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Vous avez dit « amour »? Non, j’ai dit « Dark romance »

dark-romanceAh l’amour… thème universel dans la littérature.

Amour platonique, amour fou, amour tragique ou dramatique, amour impossible, amour passion, amour et haine, amour à deux, à trois, amour aveugle, amour destructeur…

Amour qui fait perdre la raison, annihile tout sens critique,  amour qui brouille les repères, détruit les valeurs, amour prétexte, excuse, illusion, amour invraisemblable…

Invraisemblable et dangereux quand de nos jours il est présenté comme LE produit miracle à toutes les situations, comme une potion magique vendue sans posologie ou tellement édulcorée qu’on en oublie ce qu’on avale.

Prenons une recette suivante :

– Exit les milliardaires et types célèbres de la New Romance et bienvenue aux sociopathes assumés. (Ceci dit, la nuance entre les deux est parfois tenue. Les « héros » de la dark romance sont souvent des Grey sans cravate et ayant déménagé en banlieue. Clark Kent sans lunettes quoi…). On prend donc un mec trop dangereux, mais beau à se damner, arrogant, manipulateur, dominant, sans âme, souffrant de blessures prenant racines dans son enfance.

– Une femme douce, innocente, introvertie, cruche très souvent, victime de préférence mais aussi, parfois, sensuelle, libérée mais toujours, derrière, une blessure aussi.

Parce qu’il y a toujours des fissures chez les êtres. Là, n’est pas le problème. Le problème vient de la solution.

Saupoudrez la rencontre de « ces deux êtres si imparfaits et affreux » (merci Musset) d’une bonne dose d’ « Amour » en solution pure et par miracle on en oublie le goût amer que pourrait laisser certaines histoires.

Mais l’amour n’excuse pas tout, ne résout pas tout et il serait bon de le rappeler.

Prenons quelques exemples déjà publiés:

« J’aime le soulagement que procure l’acte sexuel. Il n’est pas grand-chose qui me procure du plaisir, et le sexe ne m’en donne pas beaucoup, mais c’est pour moi un exutoire. J’adore franchir les limites des autres. J’adore les dégrader. Sadique, moi ? Oui. »
[…] L’empathie n’était pas mon fort jusqu’à ce que ses yeux verts croisent les miens dans un miroir… et que je sois incapable de lui ôter la vie. »

« Leur amour peut les sauver… ou les détruire.
Michael Crist. Un nom qui fait frissonner chaque fille de notre petite communauté privilégiée de la côte Est. Moi comme les autres. Sauf que moi, ce n’est pas sa beauté à couper le souffle ou le fait qu’il soit riche et adulé qui me fascine – enfin, pas seulement. Non, moi, c’est la noirceur que je devine sous sa carapace dorée. La violence dans son regard noisette. Son mépris pour les règles, les lois, la morale. Ce miroir permanent de tout ce qui est noir et sombre au fond de moi. En dix-neuf ans, Michael ne m’a jamais jeté un regard. Mais, le jour où il s’intéresse à moi, je ne sais pas si je dois être excitée… ou terrifiée. »

« La vengeance. La vengeance est le but ultime de Caleb. Il la prépare depuis douze ans. Pour réussir, son « arme » doit être vraiment spéciale. Elle sera un cadeau inestimable dont tout le monde parlera.
La fille qu’il surveille de l’autre côté de cette rue passante est parfaite. Elle est différente de ses proies habituelles. Elle n’est pas consentante, elle n’est pas vendue par son père, elle ne lui a pas été envoyée… Elle sera sa conquête.
Dans ce huis-clos étouffant, le bonheur est-il encore possible? »

C’est magnifique n’est-ce pas ? C’est beau comme une rencontre, dans une ruelle déserte, avec un type armé. C’est romantique comme une séance de torture. C’est passionnel comme un viol avec séquestration. Dans la vraie vie, ça donnerait ça :

amour-gloire-et-odeur-nauseabonde

Ou dans le meilleur des cas:

dark romance

Mais pas dans la nouvelle tendance Dark romance, tellement cool, tellement avant-gardiste. 

La morale ? On s’en tape ou plutôt on va se taper sa sœur, son frère, son père. Après tout la famille, c’est de l’amour aussi, non ?

Les droits élémentaires de l’individu ? Franchement, qu’est-ce qu’on s’en fout qu’elle soit consentante ou pas. Après tout, elle a dit non, elle est ligotée, bâillonnée, séquestrée, mais elle a pris son pied non ? Alors où est le problème ?

