend. Ne traîne pas trop, sinon ton cavalier va s’inquiéter.

— Lily, Clovis Bones t’a invitée parce qu’Aegis Smith n’a pas voulu de lui, dit Antje.

— Je sais. Ça n’a aucune importance et ses histoires ne me regardent pas. Il est gentil, plutôt pas mal et je ne souhaite pas chercher plus loin.

— Tu devrais. Il y a d’autres types gentils et plutôt pas mal. »

Evans se mit à rire.

« Heureusement. Si tous les garçons ressemblaient à James Potter, je finirais par devenir folle. A plus tard. »

Elle retourna dans la Grande Salle d’un pas vif sans se préoccuper de la réponse d’Antje :

« James Potter est bien plus fréquentable que cet abruti de Severus Rogue. »

Pauvre James, pensai-je. Il valait mieux qu’il ne sache rien de ce que j’avais entendu, du moins pour le moment. Je sortis de derrière l’armure en faisant comme si de rien n’était et rejoignis Antje qui était restée seule, plongée dans ses pensées.

« Ça va ? lui demandai-je.

— Oui, ça va. On devrait y retourner. Il faut que je remercie Remus pour ce qu’il a dit à Hopkins.

— Si j’avais eu mon mot à dire, affirmai-je d’un ton badin, j’aurais envoyé cette peste dans le lac se bécoter avec le calmar géant. »

Antje éclata de rire.

« Le lac est gelé, Sirius. Le calmar géant est privé de sortie. »

Je lui souris et elle rougit en croisant mon regard. Bon sang. Elle était vraiment mignonne.

De la musique nous parvint de l’intérieur de la Grande Salle. Antje fit la grimace.

« Je ne sais pas danser, dit-elle.

— Moi non plus, avouai-je. Et je pense que nous ne sommes pas les seuls. Il faudra improviser. »

 

A propos Lilou Black 33 Articles
Liloublack, trentenaire rêveuse et caféinomane qui vit chez son chat le jour et dans son palais mental la nuit. What else ?

2 Commentaires

  1. Mon commentaire sera sûrement plus court que les autres parce que je brûle d’envie de connaître la suite de ce bal. En tout cas, j’adore la manière dont tu dépeins les choses. Un peu de légèreté dans cette histoire un peu triste, ça ne fait pas de mal.
    J’aime toujours autant Sirius et je suis tellement touchée par Antje ! Quant à Lily, elle m’agace, moins, mais elle m’agace toujours ! 😀

    • J’aurais pu mettre le chapitre en ligne d’un seul morceau mais il faisait sept mille mots, ça faisait un peu long, surtout que j’apprécie un minimum d’harmonie dans la longueur des chapitres… et puis ça m’a permis de rajouter un peu de suspens !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*