[fanfiction Harry Potter] Antje #5

Bonne lecture et bonne année 2017 à vous tous.

Chapitre 5

Children of the grave

Durant les semaines qui suivirent ces événements, un quotidien monotone s’installa à Poudlard. L’école aurait sombré dans l’apathie si je n’avais pas fait l’effort de commettre le plus de mauvais coups possible avec mes amis, plus particulièrement James. Remus avait été nommé préfet en début d’année. Sans doute s’agissait-il d’un complot quelconque de l’administration pour nous pousser à une attitude plus responsable et, si c’était le cas, le résultat était un échec. Remus se montrait indulgent avec nous et ne nous adressait des remontrances que lorsqu’il estimait que nous dépassions les bornes. Etant donné son caractère tolérent et son sens de l’humour au diapason avec le nôtre, nous avions une belle marge. Peter, quant à lui, ne participait pas toujours à nos bêtises par peur de se faire prendre. Cela dit, en y repensant a posteriori, nous ne commettions jamais que d’innocentes gamineries. Nous aurions pu mettre le feu à l’école si nous l’avions voulu, ou faire quelque chose qui nous aurait valu une exclusion définitive. Quelque chose, en un sens, avait changé avec notre entrée en cinquième année. Les regards de James se tournaient vers Lily Evans plus souvent qu’avant même si cette dernière persistait à faire comme s’il n’existait pas. Quant à moi, la pensée de ce que subissait Antje Ziegler me revenait régulièrement à l’esprit. A plusieurs reprises, j’entendis parler ou fus témoin de moqueries à son endroit, voire de blagues de plus ou moins mauvais goût. Je m’en voulais de ne pas y avoir prêté attention auparavant. Elle ne méritait pas ça. Je trouvais infect, par exemple, que des élèves de Serpentard lui fassent traverser tout un couloir la tête en bas, sa robe retournée par-dessus sa tête de sorte que tout le monde puisse voir sa culotte. Les ricanements des autres élèves sur « les grosses fesses d’Antje la Chialeuse » n’avaient pas valu mieux. Que devaient-ils penser, dans ce cas, du derrière de Pamela Andrews qui est tellement gros qu’elle doit avoir besoin de deux chaises pour s’asseoir ? Hélas, je ne fus pas témoin de cette plaisanterie. Remus avait assisté à cette scène en revenant de l’infirmerie et n’avait fait que son devoir de préfet : il fit un rapport sur la plaisanterie à l’administration et les responsables furent punis.

Il m’arrivait assez régulièrement d’observer Antje Ziegler du coin de l’œil et force était de constater qu’elle se méfiait de moi. Je la saluais parfois en la croisant le matin dans les couloirs ou la salle commune de Gryffondor. Elle me répondait d’un signe de tête et son regard était toujours fuyant. Sans doute craignait-elle ma réputation de fauteur de trouble mais je réalisai bien vite qu’elle aurait fait preuve de la même suspicion avec n’importe qui. Cette fille avait été l’objet de tant de moqueries que, de toute évidence, il lui semblait impensable que quelqu’un puisse se montrer aimable avec elle sans raison. J’avais du mal à comprendre, toutefois, pourquoi je persistais à m’inquiéter pour elle. Sa situation avait beau être difficile, ça ne me concernait pas a priori. Depuis son arrivée, je ne lui avais jamais prêté attention. Elle faisait partie du décor et si les gens se moquaient d’elle, c’était comme ça. Ainsi en allait la nature humaine. Mon quotidien dans la maison familiale du Square Grimmaurd n’avait eu de cesse de me prouver que ce monde était peuplé de crétins, que la vie était une jungle et qu’il fallait se battre pour faire entendre son point de vue. Antje Ziegler semblait incapable de faire quoi que ce soit d’autre que pleurer dans les coins. J’aurais pu persister à penser que c’était tant pis pour elle mais je n’en étais plus capable depuis que j’avais lu son journal.

Son contenu m’avait marqué plus douloureusement que j’aurais souhaité l’admettre et avait remué en moi des choses auxquelles je n’avais pas envie de penser.

