[fanfiction Harry Potter] Antje #11

Toutes mes plus plates excuses pour l’absence de chapitre la semaine dernière, c’était à l’insu de mon plein gré. Bonne lecture à tous.

 

Chapitre 11

Castle made of sand

 

Mes potes furent tous les trois outrés d’apprendre ce qui était arrivé à Antje lors de son retour à Poudlard. Même Peter, qui avait toujours un peu de mal à l’apprécier, trouva en-dessous de tout l’attitude des Serpentard. Toute la question, bien sûr, était de savoir qui lui avait jeté ces sorts histoire de leur faire subir une petite vengeance gratinée. McGonagall pourrait dire ce qu’elle voulait, c’était de bonne guerre et quelques stupides retenues ne suffiraient certainement pas à leur faire comprendre à quel point ils étaient fondamentalement mauvais.

Bien évidemment, Rogue faisait partie des coupables, il ne fut pas difficile de le deviner. Dès le lendemain, en cours de potions, Slughorn se montra extrêmement froid avec le vieux Servilus et avec deux de ses copains de Serpentard. J’avais bien vu que l’enseignant se sentait coupable et furieux de ce qui s’était passé la veille. Par ailleurs, Evans snoba Rogue ouvertement, refusa de s’asseoir à côté de lui et lui jeta de temps en temps des regards courroucés. Après la classe, je vis le cafard graisseux courir après la préfète pour essayer de lui parler et je ne pus me retenir d’espionner leur conversation. Rogue essaya de se justifier, de dire que lui et ses potes avaient juste voulu faire peur à Antje et que c’était pour rire. Décidément, ils avaient le sens de l’humour le plus infect de l’univers. Evans ne se laissa rien conter et lui reprocha son attitude répugnante. Pour finir, elle lui annonça qu’elle avait vaguement envisagé d’aller avec lui à la soirée de Noël mais que, compte tenu de ce qu’il avait fait, il n’en était plus question.

Cette information me laissa pantois mais je la notai soigneusement dans un coin de ma tête.

J’ignorais si Evans était déjà allée à ce bal l’année précédente mais cette fois, elle y était obligée puisqu’elle était préfète. Aurait-elle vraiment assumé d’y aller avec Rogue ? Je l’ignorais. Dans tous les cas, je pourrais toujours le répéter à James si ce dernier me faisait une remarque stupide à propos d’Antje ou évoquer la question devant Evans elle-même si elle se mêlait encore de mes affaires. C’était bas et lâche, j’en avais conscience, mais c’était beaucoup trop tentant.

Il ne me fallut que quelques jours pour découvrir l’identité de la demi-douzaine d’imbéciles qui avaient trouvé si amusant de terroriser et faire du mal à Antje. Lors d’une de nos promenades nocturnes avec les copains, nous leur tombâmes dessus alors qu’ils récuraient le marbre du hall à l’huile de coude. Ils étaient de corvée de ménage tous les soirs. Je mis au point ma petite vengeance dès le lendemain soir en faisant léviter des saletés dans les endroits qu’ils venaient de nettoyer pour les obliger à tout recommencer. Ils dormirent sans doute très peu cette nuit-là puisque le lendemain, Rogue et ses deux potes piquèrent du nez en cours de potion et subirent les foudres du père Slughorn qui se sentait toujours aussi coupable et outré par leur attitude. Mouhahaha.

 

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En ce début décembre, tandis qu’il faisait de plus en plus froid et que tourbillonnaient les premiers flocons de neige, Poudlard devint le théâtre d’un roman sentimental bon marché. Jusqu’à présent, je n’avais regardé tout ça que de loin avec un vague sentiment de mépris. Cette fois-ci, tandis que mes camarades se vouaient à une sorte de parade nuptiale un peu ridicule, je me demandai dans quoi je m’étais engagé en invitant Antje à cette soirée de Noël. Je le lui avais proposé sans même réfléchir aux conséquences. Bien sûr, rien n’interdisait d’y aller en toute amitié mais les gens se conduisaient comme si leur avenir sentimental dépendait de ce stupide bal. Ils avaient tort, d’ailleurs. Les histoires d’amour ne duraient jamais bien longtemps. Je me demandais si les gens qui sortaient ensemble à l’occasion de ce genre de soirée s’étaient déjà beaucoup parlé en dehors des cours. C’était peut-être une simple question d’attirance physique.