Un minimum de vraisemblance ? Laissez-moi rire. Tout le monde sait que n’importe quel monstre peut être guéri grâce à l’amour. C’est Disney qui l’a dit. Suffit de regarder comment la Belle a conquis la Bête. ( Je vous invite à relire le conte original d’ailleurs pour avoir un autre aperçu de la chose).

« Allons mesdames (oui parce que curieusement les mecs ne sont pas encore suicidaires au point d’écrire ce genre de trucs. Imaginez le scandale !) vous n’allez pas rester sur un petit viol à la missionnaire ? Qui dit mieux ? Ah ! ma droite, une petite sodomie. Non consentie bien sûr. C’est mieux, mais vous pouvez surenchérir. C’est devenu b-anal la sodomie (facile). Alors ? Alors ? Un viol à plusieurs ! Beaucoup mieux… Avec accessoires et des coups ? C’est génial… » La classe, quoi.

« C’est bon : c’est juste une histoire pour se détendre. C’est juste des fantasmes de femmes. Réflexions de féministe tout ça. ». Après tout,  c’est vrai : les droits de la femme se portent bien. Il n’y a pas à s’inquiéter. D’ailleurs pour me lancer dans la tendance Dark romance, je vous propose un projet de roman  dont voici le synopsis :

« Claire rencontre son prince charmant à la fac. Elle est timide et réservée.  Chris est charmeur et séducteur. Très vite, elle succombe. Mais très vite aussi, elle découvre la face sombre de Chris. Quand la première gifle tombe, Claire est anéantie, mais son amour pour Chris la pousse à lui pardonner quand il s’effondre en larmes devant elle. Elle connait son passé. Elle sait qu’il a souffert. Il promet de ne jamais recommencer : elle le croit. Mais la Bête a montré le bout de son nez. Viols, coups, humiliations, séquestration, Claire est prête à tout supporter pour sauver l’amour de sa vie. Parce que Chris l’aime. C’est certain : il lui a dit la dernière fois qu’il lui a pété les côtes et rendu presque aveugle. Si elle fait tout ce qu’il demande, elle le sauvera. »

C’est curieux, mais présenté comme ça, ça donne moins envie, hein ? Pourtant, j’ai du sexe, de la violence, un couple avec des failles. De l’amour… Non ? Vraiment pas ? Vous êtes difficiles quand même !

Entendons nous bien : tous les romans de dark romance ne sont pas à mettre dans le même panier et certains analysent finement ces relations toxiques, les violences et leurs conséquences. Malheureusement, nous sommes dans une logique de surenchère permanente et c’est là l’écueil. Plus de sexe et moins de réflexion. Parce que faire passer du « pas normal » pour du « normal »: c’est pas normal. Présenter la violence comme un élément banal dans une relation de couple est la limite à ne pas franchir, même enrubannée dans du papier rose  et étiquetée « Amour passionnel ».

Je suis de celles qui pensent qu’en littérature comme dans le reste il ne doit pas y avoir de sujets tabous. On peut tout écrire, même des histoires aussi malsaines que les sujets de la dark romance. A condition de le faire intelligemment et avec un truc formidable, un godemichet pour cerveau et un plug pour neurones, qui s’appellent « sens critique » et « bon sens ».

Un roman est un message. Aucune histoire n’est neutre. L’œuvre artistique est à l’image de la société et de l’époque qui l’ont vue naître.

Demandons-nous alors quelle image de notre société renvoie ce genre de textes et quel message il véhicule.

Doit-on retenir que la violence et l’amour ne font qu’un ? Que les femmes d’aujourd’hui n’aspirent qu’à être maltraitées et qu’en plus elles en redemandent ? Doit-on laisser croire que l’amour avec un grand A peut se substituer à une psychothérapie, voire un coup dans l’entrejambe face à des pervers ? Qu’être victime et être considérée comme un objet c’est vraiment le pied et que c’est une preuve d’amour de la part de l’autre ?

Eh ! On se réveille, là !

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About Elora (322 Articles)
Scribouillarde compulsive et blogueuse littéraire sur Songe d'une nuit d'été, j'aime autant écrire que découvrir des récits de tout genre. "Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse" comme on dit. J'ai un faible également pour les séries télé, le cinéma et je suis persuadée qu'un jour les chats gouverneront le monde.

42 Comments on Vous avez dit « amour »? Non, j’ai dit « Dark romance »

  1. Je n’ai jamais aimé ce genre de romans, je n’ai jamais lu 50 nuances de Grey (enfin si j’avoue, 10 pages juste pour voir) et les seuls romans « un peu chauds » que je lis de temps en temps ce sont des romans New adult où les personnages sont, certes, un peu torturés mais sont humains avant tout.