J’évitais d’évoquer la question avec mes amis. Peter n’était toujours pas au courant concernant le journal intime et je ne voyais pas l’intérêt de lui en parler. Dans d’autres circonstances, James et Remus n’auraient rien su non plus, d’ailleurs. De plus, j’étais bien trop fier pour m’épancher. Il était rare que j’aborde des sujets personnels avec eux, comme par exemple ce qui se passait quand j’étais chez mes parents, alors je n’allais certainement pas leur parler outre mesure de mon inquiétude au sujet de cette fille. Peut-être se posaient-ils des questions mais ils avaient suffisamment de tact pour ne pas m’en parler. De toute façon, Antje Ziegler n’était pas au centre de mes pensées, loin de là. Je ne me sentais concerné qu’en la voyant passer les larmes aux yeux après qu’un abruti quelconque lui ait dit ou fait quelque chose de méchant.

Seulement, ce genre de choses se produisait trop souvent à mon goût.

Un soir, pourtant, je dus revoir quelque peu mon jugement sur sa méfiance à mon égard. Je me trouvais dans la salle commune de Gryffondor avec James, Remus et Peter. Nous terminions nos devoirs avant de nous lancer dans notre traditionnelle partie de bataille explosive d’avant le dîner. A un moment, je levai machinalement les yeux de mon livre de potions et je constatai qu’Antje Ziegler, qui se trouvait seule un peu plus loin, me fixait du regard. Elle semblait me jauger, comme si elle tentait de voir à travers mon visage. Je lui adressai un sourire et elle se leva brutalement pour s’enfuir comme une voleuse dans le dortoir des filles. Personne ne lui prêta attention et je retournai à mon bouquin, le cœur battant. Personne ne m’avait plus regardé ainsi depuis ma première année. À l’époque, j’avais fait l’objet de la perplexité des profs parce que c’était la première fois qu’un membre de la famille Black n’était pas placé chez les Serpentard. Ça m’avait vaguement mis mal à l’aise au début mais finalement, cette suspicion du corps enseignant m’encouragea à me démarquer de ma famille et à me rebeller, quitte à passer pour un voyou. Le regard d’Antje Ziegler cependant me perturba un peu. Dans ses yeux, la curiosité avait pris le pas sur la méfiance. La situation n’était peut-être pas désespérée. Peut-être allait-elle comprendre que j’étais un peu moins con que les autres et qu’elle n’avait pas grand chose à craindre de moi. Bien sûr, elle s’était enfuie après avoir croisé mon regard mais il était permis d’espérer qu’avec le temps, elle se montre un peu moins obtuse…

 

oOØOo

 

J’aurais sans doute pu attendre longtemps qu’Antje cesse de se méfier de moi si une certaine lettre n’avait pas changé le cours de la situation. Un samedi d’octobre, je me trouvais dans la Grande Salle avec mes amis à l’heure du petit-déjeuner. La veille au soir, une expédition dans les recoins isolés de Poudlard nous avait tenus éveillés une partie de la nuit. James bâillait régulièrement à s’en décrocher la mâchoire. Peter ne cessait de se frotter les yeux et Remus se tenait la tête à deux mains, menaçant à tout moment de s’endormir. J’avalais tasse sur tasse de café noir avec le vain espoir que les brumes du sommeil me quittent. J’avais l’impression que la table se rapprochait dangereusement de ma figure, signe que je piquais du nez. Le courrier arriva alors à grand bruit. Nous sursautâmes tous les quatre et Remus envoya valser le sucrier. Tandis que James ouvrait une lettre de ses parents, je vis du coin de l’œil une chouette se poser devant Antje Ziegler qui, comme à son habitude, se tenait assise à l’écart des autres. Elle prit son courrier et donna quelques miettes de pudding à l’oiseau. Je baissai à nouveau les yeux sur ma tasse en me demandant si me servir un autre café serait une bonne idée. Je pesais le pour et le contre quand j’entendis grincer un banc contre le carrelage. Quelqu’un quittait la table. Je levai les yeux et vis Antje quitter la Grande Salle d’un pas vif. Son départ ne provoqua que de l’indifférence et quelques persiflages. « Ziegler est encore partie pleurnicher quelque part », entendis-je. « Elle fait ça pour se faire remarquer. C’est du flan. Si ça se trouve, elle s’est envoyé cette lettre à elle-même. » Je restai sur mon quant-à-soi. À la lecture de son journal, j’avais appris qu’Antje aurait bien voulu ne jamais attirer l’attention. Mes camarades étaient décidément des idiots. Je me retournai vers mes amis et Peter, qui se frottait toujours les yeux, grogna :

« Laisse tomber. Si ça se trouve, le petit chat est mort et elle prend ça pour une catastrophe.