Je n’avais même pas l’intention de tenter quoi que ce soit concernant Antje. Je ne savais pas comment m’y prendre et si je pouvais simplement lui faire oublier ses soucis pour une soirée, ça me suffirait amplement. De son côté, elle semblait aussi perplexe que moi face à l’attitude de nos condisciples :

« Les gens ont de drôles de priorités, nous dit-elle un matin pendant le petit déjeuner. C’est comme si se caser était plus important pour eux que réussir les examens.

— Hum », répondit James qui louchait du côté de Lily Evans.

Il n’avait pas eu le culot de l’inviter, cet imbécile.

« En même temps, c’est normal, affirma Remus. On cherche tous à être aimés, c’est humain.

— Seulement, ce n’est pas aussi simple, dit Antje. On peut chercher à être aimé et ne trouver personne. En ce qui me concerne… »

Elle ne termina pas sa phrase et ses mots me firent mal au cœur. Il me fallut lutter très fort contre l’envie de lui prendre la main. Le regard de James se détacha de Lily Evans pour se poser sur Antje.

« Tu sais, à ta place, je ne mettrais pas la charrue avant les hippogriffes, fit-il. On ne sait jamais ce qui va arriver. Sinon, j’aurais laissé tomber depuis longtemps, ajouta-t-il en indiquant la préfète d’un mouvement de la tête.

— Tu devrais peut-être, répliqua Antje. Lily ne t’aime pas beaucoup et je ne sais pas ce qui pourrait la faire changer d’avis.

— Un jour, elle se rendra compte que je suis super cool.

— Pour le moment, elle a l’air de trouver le gardien de l’équipe de Quidditch de Pouffsouffle plus cool que toi. C’est avec lui qu’elle va à la soirée de Noël. »

James manqua de s’étouffer avec sa tasse de thé.

« Ce crétin ? s’écria-t-il quand il eut repris sa respiration. Mais il a le charisme d’un pot de chambre !

— Il est joli garçon et ne fait pas de vague. C’est peut-être ce que cherche Lily.

— Pour l’instant », rétorqua James en serrant les poings.

J’échangeai un regard avec Remus et Peter. De toute évidence, nous pensions à la même chose. Le match de Gryffondor contre Pouffsouffle, qui devait avoir lieu avant les vacances, serait un vrai bain de sang.

« De toute façon, reprit Antje, Lily est obligée d’aller à cette soirée puisqu’elle est préfète. C’est peut-être pour ça qu’elle a choisi quelqu’un comme lui. »

Je repensai à la conversation que j’avais espionnée entre Evans et Rogue et me demandai une fois de plus si elle y serait vraiment allée avec lui. Peut-être lui avait-elle dit ça pour le faire enrager. À nos côté, Remus poussa un profond soupir. Lui aussi, en tant que préfet, était sensé y aller mais il faisait comme si ce n’était pas le cas.

Cette conversation informelle d’eut de cesse de me prouver que cette histoire de soirée de Noël était totalement débile. Les gens devenaient cinglés, ça faisait beaucoup d’histoires pour pas grand chose et nous perdions un temps précieux que nous aurions pu consacrer à des choses bien plus intéressantes.

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Curieusement, je n’eus pas à décliner l’invitation de Britta Hopkins. Je m’étais préparé à la renvoyer sur les roses mais quand elle vint me parler du bal, ce fut pour m’annoncer que Rickard Brown, un type de septième année que je qualifierais de bellâtre insipide, lui avait proposé de l’accompagner et qu’elle avait accepté.

« J’imagine que tu ne comptes pas y aller, me dit-elle, ou alors tu iras avec Ziegler puisque c’est ton amie. Seulement, tu te rendras compte bientôt que ce n’est qu’une gamine pleurnicheuse qui n’a certainement pas sa place à une soirée dansante. »

Ses propos me firent lever les yeux au ciel et je me contentai de lui dire que les médisances donnaient des aigreurs d’estomac et que c’était mauvais pour le teint.

Cette fille se prenait vraiment pour ce qu’elle n’était pas.