    Je ne comprends pas comment on peut aimer lire ce genre « Dark Romance » qui fait l’apologie de la violence… Y a déjà assez de mrdes qui se déroulent « pour de vrai » pour qu’en plus on en fasse des scénarios pour titiller l’excitation de certaines. Je suis d’accord pour dire que la plupart des femmes « mûres » (et quand je dis mûres je ne dis pas forcément qu’il faut avoir passé le cap de la retraite loin de là mais qu’il faut avoir un minimum de jugeote et de connaissance de ce que c’est vraiment une relation entre deux personnes) sauront bien voir que ce n’est pas comme ça que les choses doivent se passer et qu’elles ne tomberaient jamais dans une relation aussi malsaine car elles ont un minimum d’amour propre (encore que, c’est plus complexe comme on le voit avec les femmes battues mais en tout cas personne de sain d’esprit n’espérerait une relation comme ça). Par contre quand on voit que des gamines de collège lisent After (qui soyons clair a pour personnage principal un gros cn) et autres « romans d’amour » du même style, on peut vraiment se demander comment l’image du couple va se former dans leur tête et avoir peur que ça devienne la nouvelle norme, que ça ne soit pas anormal qu’un homme traite une femme comme un morceau de viande.

    Bref, ça devient n’importe quoi et je suis atterrée de voir que les éditeurs participent à donner du crédit à ce genre-là.

    Après on pourra dire « Oui mais dans les romans policiers ou les thrillers il se passe aussi des trucs horribles, des viols, des meurtres etc.. » sauf que dans ce genre de romans ces dérives sont clairement dénoncées, c’est même le but d’arrêter les types qui se comportent comme ça.

    D’un côté dans les thrillers les lectrices vont apprendre à détester les hommes qui dépassent les bornes, de l’autre dans les Dark Romance elles vont apprendre à les aimer. Cherchez l’erreur.

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    • Comme tu dis, je m’inquiète pour les jeunes sans réelle expérience et sans recul nécessaire. Je ne parle pas de faire des romans avec une belle morale, mais suffisamment fouillé et documenté sur ce genre de relations. Or dans beaucoup de cas, c’est un prétexte à des scènes de cul violentes.

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  2. Elora, que Zeus te bénisse. Sincèrement. Je n’ai jamais compris cet engouement pour ce type de littérature. Le phénomène est gênant sous deux aspects : premièrement, ce que tu évoques, toute cette violence enrubannée d’amour (je me gausse tellement), je te viole, je te tape dessus, je te coupe tous les orteils avant de les envoyer à tes parents avec une boîte de chocolats mais c’est pas grave, je t’aime ! insérer ici des cœurs roses. Oui, j’exagère, mais c’est comme ça que je vois ce genre de romans, qui par ailleurs font mal à mon féminisme parce que c’est toujours la nana qui prend tout. Je n’ai jamais vu de romance à la sauce morbide (non, je n’utiliserai pas le terme consacré pour qualifier le genre, c’est en anglais et je suis tellement pète-boule comme meuf qu’en plus je suis franglophobe. Bravo le veau) dans lesquelles c’est Madame qui tabasse Monsieur à coup de tisonnier, le promène en laisse pour le prêter à ses copines ou l’enferme dans le placard à balais où y a des araignées et où il fait tout noir.

    Le deuxième aspect qui me gêne, c’est que ces romans ont un lectorat. J’ai vu le sujet sur le forum « Boulevard des Passions » à propos du livre sur le mec qui se revendique comme un sadique. Voir des membres dire « Je le veux » ou « Trop d’attente avant la sortie de ce livre, j’ai trop hâte »… ça m’a choquée. Bon sang, réveillez-vous ! Oui c’est de la fiction, oui c’est du fantasme mais est-ce tellement différent de… je ne sais pas… la zoophilie, ou le fait que Monsieur fasse caca sur Madame ? Je les vois, vos grimaces dégoûtées et pourtant…

    Enfin, peut-être que je suis un Teletubbies. Ou pas.

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  3. Je te dis Amen 🙏 pourquoi ? Parce que dans ton texte je retourne ma façon de penser face à la dark romance et à la banalisation de la culture du viol et de la violence. J’espère franchement que Le texte fera réfléchir et ne provoquera pas des  » tu comprends pas où tu réfléchis trop. C’est de la lecture y a pas besoins de tous analyser « . Encore une fois merci pour ce texte poignant.

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  4. Je suis totalement d’accord avec toi Elora, mais je pense que tu le sais déjà 😉

    J’ai l’impression que, aujourd’hui, au nom de la sacro sainte liberté d’expression, on peut tout dire et tout écrire sans que ça ne choque personne. Pourtant, les mêmes personnes que écrivent/publient/lisent ces livres sont celles qui vont s’insurger que Roman Polanski soit désigné président des Césars alors que les arguments de ceux qui le défendent sont les mêmes que ceux que l’on retrouvent dans ce genre de livres.