— Quand bien même, répliqua James. Si c’est le cas, ce n’est vraiment pas drôle. Parfois, Peter, je te trouve un peu méchant. »

L’interpellé haussa les épaules et je sentis le regard de Remus peser sur moi.

« Sans vouloir me mêler de ce qui ne me regarde pas, chuchota-t-il, tout ça n’augure rien de bon. Jamais je n’ai vu cette fille quitter la table au milieu d’un repas. Sans vouloir vexer Peter, ça me semble plus grave que la mort du petit chat. »

Il était évident que personne ne lèverait le petit doigt pour Antje. Ils étaient habitués à ses larmes et pensaient que ce n’était pas grave. Et si c’était le cas ? Si Remus avait raison ? J’avalai une dernière tasse de café et me levai.

« Je reviens », dis-je.

Je quittai la Grande Salle et, une fois dehors, je courus vers la tour de Gryffondor. Antje n’avait pas pu aller ailleurs puisqu’à ce que je sache, elle ne se promenait jamais dans le château en dehors des cours et des heures de repas. Avec un peu de chance, elle se trouverait dans la salle commune. J’espérais qu’elle n’aurait pas trouvé refuge dans le dortoir des filles puisque les garçons n’y avaient pas accès. Tandis que je me dépêchais, je repensais au contenu de son journal et m’interrogeais sur le contenu de cette lettre qui, de toute évidence, lui avait fait un choc. Au détour d’une chicane, je croisai Peeves qui se mit à voler au-dessus de ma tête en gloussant : « Black a encore fait une bêtise. Il court pour ne pas se faire attraper. Si j’allais le dénoncer ? » Je sortis ma baguette magique et provoquai une explosion devant son nez qui lui fit prendre la fuite. Je n’avais pas que ça à faire et cet esprit frappeur n’était même pas drôle. Je poursuivis mon chemin jusqu’à la salle commune de Gryffondor et, en arrivant devant le portrait de la Grosse Dame, je me demandais si finalement, suivre Antje Ziegler avait été une bonne idée. Après tout, ses histoires ne me regardaient pas… J’hésitai un moment jusqu’à ce que la matrone dodue du tableau perde patience :

« J’attends toujours le mot de passe. Allez-vous me le donner ou comptez-vous rester planté là jusqu’à ce que mort s’ensuive ? »

Je suis un Gryffondor, par toutes les verrues de Merlin ! Cette fille ne va pas me manger !

« Altum sonatur. »

Le tableau s’écarta et je me faufilai dans le passage.

Antje Ziegler était assise dans un fauteuil, les bras serrés autour de ses genoux. De grosses larmes roulaient sur ses joues et ses lèvres ne cessaient de trembler. Dans un premier temps, elle ne s’aperçut pas de ma présence. C’était aussi bien puisque je me sentis de trop dans la pièce rien qu’à la regarder. J’envisageai de la laisser tranquille puisque de toute évidence, à part pleurer jusqu’à l’assèchement complet, elle n’avait pas l’intention de se jeter par une fenêtre ou de se tailler les veines. J’étais sur le point de faire demi-tour quand je l’entendis parler. Sa voix était si rauque à cause des larmes que je ne compris pas un mot de ce qu’elle disait. Je m’approchai d’elle avec précautions.

« Qu’est-ce que tu dis ?

— Je t’ai demandé ce que tu faisais ici, Black. J’ai l’impression de t’avoir tout le temps dans les pieds en ce moment. Va-t-en. Va rejoindre tes copains. Je n’ai pas besoin de toi. »

Son ton désagréable froissa aussitôt ma fierté.

« Non, je ne m’en irai pas, rétorquai-je. Tu as vu dans quel état tu es ?

— Et alors ? Ce n’est pas si différent de d’habitude ! Antje la Chialeuse pleurniche dans son coin et tout le monde s’en moque ! Tout le monde croit que je le fais exprès, que c’est juste pour me faire remarquer alors que personne ne sait rien ! Fiche-moi la paix ! Va-t-en !

— Je…

— Tu es sourd ou quoi ? Je t’ai dit de t’en aller ! Dégage ! »

Le dernier mot avait été prononcé dans un cri perçant qui s’étrangla dans une nouvelle crise de sanglots. J’étais un peu vexé mais si je ne l’aidais pas à se calmer, les autres élèves allaient remuer les braises sous le chaudron et aggraver davantage la situation. Je m’approchai encore et lui parlai le plus doucement possible pour être sûr qu’elle me comprenne.