Par la suite, j’eus l’impression de passer beaucoup moins de temps avec Antje que d’habitude. Bien sûr, elle s’installait toujours à côté de moi au moment des repas et faisait ses devoirs à la même table que nous mais sorti de ces moments-là, elle était accaparée par Lily Evans. En observant les deux filles, il me sembla que la préfète parlait de choses qui passaient littéralement au-dessus de la tête d’Antje. Je me demandais bien de quoi il en retournait et il m’arrivait d’être un peu déçu de la voir moins souvent que je l’aurais voulu. J’en avais un peu honte, d’ailleurs. C’était comme si mes copains ne me suffisaient plus. Alors je m’efforçais de ne pas y penser, de faire comme si je n’éprouvais pas cette sorte de manque lorsqu’Antje n’était pas dans mon champ de vision.

Je finis par avoir une idée des sujets de conversation entre Lily Evans et Antje une semaine avant les vacances. C’était la veille du fameux match de Quidditch entre Gryffondor et Pouffsouffle. La soirée était bien avancée. James était déjà allé se coucher. Il n’était ni fatigué ni spécialement nerveux mais Remus, Peter et moi l’avions envoyé au lit parce que nous n’en pouvions plus d’entendre ses projets de flanquer une raclée au gardien de l’équipe adverse sous prétexte qu’Evans allait à la soirée de Noël avec lui. Antje, que je n’avais pour ainsi dire pas vue après le dîner, vint s’asseoir dans le fauteuil habituellement occupé par mon meilleur ami.

« Tu ne viens plus beaucoup nous voir, fit remarquer Remus.

— Désolée, répondit-elle. Lily veut souvent me parler à cause de la soirée de Noël qui approche.

— Ah bon ? m’étonnai-je.

— Je n’ai toujours pas de robe, avoua Antje en haussant les épaules. Il va falloir que je m’en achète une à Pré-au-Lard le premier week-end des vacances mais je n’y connais rien. Du coup, j’ai demandé son avis à Lily et… disons que c’est plus compliqué que prévu.

— Tu veux dire que vous avez passé tout ce temps à parler chiffons ? »

Heureusement que j’étais assis parce que j’en serais tombé à la renverse. Les sujets de conversation des filles étaient d’une étrangeté sans commune mesure. Ma remarque, dans tous les cas, arracha un petit sourire crispé à Antje.

« Je ne me suis jamais intéressée à ce genre de choses… je pense que ça explique tout. Je ne sais plus où donner de la tête avec cette soirée de Noël.

— Il n’y a pas de quoi en faire toute une histoire, dit Peter. Vous êtes bizarres, vous, les filles.

— Les garçons font bien la même chose à propos du Quidditch » affirma Antje.

Je me félicitai que James ne soit plus là. En tant que joueur, il avait effectivement tendance à prendre le Quidditch un peu trop au sérieux. S’il avait été avec nous, il aurait péroré à n’en plus finir sur le fait qu’au moins, le Quidditch était un sport super classe, contrairement au football où les Moldus « se contentaient de courir après la baballe ». J’imaginais d’ici le tour qu’aurait pris la discussion.

« Au fait, demandai-je à Antje, tu viens voir le match demain ?

— Je ne sais pas, répondit-elle.

— Si ça peut te changer les idées… »

Mes copains m’avaient épargné tout commentaire malvenu quand je leur avais appris que je comptais me rendre avec elle à la soirée de Noël mais je n’allais certainement pas l’encourager à évoquer ses états d’âme sur le sujet plus que de raison devant eux. De toute évidence, si le simple fait de s’acheter une robe l’angoissait, que devait-elle penser du reste ? Personnellement, la perspective de danser avec elle était ce qui m’angoissait le plus. Je ne savais pas danser. Je n’avais jamais fait ça qu’aux mariages de mes cousines et mes performances en la matière avaient consisté à marcher sur tous les pieds à proximité. Antje méritait mieux que ça.