    On assiste littéralement à une banalisation du viol et des violences conjugales, grâce à la littérature, et ça me donne envie de vomir. Captive in the Dark avait au moins la subtilité de montrer qu’il y a un problème. Pour l’avoir lu, je peux dire que je me suis sentie mal à l’aise et j’ai eu ce sentiment que c’était voulu par l’auteur. Le problème, ce sont les autres romans, ceux que l’on vend comme les fantasmes des femmes, etc. Quelle femme fantasme sur le fait d’être séquestrée/violée/battue bordel ?!

    Si au moins la dark romance permettait de dénoncer ces comportements, si au moins le genre faisait avancer les choses et lever les tabous sociétaux sur le viol et les agressions sexuelles/violences conjugales… Mais non, on se retrouve avec des romans qui disent presque les femmes aiment être battues et violées, qu’elles ne demandent que ça, et que de toute façon, les héros s’aiment donc tout va bien, non ? Vraiment, je ne comprends pas l’engouement autour de ce genre. Que ça soit bien écrit ou non, on parle de choses pénalement répréhensibles et que l’on ne devrait JAMAIS cautionner, mais plutôt dénoncer. (Remarque qu’en lire permet de le dénoncer aussi… Mais c’est rarement le cas.)

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  5. Je n’ai lu qu’un seul roman de ce genre : Captive In The Dark et c’est vrai que la romantique en nous n’attend qu’une chose : que le héros torturé se rende compte de l’énorme boulette qu’il fait et qu’il change de comportement grâce à l’héroïne. Hors, comme tu le dis, ce n’est pas du tout ce qui est prôné ici. Les lectures vont de plus en plus loin. Les lecteurs ont été habitués au style cru et hard de Fifty Shades et veulent aller encore plus loin sans se rendre compte de ce qu’ils lisent vraiment…

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    • Je l’ai lu aussi. Du moins le tome 1. Je l’ai trouvé dérangeant, mais aussi captivant: je ne le nie pas. Mais comme le dit Chouquette, on voit qu’il y a un problème, que ce n’est pas normal. Apparemment dans les suivants ça part en live et on en revient toujours à la surenchère

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  6. Je suis tellement d’accord avec ce coup de gueule ! J’ai « découvert » ce genre avec Captive in the Dark et j’ai vite déchanté avec les premières pages… Et on m’a dit que je devrais le continuer parce que c’est une très belle histoire d’amour ! Désolée, mais qu’une fille tombe amoureuse de son kidnappeur/violeur/mac je ne peux pas supporter. Qu’y a-t-il d’excitant à lire le viol d’une fille dans les moindre détails même si ce n’est que sur le papier ?
    D’ailleurs cette phrase de ton article m’a totalement choquée « C’est juste des fantasmes de femmes », mais comment le viol peut-être un fantasme ? Bref, en lisant quelques extraits de ces romans, j’ai été dégoûtée et révoltée et en lisant les commentaires de celles qui en redemandaient encore, j’ai tout simplement halluciné… On ne peut pas dire oui à cette culture du viol écrite par des femmes qui pourtant vont se dire ensuite féministes et pointer du doigt le viol « réel » parce que dans un livre, c’est pas pareil. Que dire de ces jeunes filles qui vont lire ces livres et se dire que le viol c’est normal pour débuter/continuer une relation ?

    Merci pour ce coup de gueule, j’espère qu’il fera ouvrir les yeux à beaucoup…

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    • « Fantasmes de femmes » c’est une phrase que j’ai lu de la part d’une femme. Elle mettait ça en lien avec le goût du porno pour les mecs. Ça m’avait mise en rogne de lire ça.

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  7. Je suis complètement d’accord avec ton article. Autant je suis une grande fan de new adult avec des personnages un peu torturés mais avec plein de bons sentiments cachés, autant je trouve qu’il y a de plus en plus de violence gratuite et que ça va trop loin. On lit parfois des résumés et j’ai juste envie de dire « Mais non, quoi. Là c’est pas possible d’en faire une histoire d’amour, c’est juste glauque et horrible ».
    C’est dommage parce que ça va donner une mauvaise image de toutes les autres romances :/
    Très bel article en tous cas.

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    • Les histoires d’amour torturées j’adore ça. Mais il me faut plus que des scènes de sexe glauques pour me faire adhérer. D’ailleurs, je ne peux pas considérer ça comme de la romance. C’est ça le problème. Tu peux traiter ce genre de relations malsaines, mais tu n’appelles pas ça de la romance.

