L’homme est un dieu en ruine de Kate Atkinson

⭐ L’homme est un dieu en ruine de Kate Atkinson traduit de l’anglais par Sophie Aslanides.

lhomme-est-un-dieu-en-ruineBroché : 500 pages
Éditeur : JC Lattès
Collection : Littérature étrangère
Date de sortie : 11 janvier 2017
Langue : Français
ISBN-10: 2709656329
ISBN-13 :978-2709656320
Prix éditeur : 22,50€
Disponible sur liseuse : Oui

Résumé :

Teddy a vingt ans lorsqu il s’enrôle en 1940 comme pilote de bombardier. Vite promu commandant d’Halifax, lui et son équipage vont connaître quatre années d’horreur et d’héroïsme où chaque mission risque d’être la dernière.
Il va pourtant vivre jusqu’à plus de quatre-vingt-dix ans sans jamais complètement accepter l’idée d’avoir survécu et avec une obsession : ne plus faire de mal à personne. Le formidable pilote va donc épouser celle qui l’attendait, devenir père puis grand-père tout en se frayant un chemin au milieu des périls et des progrès du xxe siècle.
Mélangeant les genres avec maestria : roman de guerre et roman sociétal, passant avec virtuosité du futur au passé, des larmes aux rires, Kate Atkinson signe un roman éblouissant où l’ambition littéraire n’altère jamais l’empathie de l’auteur pour ses inoubliables personnages.

Mon avis :

Je connais la Seconde Guerre mondiale grâce aux cours dispensés à l’école ou bien aux histoires que racontaient les plus âgés pendant nos repas de famille. Pourtant, quand on n’a pas vécu cette époque, elle nous paraît très lointaine, un comble puisque nos grands parents l’ont connue ! J’ai ouvert L’homme est un dieu en ruine avec l’espoir d’en apprendre un peu plus, ou d’avoir un écho différent que les récits de guerre habituels.

Ce roman fait défiler une fresque familiale touchante et complexe. On commence le voyage temporel avec Teddy, le héros de cette histoire – un homme qui sera marqué par la guerre tout au long de sa vie. Dans le livre, on apprendra que les blessures reçues au cours de cette triste période prennent plusieurs générations avant de disparaître. Découvrant à chaque chapitre une période différente, de 1925 aux années 2000, on suivra Teddy et les membres de sa famille.

L’homme est un dieu en ruine m’a premièrement attiré grâce à son titre percutant, révélateur de ce qu’a entraîné la barbarie de la seconde mondiale, mais aussi les incompréhensions que peuvent connaître des êtres de générations différentes. Malgré le fait qu’ils soient d’une même famille, les liens du sang ne sont parfois pas aussi forts que les liens du temps. Les souvenirs empêchent Teddy  de se faire comprendre correctement des siens.

 J’ai été extrêmement touchée par le message du roman, Teddy est un homme bon dont le désir seul est de faire le bonheur de sa famille, et de magnifier sa vie après des années d’horreur en tant que pilote bombardier dans la Royal Air Force.  J’ai eu l’impression que ce personnage était la voix de milliers de personnes âgées qui ne peuvent plus s’exprimer.

Passage où Teddy doit aménager en maison de retraite :

«  Tout est chargé dans la camionnette, dit Viola. Il faut juste que tu fasses la dernière vérif’ avant qu’elle parte.

– La quoi ? demanda Teddy.

– La dernière vérif’, répéta Viola. Tu sais, tu regardes partout, histoire de t’assurer que tu n’as rien laissé ».

Rien que ma vie, en fait, pensa Teddy. ».

  L’homme est dieu en ruine, page 205.

Le style de Kate Atkinson est poignant et poétique, une complexité se dégage de ses personnages. Viola, la fille de Teddy est insupportablement détestable, mais c’est drôle car elle m’a rappelé certaines personnes que j’ai connues et je pense que cela pourra faire le même effet aux lecteurs de ce roman. Les personnages sont réalistes et dotés d’un caractère justifié par le poids de leur héritage familial. On voit qu’ils croulent tous sous le joug de leur passé. Même s’ils sont en ruine à l’intérieur, ils continuent à avancer et à trébucher. Bertie et Sunny, les petits enfants de Teddy m’ont faire sourire. Ils représentent très bien le sentiment de la nouvelle génération, trop lointaine pour arriver à prendre conscience de la guerre sans pour autant abandonner l’envie de comprendre à leur manière.

Petit bémol, le rythme du roman était parfois assez lent, et j’ai déploré quelques longueurs lors desquelles j’ai manqué de piquer du nez.  Je pense que c’était voulu, parce que ce n’est pas l’action qui est recherchée ici, mais la description de l’existence.

Kate Atkinson signe un roman réussi en dépit de quelques longueurs. Il m’a enseigné des choses sur la vie, et m’a donné envie de poser plus de questions à mes grands parents à propos de la Seconde Guerre mondiale. L’homme est dieu en ruine, mais un homme qui ne tombe jamais – un dieu qui caresse l’âme de l’Histoire grâce à son habilité à écrire et transmettre à la génération future. Ce roman sera sans doute un coup de cœur pour moi  dans quelques années, car je n’ai pas compris toutes ses subtilités sûrement en raison de ma jeunesse.

 

cetaient-tres-bien

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2 Commentaires

  1. Ce genre de récit me touche beaucoup car mon grand père était tout jeune lors de la guerre et mon arrière grand père a été prisonnier de guerre. Malgré tout je me rappelle, enfant, lever les yeux au ciel quand ils racontaient (encore) leur histoire. Du coup ce que tu dis de Teddy me touche et j’ai l’impression que c’est un peu la même chose que mes aïeux ont vécu.
    Tu m’as donné envie de le lire en tout cas !

    • Oh c’est ton commentaire qui me touche. C’est vrai que moi-aussi j’avais tendance à ne pas écouter quand mon grand père racontait ses histoires. Quand on est jeune on se rend pas compte que c’est important. Je te conseiller de le lire ❤

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