 

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Le lendemain, le ciel était bleu vif et le vent glacé. Le match avait des chances de se dérouler dans de bonnes conditions si tant est que James se conduise correctement… ce qui n’était pas gagné vu les regards furieux qu’il jetait à l’équipe adverse, notamment au gardien. Il prenait cette histoire beaucoup trop au sérieux mais je gardai ce sentiment pour moi. Remus bouquinait en attendant le début du match et le regard de Peter était déjà braqué sur le terrain. Antje était assise à côté de moi, son chapeau rabattu sur les oreilles, et elle discutait avec une fille de Serdaigle avec laquelle, si j’avais bien compris, elle partageait le cours de runes anciennes. Cette fille s’appelait Pandora Smith et avait trois sœurs aînées, des triplées qu’il était impossible de différencier. L’année précédente, j’étais sorti à Pré au Lard avec l’une d’entre elle mais ça ne s’était pas très bien passé. J’avais été incapable de me souvenir si la fille assise en face de moi était Aoede, Aegis ou Angélique. A dire vrai, j’étais passé pour un malotru doublé d’un crétin mais je n’y avais pas accordé plus d’importance que ça.

Pandora Smith avait visiblement envie de parler de la soirée de Noël et Antje lui répondait par monosyllabes. J’écoutai d’une oreille cette conversation à sens unique et fus surpris, à un moment, d’entendre le nom de Lily Evans.

« Le type de Pouffsoufle qui joue comme gardien voulait sortir avec Aegis, disait Pandora Smith, mais elle n’est pas intéressée. On peut la comprendre, il est complètement débile et il ne s’intéresse qu’au Quidditch. Genre, il est tellement bête qu’il a pensé la rendre jalouse en invitant Evans à la soirée de Noël. »

Je jetai un coup d’œil sur le côté et vis Antje secouer la tête.

« Les gens font vraiment des histoires pour pas grand chose, dit-elle.

— Je suis d’accord », approuva la fille de Serdaigle.

Leur conversation reprit son cours et je me plongeai dans mes pensées. Je regrettai de ne pas pouvoir aller voir James pour le prévenir que l’honneur de sa préfète chérie serait sauf le soir de Noël et que son compagnon pour la soirée n’en aurait pas après sa vertu. Dans tous les cas, j’étais content de voir Antje discuter avec quelqu’un de tout et de rien même s’il semblait évident que Pandora Smith n’était pas le genre de personne avec qui partager ses secrets. De toute façon, cette fille faisait corps avec ses sœurs. Elles étaient inséparables. Je l’avais constaté quand j’étais sorti avec Angélique (ou Aoede, ou Aegis, Merlin seul le savait). Il suffisait juste de ne pas les confondre les unes avec les autres.

 

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Le match de Quidditch fut rapidement gagné par Gryffondor, à la fois grâce aux prouesses de James et au fait que le gardien de Pouffsouffle ait reçu un Cognard dans l’oreille. Mon meilleur ami avait sans doute soudoyé les batteurs de son équipe pour qu’ils sonnent les cloches de son « rival ». Dans tous les cas, la victoire fut dignement fêtée, les Pouffsouffle avaient la tête basse en regagnant l’école et McGonagall avait l’air satisfaite. Il fallait dire que notre directrice de maison était une fervente supportrice de Quidditch. James la respectait beaucoup pour ça et disait volontiers que l’amour du sport la rendait un peu plus humaine.

Je pensais qu’il serait soulagé d’apprendre que le gardien de Pouffsouffle n’avait invité Lily Evans à la soirée de Noël qu’après sa déconvenue avec une des sœurs Smith mais il n’en fut rien. Il se contenta de maugréer que « cet abruti aurait pu choisir une autre fille ». Je n’étais pourtant pas au bout de mes surprises. Après le repas du soir, James se volatilisa tandis que tout le monde quittait la Grande Salle. Je ne le revis que cinq minutes après, alors qu’il nous rejoignait au pas de course.

« Ma vengeance est complète, dit-il avec un grand sourire. Cet abruti n’a pas fini de regretter d’avoir invité Evans. »

Remus fronça les sourcils.

« Qu’est-ce que tu as fabriqué ?

— J’ai proposé à Aegis Smith d’aller avec moi à la soirée de Noël et elle a accepté. »

Cette nouvelle fut accueillie par un silence.

« Comment tu as fait pour les différencier ? demandai-je.

— C’est facile. Aoede a un grain de beauté dans le cou. Angélique se bouffe les ongles. Aegis, c’est l’autre.

— Eh ben, dis-je, si j’avais su ça l’année dernière, je ne serais peut-être pas passé pour un imbécile.