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  8. Quand j’en ai entendu parler par les copines jamais je n’aurais imaginé qu’un jour ce genre débarque en France avec un lectorat de plus en plus demandeur.

    Par curiosité j’en ai lu quelques uns : le fameux Captive in the Dark qui pour moi aurait été génial s’il n’avait pas eu de suite et aussi ceux de Anna Zaires où je me suis posées pas mal de questions sur la finalité de ces histoires que je trouve des plus sordides. En lire oui, pourquoi pas, mais avec beaucoup de recul. Pour ma part, jamais je ne pourrais fantasmer sur un homme qui me prend pour sa chose, qui me violente ou qui pense que parce que mes tétons pointes, j’en ai envie. Et un homme qui te sort que ce qu’il y a entre tes jambes lui appartient, ça ne passe pas non plus. Comme le fameux et détestable : « jouis pour moi »… Mais oui mec, appuies sur le bouton et ça va venir tout seul.

    Voir qu’aujourd’hui on prône les romances avec des sociopathes, des psychopathes et j’en passe, me sidère. Et dire qu’on se bat pour les droits des femmes ?! Contre la violence conjugale ?! Sincèrement, je me dis que celles qui fantasment sur ça n’ont jamais vécu avec un homme violent de leur vie (tant mieux), pour de vrai, et pas dans les romances qu’elles grignotent jusqu’à plus soif. Je pense que cela relève en fait plus du voyeurisme passif et pervers.

    Ton article Elora, souligne des faits justes, concrets et réels. Dans la vraie vie, il n’y a rien de fantasmant, aucun frisson d’excitation, juste de la peur, de l’angoisse et l’espoir qu’un jour on puisse se sortir de cet enfer. Parce que la vie avec un tel « héros », c’est juste un cauchemar… Il n’y a pas de rédemption pour ce qu’ils font, l’amour ne les changera pas, l’amour vous tuera, tout simplement, parce que vous serez aveuglé par ce quelque chose qui n’existe pas… sauf dans la Dark Romance… Mais la Dark Romance des femmes battues au quotidien, croyez-moi, elles n’en veulent absolument pas (contrairement à ce que certains pourraient croire), ni dans leur vie ni en livre pour « fantasmer ».

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  9. Je trouve cet article très intéressant.
    J’ai commencé à lire de la Dark Romance, quand ce genre a commencé à faire parler de lui, j’étais curieuse de comprendre ce qui pouvait tant séduire les lectrices. J’ai dû en lire 3 ou 4 et ce n’est pas le côté romantique qui m’a séduite, par exemple je ne pourrais pas les enchaîner et ne lire que ça, car ce qui me plaît dans la lecture c’est le côté dérangeant. En lisant, ce ne sont pas les mêmes émotions qu’une banale romance, j’aime la sensation de danger qui se dégage de ces romans. En lisant, je sors de ma zone de confort et je m’autorise à ressentir des émotions différentes, la frustration, la colère, parfois le dégoût. C’est un peu comme une personne qui est fan de films d’horreur, tout ce sang, ses morts, ses cris… c’est glauque et pourtant on aime avoir peur. Et bien pour moi la Dark Romance c’est un peu pareil, en lisant j’aime penser que l’être humain n’est pas foncièrement mauvais et même si un syndrome de Stockholm n’est pas une romance, les émotions contradictoires qui se dégagent de ces lectures, rend l’expérience étrange et curieuse, car oui c’est une expérience, jamais dans la réalité je n’accepterais une chose pareil, mais c’est propre à la fiction. En tournant les pages, j’aime sentir que je suis une boule de nerfs, car je ne sais pas ce qui va arriver et c’est mon cœur qui s’emballe de peur. Il est intéressant de voir que certaines auteures arrivent à rendre le lecteur empathique pour des personnages malsains. La Dark Romance est déstabilisante et il y a une part de culpabilité. Je ne sais pas si je suis très clair dans mes explications, j’ai moi-même du mal à croire que j’ai franchi le pas et encore plus des sentiments contradictoires que j’éprouve, lorsque j’en lis. Je suis du genre curieuse et j’aime bien tenter de nouvelle chose, ce n’est pas pour autant que j’accepte ce que je lis.