« Non, je ne m’en irai pas. Effectivement, je ne sais pas grand-chose de toi mais je n’ai jamais pensé que tu le faisais exprès. Tu ne vas pas bien, je l’ai vu et mes copains aussi. Peut-être que ce serait un peu plus simple si tu t’expliquais, non ?

— Ça ne sert à rien, renifla-t-elle. Tu ne peux pas comprendre. Tu ne peux pas savoir ce que c’est.

— Ce que c’est que quoi ? D’avoir tout Poudlard sur le dos toute la journée ?

— Pas seulement. »

Elle l’avait admis d’une toute petite voix. Je savais exactement ce qu’il fallait dire pour qu’elle m’écoute mais il me faudrait parler de choses auxquelles je me refusais de penser quand j’étais à l’école. Des choses qu’Antje Ziegler me rappelait à son corps défendant. Etais-je prêt à l’assumer ? Je pris un court moment pour observer cette malheureuse fille qui tremblait comme une feuille, ses yeux rougis par les pleurs, ses sourcils froncés, ses joues trop pâles et la robe trop grande qui pendait sur ses épaules. L’instant d’après, ma décision était prise.

« Antje, regarde-moi. »

Elle leva les yeux avec une vague expression de surprise. Je réalisai alors que c’était la première fois que je l’appelais par son prénom. Je respirai profondément et me jetai à l’eau.

« Tu reproches aux gens de ne rien savoir de toi mais en fait, tu ne sais pas grand-chose d’eux non plus. J’imagine que quand tu me regardes, tu vois un type cool, qui a des amis, des bonnes notes et qui fait enrager les profs. Ce n’est qu’une apparence et au fond, peu de gens savent ce que je vis en dehors de Poudlard. »

Je marquai une pause et constatai qu’elle avait plissé les yeux.

« Ce que tu ressens ici, la solitude, l’isolement, l’impression d’être différente, c’est exactement ce que je vis dans ma famille. Je n’ai ni les opinions ni les centres d’intérêt que mes parents, mon frère et mes cousins. Quand je suis chez moi, on me traite comme un moins que rien et je peux te dire que ce n’est pas facile tous les jours. Ils sont persuadés que j’ai tort, ils dénigrent mes amis, mes sentiments, tout de moi sous prétexte que je ne suis pas fier de mon propre sang. Ils ne pensent qu’à s’enrichir, à prolonger la pureté de notre généalogie et à faire le plus de mal possible aux gens qu’ils estiment infréquentables. Ce ne sont pas mes valeurs et j’en paie le prix tous les étés. Tous les ans, quand je retourne là-bas pour les vacances, je compte les jours et je n’attends qu’une chose : avoir dix-sept ans, pouvoir quitter leur maison et vivre ma vie comme je l’entends sans avoir aucun compte à leur rendre. »

Ma tirade terminée, je baissai les yeux sur le tapis. À chaque fois, évoquer la « très noble et ancienne maison des Black » me mettait mal à l’aise. Il m’avait fallu du temps pour parler de tout ça à James, Remus et Peter et voilà que je venais de tout déballer à cette fille dont je savais si peu, finalement. Elle m’interpela soudain et je levai la tête vers elle :

« Excuse-moi… Je sais que ça n’a aucun rapport mais tu n’aurais pas un mouchoir ? »

Je fouillai dans la poche de ma robe et lui en tendis un. Elle s’essuya les yeux et jeta un sort de nettoyage sur le mouchoir pour me le rendre aussi propre que s’il sortait juste de ma valise.

« Black, pourquoi m’as-tu raconté tout ça ? »

Je remis le mouchoir dans ma poche et m’ébrouai.

« Parce qu’il faut que tu sache que des gens sont susceptibles de comprendre ce que c’est d’être seul contre tout le monde. Ton cas n’est pas unique. Je ne te veux pas de mal et certains ont beau me prendre pour une racaille, je suis peut-être un poil moins nul que les autres.

— Je sais bien que je ne suis pas la seule, répliqua-t-elle. Dans les toilettes des filles, il y a le fantôme d’une ancienne élève qui a vécu la même chose que moi. Ça n’empêche rien. Je ne pensais pas que… »

Elle se pinça les lèvres sans terminer sa phrase.