— Tu n’observes pas assez les gens, Sirius. A une exception près, ajouta James en me donnant un coup de coude.

— La ferme », grondai-je en me sentant rougir.

Il était exaspérant, parfois.

Toutefois, je me demandais comment il avait réussi à persuader Aegis Smith de l’accompagner puisque de toute évidence, les joueurs de Quidditch n’étaient pas son genre. Remus, lui, faisait la tête. Il n’avait encore trouvé personne pour l’accompagner et sa situation devenait vraiment critique. S’il continuait sa politique de l’autruche, il serait obligé d’aller à cette soirée avec Pamela Andrews. Beurk.

« Tu n’as qu’à inviter une autre des sœurs Smith, dit James quand notre ami lycanthrope eut évoqué le sujet. J’y vais avec Aegis mais les autres sont libres.

— Ah non ! fit Remus en faisant la grimace. Elles se ressemblent tellement que ce sera comme si on y allait avec la même fille. C’est dégoûtant !

— Dites, intervint Antje, les triplées Smith ont une petite sœur… et aujourd’hui, Pandora m’a dit qu’elle n’avait trouvé personne. »

Remus réfléchit un moment.

« Je ne la connais pas, soupira-t-il. Et puis elle leur ressemble, aux trois autres. Même si elle est plus petite. »

Il fallait dire que Pandora Smith avait, pour rester poli, un léger retard de croissance.

« Elle est gentille, dit Antje. Bon, c’est une Serdaigle, elle étale sa science sans arrêt et je trouve un peu malsain le culte qu’elle voue à ses sœurs mais à part ça, elle a de l’humour. »

J’ignorais si Remus allait se laisser convaincre mais au moins, Pandora Smith était beaucoup plus mignonne que Pamela Andrews. Ses fesses avaient une taille à peu près normale.

 

oOØOo

 

Le trimestre se termina sur une sortie à Pré-au-Lard le dernier samedi avant Noël. Le lendemain, le Poudlard Express ramènerait à Londres les gens qui rentraient chez eux pour les fêtes. J’étais ravi d’être débarrassé de mon frère pour quinze jours. Certes, je ne le voyais pas beaucoup en temps normal mais éviter de le croiser en train se pavaner d’un air arrogant dans les couloirs me ferait des vacances. Peter, lui, était fou de joie à l’idée de partir en Finlande avec sa famille. Ses parents avaient gagné un joli tas d’or à la loterie organisée par la Gazette du Sorcier et s’étaient donc offert ce petit voyage pour Noël. Nous étions tous un peu jaloux mais notre ami nous promit de revenir avec plein de photos.

Une foule d’élèves se pressait dans le hall de l’école le matin de la sortie malgré les conditions météo désastreuses. Il neigeait et les flocons tombaient quasiment à l’horizontale à cause du blizzard. Personne n’allait rester dehors et les magasins seraient bondés. Nous avions décidé d’un commun accord de ne pas nous éterniser au village. Notre promenade se limiterait aux courses de Noël et à un café aux Trois Balais. Avec un peu de chance, nous serions rentrés à Poudlard pour le déjeuner. J’aurais bien voulu qu’Antje nous accompagne mais elle devait acheter sa robe de soirée avec Lily Evans. Elle nous promit cependant de nous rejoindre pour le café.

Il nous fallut un moment pour atteindre Pré-au-Lard car nous avions le vent en pleine face. Il était même difficile de voir où nous mettions les pieds et atteindre Honeydukes fut un soulagement, bien que la boutique soit pleine à craquer. Une quantité de gens bloquaient le passage et des vendeurs débordés louvoyaient entre les clients, les bras chargés de boîtes de chocolats et autres sucreries. Peter se faufila tant bien que mal jusqu’à un gros étalage de Nougats neigeux à la noix de coco, les confiseries préférées de sa mère. James et Remus disparurent chacun de leur côté et je restai un moment sans bouger, en proie à un dilemme.

J’avais très envie de faire un petit cadeau à Antje.