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    • Ton explication est très claire et très pertinente. Effectivement, il y a cette zone de confort que l’on teste en permanence avec ce genre d’écrits. Comme tu le dis, c’est le même phénomène qu’avec un film d’horreur ou un thriller bien glauque. Mais dans ces derniers, je n’ai pas cette impression désagréable qu’il n’y a aucun filtre critique. Qu’une victime puisse éprouver des sentiments malsains pour son bourreau c’est un fait déjà prouvé, mais j’espère qu’à un moment donné l’auteur montrera que ce n’est pas normal, que c’est pathologique… Dans certains de ces romans, tu n’as pas ça. Les happy end dans ce genre d’histoires sont juste utopiques. Elles ne tiennent pas débout.

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      • Je pense qu’elle ne tienne pas debout parce que justement ce n’est qu’un roman et l’auteure a envie de finir sur une touche positive. Faut dire que souvent elles nous en font bouffer de toutes les couleurs, donc ça enlève une part de dégoût de ce dire que le héros n’est pas un monstre, mais un homme. Quand je lis de la fiction, il y a toujours cette barrière « ce n’est pas la réalité », même si malheureusement dans certains faits divers ça arrive, mais je n’ai pas envie d’y penser pendant ma lecture et la culpabilité d’apprécier, est déjà très présente. Et puis qui lirait une telle histoire, si la fin ne se terminait pas avec un happy-end ? C’est triste à dire, mais la réponse c’est personne et moi la première je ne m’y serais intéressé si ça avait été un banal thriller, qui se termine par un meurtre ou un héros en prison.

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  10. Alors là, bravo ! Merci pour cet article qui résume très bien tout ce que je pense concernant la Dark Romance…

    Je pense que tu sais que je lis très peu de romance, et encore moins de Dark Romance. Mais je suis plutôt curieuse et je me suis laissée tenter par Captive in the Dark. Autant le premier tome était intéressant avec un côté thriller psychologique, autant le deuxième était uniquement tourné vers du sexe sordide et une « histoire d’amour » pas du tout réaliste qui se poursuit dans le dernier tome…

    Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, mais je ne comprend pas comme des éditeurs peuvent publier ce genre de livres ou même que des lecteurs soient attirés par ce genre de lecture. Encore, si ces romans dénonçaient le comportement des violeurs/kidnappeurs (et j’en passe), pourquoi pas ! Mais là ce n’est pas du tout le cas et le contenu en est parfois effrayant.

    En tout cas merci pour cet article qui, je l’espère, ouvrira les yeux de certain(e)s lecteurs(trices) et les fera réfléchir sur leurs lectures !

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  11. Merci Elora ! Tu as tout dit ! ♥

    Il y en a marre de cette surenchère dans le malsain et le trash. Je ne comprends pas comment on peut se prendre de passion pour ce genre de romance qui prône la culture du viol, la violence, les tortures psychologiques et physiques, les enlèvements, sous prétexte d’une quelconque histoire d’amour torturée.

    On banalise les violences faites aux femmes qu’on justifie par  » Oh tu sais, c’est juste un roman, une histoire d’amour différente « . Réveillez-vous, bordel. Prenez du recul et réfléchissez quelques instants aux romans que vous êtres entrain de lire.
    Arrêtez de dire  » Oh, l’histoire est dérangeante mais on comprend la réaction du héros parce qu’il a souffert dans son enfance. Même si c’est un pervers narcissique, psychopathe, violent, misogyne, pervers, vicieux, on se prend d’affection pour lui …  » QUOI ? Comment peut-on penser ça ?

    Je suis profondément dégoûtée de lire ce type de commentaires, de voir que certains éditeurs participent à ce jeu dangereux, voire morbide. Et je me demande quels seront les impacts sur les lecteurs.

    Malheureusement, je pense que vu le lectorat grandissant, on n’a pas fini de voir ce genre de romances, enfin d’histoires (car pour pour moi, romance n’est absolument pas le terme approprié) interdites. Ce n’est que le début et je suis sûre que les Dark Histoires ont de beaux jours devant eux.

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  12. Que dire de plus, les filles ont très bien résumé ce que je pense de ce genre de livre et de littérature. Je ne comprends pas cet engouement pour ce genre d’atrocité et rejoins Rockandstone pour les éditeurs qui participent à cette vague de régression. Apparemment, l’argent est plus fort que la moralité ou le respect des femmes. En tout cas, il n’auront pas le mien pour ce genre d’immondice.

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  13. Merci merci merci MERCI. J’attends qu’un jour un roman explique clairement la notion du consentement, dénonce le problème de cette banalisation et refuse l’argument du « fantasme très répandu, elles aiment ça, blabla ». Ce. n’est. pas. NORMAL.