« Tu ne pensais pas que quoi ? » la relançai-je.

Elle inspira profondément comme si elle allait plonger dans le lac de Poudlard… ou m’annoncer quelque chose de particulièrement difficile.

« Tout à l’heure, quand j’ai quitté la table du petit-déjeuner, j’ai bien entendu ce qu’ils disaient, que cette lettre était un faux, que j’avais tout mis en scène pour qu’on me remarque. J’aurais tellement voulu que ce soit le cas. Je viens d’apprendre que ma mère est gravement malade. Elle a un cancer et elle sera sans doute morte dans six mois. Cet été, quand je rentrerai à la maison, elle ne sera plus là. Ma mère est la seule personne qui m’écoute et qui me rassure. Quand elle sera partie, je n’aurai plus personne. Je ne m’étais jamais dit que ça pourrait arriver un jour et je vais me retrouver complètement seule. »

J’accusai le coup. Ce n’était pas quelque chose que je pouvais comprendre. S’il s’était agi de ma propre mère, j’aurais certainement ressenti un choc mais pas un tel chagrin. Mes relations avec ma génitrice s’étaient dégradées à mon entrée à Poudlard, à tel point que j’avais l’impression de ne plus être son fils.

« Depuis toujours, reprit Antje, ma mère m’a surprotégée. Pour elle, j’étais parfaite, brillante, douée, tout ce que tu veux. Elle me disait que si j’étais gentille, tout le monde le serait aussi et que j’aurais plein d’amis. Quand j’étais à l’école moldue, c’était difficile parce que les gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas. J’étais incapable de gérer la magie qui se manifestait sans que je le veuille et je ne savais même pas ce que c’était. En entrant à Poudlard, j’ai pensé que ce serait plus simple, que je serais avec mes semblables mais ça n’a pas été le cas. Je ne sais pas me défendre et je n’aurai jamais ma place nulle part.

— Ce n’est pas vrai ! »

Bien malgré moi, j’avais haussé la voix. J’étais bien conscient que si j’avais été aussi défaitiste qu’elle, ma famille m’aurait totalement écrasé et j’en aurais beaucoup souffert. Être libre, s’émanciper des carcans imposés par les autres était un choix, et le meilleur qui soit.

« Se défendre, ça s’apprend. Tu dois cesser d’être aussi passive et de laisser les autres te marcher dessus. Impose-toi. Fais-toi respecter.

— Je ne sais pas comment faire…

— Pour commencer, évite de rester dans ton coin. Si tu en as envie, viens discuter avec moi de temps en temps. Ça ne posera pas de problème à mes copains. Quand les autres verront que tu n’es plus toute seule et que tu fréquentes des gens aussi cool que nous, ils changeront d’avis à ton sujet.

— Ce ne sera pas aussi simple.

— Tu ne le sauras pas avant d’essayer. »

Elle sembla réfléchir un moment puis…

« Bon, d’accord. Seulement, ne répète à personne ce que je t’ai dit au sujet de ma mère. Même pas à Potter.

— C’est promis », assurai-je.

Je lui tendis la main, elle la serra et esquissa un mince sourire. Malgré les traces de larmes et ses yeux enflés, elle me rappela un peu la jeune fille endormie sur un lit d’infirmerie et dont j’avais quasiment oublié le souvenir.

A propos Lilou Black 33 Articles
Liloublack, trentenaire rêveuse et caféinomane qui vit chez son chat le jour et dans son palais mental la nuit. What else ?

4 Commentaires

  1. Ah enfin du concret et une jolie scène entre Antje et Sirius. J’ai adoré cet espèce de duel entre nos deux héros et cette manière un peu brusque mais douce qu’a Sirius pour faire entendre raison à Antje. Je savais bien que quelque chose n’allait pas avec cette demoiselle et ce chapitre nous permet de la cerner un peu mieux.
    En tout cas, si il y en a un que je ne peux plus voir, ni de près ni de loin, c’est Peter. C’est un rat (cc Croûtard) juste détestable !

    • La communication est un exercice difficile… surtout entre une fille qui ne sait pas le faire et un jeune homme qui fait face à une situation qu’il ne comprend pas. De fait, effectivement, cette conversation ressemble à un affrontement. Sinon, je suis désolée, Peter apparaît de temps en temps parce que bon, il fait quand même partie de l’univers donc je n’ai pas le choix… mais sa présence restera anecdotique, juré promis !

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