Elle aimait beaucoup le chocolat fourré à la confiture de framboise. Si je lui en offrais, elle serait sans doute contente et puis ça ne payait pas de mine mais j’hésitais quand même. Quand je revis passer Remus chargé d’une boîte spéciale Noël remplie de Chocogrenouilles, je fonçai vers lui et lui demandai son avis en priant très fort qu’il ne se fiche pas de moi. Il se contenta de secouer la tête comme si mes aternoiements le consternaient. « Ne sois pas stupide, Sirius », me dit-il. Alors je me glissai entre deux très grosses sorcières qui semblaient vouloir dévaliser le magasin vu la quantité de sacs de bonbons qu’elles avaient dans les bras et fis l’acquisition d’une petite boîte contenant diverses variétés de chocolats aux fruits rouges. Pour faire bonne mesure, j’achetai aussi des Dragées surprises de Bertie Crochue pour James. Avec le temps, j’avais appris à différencier les parfums. Si mon meilleur ami m’exaspérait trop, je pourrais le forcer à manger les dragées qui avaient goût de brocoli ou de croquettes pour chat.

 

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Une fois nos courses terminées, nous filâmes aux Trois Balais. Curieusement, il n’y avait pas encore trop de monde et il nous fut facile de trouver une table. Nos sacs d’emplettes furent glissés sous nos chaises et l’instant d’après, je pus enfin me réchauffer les mains sur une tasse de chocolat chaud. Antje arriva une dizaine de minutes après nous. Elle avait avec elle un immense sac de chez Gaichiffon ainsi que plusieurs autres paquets qu’elle fourra tant bien que mal sous la table avant de s’asseoir. Puis elle retira ses mitaines et souffla sur ses doigts rougis par le froid. Tandis que la patronne du bar allait lui chercher un café au lait couvert de chantilly, nous discutâmes de tout et de rien, de la météo, du monde dans les magasins et autres futilités. En passant, Remus nous apprit qu’il avait finalement invité Pandora Smith à la soirée de Noël. J’étais content qu’il ait tenu compte de ce qu’Antje lui avait dit. Même s’ils ne se connaissaient pas vraiment, Remus serait accompagné d’une jolie fille et c’était déjà ça. Et puis qui sait, peut-être s’entendraient-ils très bien. Tandis que je me faisais cette réflexion, je réalisai que je me préoccupais davantage des histoires de mes amis que des miennes. J’avais occulté mes inquiétudes au sujet d’Antje, du fait de devoir danser avec elle et de ce qui ne se passerait sans doute jamais parce que je n’aurais pas le culot de tenter quoi que ce soit. J’avais beau jouer les fiers à bras, je n’étais finalement qu’un lâche. Je repoussai ces pensées pour tenter de m’intéresser à la conversation mais j’en fus incapable. Antje était penchée sur son café dont la chantilly était en train de s’écrouler. Elle plongea un doigt dedans et le mit dans sa bouche. Fasciné par son geste, je fus incapable de la quitter des yeux et, bon sang, j’avais envie de l’embrasser. Je sortis de ma rêverie quand James me donna un coup de pied sous la table. Peter secouait la tête d’un air vaguement amusé et Remus me regardait l’air de dire « Garde ta salive dans ta bouche. » De toute évidence, Antje n’avait pas pris garde à mon attitude et j’en fus soulagé. Je n’aurais pas su quoi lui répondre si elle m’avait demandé pourquoi je l’avais regardée fixement comme un crapaud mort d’amour.

Bon sang de Merlin.

J’étais bien conscient que cette image d’Antje en train de manger de la chantilly avec les doigts allait me poursuivre un bon moment.

A propos Lilou Black 33 Articles
Liloublack, trentenaire rêveuse et caféinomane qui vit chez son chat le jour et dans son palais mental la nuit. What else ?

2 Commentaires

  1. « Ce crétin ? s’écria-t-il quand il eut repris sa respiration. Mais il a le charisme d’un pot de chambre ! » Je ne te raconte pas comment j’ai explosé de rire. Lilou, tu es la championne des comparaisons. Franchement, c’est digne de l’histoire de la petite cuillère et je vais sûrement pouvoir te citer quand je ressortais cette phrase ! 😀

    En tout cas, un joli petit chapitre comme je les aime. J’aime beaucoup voir Sirius se poser mille et une questions sur ces sentiments et constater que tout le monde connait la réponse, sauf lui ! Quand je disais qu’il ressemblait à Ron … 🙂

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