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  14. Pour ma part, je suis effarée de voir cela dans des romans. On se bat pour que les femmes aient droit au respect et on répète jusqu’à perdre notre voix qu’elles ne doivent pas accepter la violence physique et/ou psychologique de leurs partenaires. Alors quand je vois ce genre de romans plébiscités où le consentement de l’héroïne (victime) est piétiné car le mec est trop « ténébreux » et que l’agression sexuelle n’est rien tant qu’il y’a de l’amour… Merde non ! Il n’ y a aucune mise en garde et ses actes ignobles sont presque sublimés. D’ailleurs, CES ACTES détruisent des personnages chaque jour ! L’amour, ce sont des sentiments partagés par des personnes qui se respectent mutuellement et où le rapport de force n’a pas sa place. Je ne veux pas que des jeunes filles ou des femmes acceptent encore d’être humilier car elle pense que l’amour peut tout changer.
    Mais avec ton article et les nombreux commentaires, je suis contente de voir que nous sommes nombreuses à pointer du doigt ce problème. Tant que des voix s’élèvent, tout n’est pas perdu. Merci beaucoup pour ton article Elora 🙂

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  15. Très bon article et très juste!!! Je dirais même « Amen »! Enfin quelqu’un qui pointe du doigt ce genre de romance malsaine. Je ne comprends pas qu’on fantasme, voire qu’on accepte ce genre d’histoire. Il n’y aucun respect de la femme et le pire c’est que les femmes qui les lisent, trouvent ça cool…

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  16. Alleluia, Elora ! Enfin quelqu’une qui dit que ce n’est pas de la littérature, mais de l’appel au viol, à la maltraitance, au fait de rabaisser un autre être humain qui – Oh surprise ! – n’est autre qu’une femme…
    Oui, j’ai lu les trois opus de Grey, que je qualifierais pas de Dark Romance mais… de soupe commerciale. Pour tout dire, ça m’a franchement fait rigoler (jaune, quelque fois) tellement on dirait que ça été écrit avec les orteils, mais je n’ai sincèrement pas cru un instant que les lectrices/lecteurs (?) puisse fantasmer là-dessus. Faut croire que je suis naïve et pas encore assez écœuré de la niaiserie ambiante. Ah mais la mode est aux romances autre que cucul la praline alors tablons sur du panpan cucul ! Avec un gros zeste de pratiques sexuelles extrêmes, rendant heureux et pleinement satisfait exclusivement l’immonde macho qui se la joue dieu du sexe, la femelle, elle, est là pour réceptacle de l’ambroisie masculine. C’est comme ça que me viennent des envies de draguer la massue à la main pour assomer le galoubet : ben oui, pourquoi toujours les mêmes dans le rôle de la carpette ?
    Non, franchement, je n’ai même pas été tentée un seul instant par «Captive in the dark» au vu justement des critiques lues ça et là. Je suis ringarde, has been de préférer la guimauve au latex, fouets et autres ustensiles torturés ? Soit, je l’assume.
    Merci encore Elora, et toutes les intervenantes qui vont dans le même sens, je me sens moins seule sur l’îlot rose-bonbon.

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  17. Je n’en ai jamais lu, sauf si vous considérez que les Hell’s Horsemen et Reapers Motorcycle Club sont de la Dark Romance, ce qui est le cas de Booknode mais pas le mien. Et je ne considère pas non plus Fifty Shades comme de la Dark Romance au vu de la description faite ci-dessus.
    Je suis complétement d’accord sur le fonds de ton article, mais il m’a rendu curieuse. J’avais l’intention de lire, un jour, Captive in the Dark et du coup je pense le faire plus vite. Je n’arrive pas à appréhender qu’un auteur, féminin de surcroit, puisse soumettre une femme à des « supplices » sans que cela aboutisse à quelque chose de positif, sans qu’il y ait une certaine morale ou un truc du genre. Une femme ne peut pas en faire souffrir une autre gratuitement, même sur papier, juste pour du sexe bien hard. Cela n’a aucun intérêt ! Tout l’intérêt vient, pour moi, de la rébellion, du caractère affirmé du personnage féminin, capable d’accepter certaines choses mais surtout de les faire avancer. D’après ce que vous en dites, j’ai l’impression qu’il s’agit de violences gratuites que l’on trouve en masse, malheureusement, dans les faits divers. Comment pourrait-on publier ce genre de livres ? Faire l’apologie de la violence et du viol ? Il y a une différence de taille entre un homme dominant et un homme violent… La domination n’empêche pas le respect, bien au contraire. Je n’arrive vraiment pas à imaginer une romance où la femme serait seulement un bout de viande avilit !

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    • 50 nuances n’est pas de Dark romance effectivement. Mon problème, c’est qu’on accole l’étiquette « romance » à des histoires qui n’ont rien à voir avec de l’amour. Qu’une victime de sévices finissent sous certaines conditions par éprouver des sentiments malsains pour son bourreau ça porte un nom, mais c’est pathologique. Ce n’est PAS de la romance. C’est un consentement bidon qui est décrit dans ces romans.Sauf que présenté comme tel, ces livres se retrouvent à la portée de tous.Même des ado sans expérience.

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  18. Il y a confusion avec le syndrome de Stockholm ou la violence conjugale et l’amour. C’est assez réaliste, il y a un intérêt à le publier si la femme s’en sort, qu’elle est forte et qu’elle puisse être une sorte d’exemple… Et en effet ce n’est en aucun cas de la romance mais plutôt un drame. Mais si c’est pour montrer une nana perdue d’amour, pour un type qui ne vaut même pas le prix de la balle pour le tuer, en effet cela devient dangereux surtout pour la jeunesse influençable…

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    • Certaines dark romance analysent très bien le phénomène. Par contre, d’autres d’engouffrent dans la brèche du glauque/ commercial et c’est juste du sexe crade. Il faut faire le tri ou trouver d’autres étiquettes pour les nommer.

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      • Du coup, tu conseillerais quoi comme titre appartenant à la première catégorie ? J’aime bien lire des thrillers voire des romans qui me mettent mal à l’aise (bonjour je suis maso) mais je ne supporte pas de lire une scène de viol/d’abus et de lire plus loin des trucs « il est si beau/si fort/si mystérieux »

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  19. Je plussoie plutôt deux fois qu’une!

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  20. C’est le genre d’article qui me fait vraiment plaisir, tu as résumé tout ce que je déteste dans ces « romances » tout ce qui me fait hurler et tout ce qui me donne envie de retrouver les cruches qui les écrivent pour les scalper 😀 Merci.

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  21. J’avais laissé un commentaire (long comme le bras) sur facebook mais je n’avais pas encore eu le temps de lire cet article. JE me retrouve dans pratiquement tout ce que tu dis. J’avais d’ailleurs, chroniqué l’an dernier « captive in the dark » et je mettais l’accent sur les dérives notamment de la classification de ce type de roman. Je trouve ça immoral (oui oui) de le classer en tant que romance (peu importe qu’on y accole dark, hard, bla bla)… On brouille les lignes, on franchit les limites, et la dangerosité de ce type de comportement, c’est que de toutes jeunes filles pourraient ou rêveraient de s’identifier à des héroines violées, bafouées, frappées…
    Je vois bien des collégiennes se raconter leur we : « t’as fais quoi ce we ? Ben rien, mon copain m’a initié à la fessé LOL »…
    Je précise à toutes fins utiles que ce genre ne me gêne absolument pas, les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Je lis des thrillers, des policiers, je regarde esprits criminels, New York unité spécial, etc… Donc les viols, la pédophilie, la maltraitance des femmes, etc, y sont légions….
    Mais catégoriser ce type de roman en romance c’est DANGEREUX !! Je me souviens avoir trouvé « captive in the dark » à côté de Jane Austen (la pauvre, a dû se retourner dans sa tombe). Donc, à la portée de n’importe quelle toute jeune fille à la recherche d’un roman à l’eau de rose.
    Et tout ça, très certainement pour des raisons purement commerciales…

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    • Après, n’oublions pas que le BDSM n’a rien de problématique si c’est pratiqué entre personnes consentantes. 😉 Un roman érotique dans lequel une femme ou un homme se soumet à son partenaire tout en étant consentant ne me pose aucun souci (après, c’est pas mon trip donc pas une lecture qui me plairait forcément).
      Sauf que le résumé de ces livres (je ne les ai pas lu) laisse penser que le consentement de la jeune femme a été oublié et plus qu’une histoire de fessée, c’est surtout ça le vrai problème.

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      • Je suis totalement d’accord pour le bdsm… le consentement est clair et explicite… 🙂
        Mais dans captive in the dark par exemple… pas de consentement, nada, rien. En à propos ils préviennent que le consentement peut-être ambigue… il ne l’est pas, vu qu’il est inexistant. Il y a séquestration, viols, humiliations, à aucun moment la jeune femme n’est d’accord avec ce que lui fait subir son bourreaux. Et je suis totalement d’accord, c’est ça le problème 🙂

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  22. amour miracle,
    amour mirage,
    amour piège,
    amour indigne,
    amour sale,
    amour sadique,

    amour tout court, vous l’écririez comment vous ?
    au risque de votre critique aiguisée, si je peux me permettre 😉
    https://carnetsdedestinees.wordpress.com/2017/02/04/et-vous-dites-moi-1/

    Merci pour cet article fort intéressant, ma foi et bon dimanche.
    AR

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